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Variabilité interindividuelle, nutrigénétique, métabolomique, microbiote intestinal et interactions entre micronutriments : les fondements scientifiques de la nutrition de précision et les 25 années d’expérience clinique à l’origine de Cellular Nutrition® by Dr. Espinasse.
La réponse physiologique à un nutriment ne dépend pas exclusivement de sa nature chimique, de sa concentration ou de la dose administrée. Elle résulte d’une succession de processus biologiques comprenant la digestion, l’absorption intestinale, le transport systémique, la distribution tissulaire, les transformations enzymatiques, l’utilisation intracellulaire et l’élimination. Chacune de ces étapes présente une variabilité interindividuelle susceptible de modifier l’exposition effective des tissus à un composé et, par conséquent, ses effets biologiques. À cette variabilité pharmacocinétique et métabolique s’ajoutent des différences dans la sensibilité des voies de signalisation, l’état nutritionnel initial, l’environnement hormonal, le microbiote intestinal et les mécanismes d’adaptation cellulaire.
Cette hétérogénéité constitue l’un des fondements de la nutrition de précision, discipline qui cherche à caractériser les déterminants individuels des réponses alimentaires et à identifier les paramètres permettant de personnaliser les interventions nutritionnelles. Les recherches contemporaines montrent que des individus exposés à des apports nutritionnels comparables peuvent présenter des réponses glycémiques, lipidiques, inflammatoires ou métabolomiques sensiblement différentes. Ces observations ne signifient pas que les besoins nutritionnels fondamentaux seraient entièrement propres à chaque individu, mais que la réponse à une intervention dépend d’un contexte biologique plus complexe que la seule composition de l’aliment ou du complément consommé [1,2].
Cette réalité physiologique constitue également le point de départ de la réflexion développée par le Dr. Valérie ESPINASSE au cours de 25 années de pratique clinique. Docteur en pharmacie et experte en médecine prédictive et préventive, elle a progressivement constaté que des actifs nutritionnels identiques, administrés dans des contextes comparables, ne s’accompagnaient pas nécessairement des mêmes réponses observables chez ses patients. Cette expérience l’a conduite à dépasser une approche centrée sur l’actif isolé pour privilégier l’analyse des besoins individuels et la conception d’associations nutritionnelles fondées sur la complémentarité des fonctions biologiques. Cette démarche est à l’origine de Cellular Nutrition®, l’approche développée par le Dr. Espinasse pour intégrer la personnalisation et les interactions entre nutriments dans une stratégie nutritionnelle structurée.
La nutrition classique repose sur des recommandations populationnelles établies à partir des besoins moyens, des distributions statistiques des apports et des données relatives à la prévention des carences ou des excès. Ces références demeurent essentielles en santé publique, mais leur construction implique nécessairement une simplification de la diversité physiologique humaine. Deux individus présentant des apports identiques peuvent différer par leur composition corporelle, leur sensibilité à l’insuline, leur activité enzymatique, leur fonction digestive, leurs réserves nutritionnelles et leur capacité d’adaptation métabolique.
L’étude publiée par Zeevi et ses collaborateurs dans Cell en 2015 a apporté une contribution majeure à la caractérisation de cette hétérogénéité. Les chercheurs ont étudié 800 participants, recueilli des données nutritionnelles, cliniques et microbiologiques, puis analysé les réponses glycémiques associées à près de 47 000 repas. Les résultats ont mis en évidence une variabilité importante des excursions glycémiques postprandiales après consommation d’aliments comparables. Un modèle prédictif intégrant plusieurs caractéristiques individuelles, notamment des paramètres biologiques et microbiens, a permis d’améliorer la prédiction de ces réponses [1].
Ces observations ont été prolongées par l’étude PREDICT 1, publiée dans Nature Medicine en 2020. Cette recherche, conduite auprès de 1 002 participants, a évalué les réponses postprandiales à des repas standardisés en mesurant notamment la glycémie, l’insulinémie et la triglycéridémie. Les auteurs ont observé une hétérogénéité substantielle des réponses métaboliques, y compris entre des individus présentant des caractéristiques génétiques proches. Les déterminants des réponses glycémiques et lipidiques ne se superposaient pas entièrement, ce qui souligne la nécessité d’une approche multidimensionnelle du métabolisme nutritionnel [2].
Ces études portent principalement sur la réponse aux aliments et aux repas, et non sur l’efficacité clinique des compléments alimentaires. Leur intérêt conceptuel réside dans la démonstration que la composition d’une intervention nutritionnelle ne suffit pas à prédire la réponse biologique individuelle. Cette distinction constitue un élément fondamental pour comprendre les limites des stratégies de supplémentation uniformes.
L’effet biologique potentiel d’un micronutriment dépend d’abord de sa biodisponibilité, c’est-à-dire de la fraction de la dose administrée qui devient disponible pour être utilisée par l’organisme. Cette notion ne doit pas être confondue avec la seule absorption intestinale : elle inclut également les transformations présystémiques, le transport, la distribution et, selon les composés, la conversion en formes biologiquement actives.
L’absorption intestinale varie en fonction des caractéristiques physicochimiques des nutriments, de leur forme moléculaire, de la matrice alimentaire et des mécanismes de transport épithélial. Certains composés utilisent des transporteurs spécifiques dont l’expression ou l’activité peuvent être modulées par l’état nutritionnel. D’autres dépendent de processus de diffusion, de solubilisation ou de digestion préalables. Les vitamines liposolubles, par exemple, nécessitent des conditions digestives différentes de celles des vitamines hydrosolubles. Les interactions entre nutriments peuvent également modifier leur absorption : certains minéraux partagent des mécanismes de transport ou présentent des interactions compétitives dans des conditions particulières.
Après absorption, les composés nutritionnels sont soumis à des transformations métaboliques qui conditionnent leur activité. Les réactions d’oxydation, de réduction, de méthylation, de conjugaison et d’hydrolyse peuvent produire des métabolites dont les propriétés diffèrent de celles de la molécule initialement ingérée. La fonction hépatique, la perfusion tissulaire, l’activité enzymatique et les mécanismes d’excrétion participent ainsi à la détermination de l’exposition effective des cellules.
La notion de dose doit donc être interprétée avec précision. Une quantité identique administrée à deux individus ne garantit ni une concentration circulante identique, ni une distribution tissulaire équivalente, ni une réponse physiologique comparable. Inversement, une augmentation de dose n’entraîne pas nécessairement une augmentation proportionnelle de l’effet, notamment lorsque les mécanismes d’absorption ou de transformation présentent des phénomènes de saturation.
Cette variabilité explique pourquoi l’évaluation d’une intervention nutritionnelle doit distinguer la quantité ingérée, l’exposition biologique et les effets cliniques effectivement mesurés.
Les polymorphismes génétiques constituent un déterminant supplémentaire de la variabilité nutritionnelle. La nutrigénétique étudie l’influence des variations du génome sur les réponses aux nutriments, tandis que la nutrigénomique examine les interactions entre les apports nutritionnels et les mécanismes de régulation de l’expression génique.
Certaines interactions entre génétique et nutrition sont clairement établies. La persistance ou la non-persistance de l’activité lactasique à l’âge adulte, associée notamment à des variations régulatrices proches du gène LCT, influence la capacité à hydrolyser le lactose. D’autres polymorphismes affectent l’activité d’enzymes impliquées dans le métabolisme de micronutriments. Les variations du gène MTHFR, par exemple, peuvent modifier l’activité de la méthylènetétrahydrofolate réductase, enzyme participant au métabolisme des folates et des groupements monocarbonés. Leur signification clinique dépend toutefois du variant considéré, du statut nutritionnel et du contexte biologique ; elles ne justifient pas automatiquement une supplémentation particulière.
La plupart des réponses nutritionnelles sont des caractères complexes, influencés par de nombreux variants génétiques de faible effet ainsi que par des déterminants environnementaux. L’identification d’une association statistique entre un polymorphisme et un biomarqueur ne suffit donc pas à démontrer qu’une intervention nutritionnelle personnalisée sur cette base améliorera les résultats cliniques.
Dans une revue publiée dans The BMJ, Ordovas et ses collaborateurs ont souligné l’intérêt de la nutrition personnalisée tout en rappelant les limites des approches reposant exclusivement sur la génétique. L’intégration de données phénotypiques, comportementales et métaboliques apparaît indispensable pour développer des modèles réellement pertinents [4].
La génétique contribue ainsi à expliquer certaines différences de réponse, mais ne constitue qu’une composante d’un système biologique multifactoriel.
Le microbiote intestinal représente une interface métabolique entre l’alimentation et l’organisme. Les microorganismes intestinaux disposent d’un répertoire enzymatique considérable, leur permettant de transformer des substrats alimentaires que les enzymes humaines ne métabolisent pas nécessairement de la même manière. Ces transformations produisent des métabolites susceptibles d’interagir avec les cellules intestinales, les systèmes immunitaires et certaines voies de signalisation métabolique.
La fermentation de fibres alimentaires par différentes populations bactériennes génère notamment des acides gras à chaîne courte, parmi lesquels l’acétate, le propionate et le butyrate. Ces métabolites interviennent dans plusieurs fonctions physiologiques, dont le métabolisme énergétique des colonocytes, la signalisation par certains récepteurs couplés aux protéines G et la régulation de réponses immunitaires. Leur production dépend à la fois de la disponibilité des substrats alimentaires et des capacités métaboliques du microbiote présent.
La biotransformation microbienne concerne également certains polyphénols et autres composés alimentaires. La présence ou l’absence de microorganismes possédant les enzymes nécessaires peut modifier la nature et la quantité des métabolites produits. Cette diversité contribue à expliquer pourquoi l’ingestion d’une même molécule ne s’accompagne pas nécessairement d’une exposition identique à ses métabolites.
En 2021, Asnicar et ses collaborateurs ont publié dans Nature Medicine une étude portant sur 1 098 participants, mettant en évidence des associations entre certaines caractéristiques du microbiote, les habitudes alimentaires et différents marqueurs métaboliques [3]. Ces résultats renforcent l’intérêt d’intégrer les fonctions microbiennes dans l’étude des réponses nutritionnelles, tout en rappelant que les associations observationnelles ne permettent pas, à elles seules, d’établir une relation causale.
La variabilité du microbiote constitue donc un déterminant potentiel de l’hétérogénéité nutritionnelle. Elle ne permet cependant pas de conclure qu’une modification empirique de sa composition ou qu’une supplémentation probiotique non individualisée améliorera systématiquement les réponses métaboliques. Les effets des probiotiques doivent être évalués à l’échelle des souches, des doses, des indications et des populations étudiées.
L’état nutritionnel initial constitue l’un des facteurs les plus importants pour interpréter la réponse à une supplémentation. Les effets observés après administration d’un micronutriment peuvent dépendre de l’existence d’une carence, d’un apport insuffisant, de réserves diminuées ou, au contraire, d’un statut déjà adéquat.
Cette relation s’explique par les mécanismes d’homéostasie qui régulent l’absorption, le transport, le stockage et l’élimination de nombreux nutriments. L’organisme adapte en permanence certains de ces processus afin de maintenir les concentrations nécessaires aux fonctions biologiques essentielles. Une supplémentation peut donc produire des effets différents selon le niveau de disponibilité initial du nutriment et les mécanismes de compensation déjà mobilisés.
Les micronutriments participent fréquemment à des systèmes enzymatiques complexes. Le magnésium intervient dans de nombreuses réactions impliquant l’ATP ; plusieurs vitamines du groupe B sont nécessaires à la formation de coenzymes utilisées dans le métabolisme énergétique ; le zinc contribue à la structure ou à l’activité de nombreuses protéines. Ces fonctions sont fondamentales, mais leur existence ne signifie pas qu’un apport supplémentaire au-delà des besoins physiologiques améliore systématiquement la performance des voies métaboliques concernées.
La relation entre apport nutritionnel et réponse biologique n’est donc pas nécessairement linéaire. Elle peut comporter des seuils de suffisance, des mécanismes de saturation et, pour certains nutriments, des effets indésirables liés à des apports excessifs.
Cette distinction entre fonction biologique démontrée et bénéfice clinique de la supplémentation constitue un principe méthodologique essentiel. Elle implique que la pertinence d’un actif soit appréciée au regard du besoin identifié, de son niveau de preuve et des conditions dans lesquelles il est administré.
La réponse nutritionnelle est également influencée par l’état endocrinien et les modifications physiologiques associées aux différentes étapes de la vie. Les hormones régulent notamment l’utilisation des substrats énergétiques, la synthèse protéique, la répartition des tissus adipeux, le métabolisme osseux et de nombreux processus de renouvellement cellulaire.
Les variations de sensibilité à l’insuline modifient la gestion postprandiale du glucose. Les changements hormonaux associés à la ménopause influencent plusieurs paramètres métaboliques et tissulaires. Le vieillissement peut s’accompagner d’une diminution de la masse musculaire, de modifications de l’appétit et de changements dans l’absorption ou l’utilisation de certains nutriments.
L’activité physique représente un autre déterminant majeur. L’entraînement modifie les besoins énergétiques, stimule les adaptations musculaires et influence les voies de signalisation impliquées dans la synthèse protéique et le métabolisme mitochondrial. À l’inverse, la sédentarité, les perturbations du sommeil et certaines situations de stress chronique peuvent affecter la régulation métabolique.
Ces paramètres ne sont pas fixes. Ils évoluent chez un même individu au cours du temps, ce qui signifie qu’une stratégie nutritionnelle pertinente à une période donnée peut nécessiter une réévaluation lorsque les besoins physiologiques changent.
La personnalisation doit donc être envisagée comme un processus dynamique, fondé sur l’actualisation des informations disponibles, plutôt que comme l’attribution définitive d’un profil nutritionnel.
Au cours de 25 années de pratique clinique, le Dr. Valérie ESPINASSE a été confrontée à la diversité des réponses observées chez des patients présentant des préoccupations nutritionnelles parfois comparables. Cette expérience l’a amenée à considérer les limites d’une approche reposant exclusivement sur l’administration d’un actif isolé pour une fonction donnée.
L’observation clinique possède une valeur importante dans la formulation d’hypothèses et l’identification de problématiques récurrentes. Elle ne permet toutefois pas, à elle seule, d’attribuer une réponse à un ingrédient particulier, en raison de l’influence possible de facteurs concomitants tels que les modifications alimentaires, le sommeil, l’activité physique, les traitements ou l’évolution spontanée des symptômes.
L’intérêt de cette expérience réside donc dans la démarche intellectuelle qu’elle a suscitée. Le Dr. Espinasse a progressivement orienté sa réflexion vers les interactions entre les différents déterminants de la santé et vers la possibilité de construire des associations nutritionnelles adaptées aux besoins individuels.
Cette évolution repose sur deux principes distincts mais complémentaires : la reconnaissance de la variabilité interindividuelle et l’analyse des interactions fonctionnelles entre nutriments.
Le premier principe concerne la personne : son état nutritionnel, son métabolisme, son environnement physiologique et l’évolution de ses besoins. Le second concerne la formulation : la sélection de plusieurs ingrédients dont les fonctions biologiques peuvent contribuer à une stratégie nutritionnelle cohérente.
C’est à l’intersection de ces deux dimensions que s’est construite l’approche Cellular Nutrition® by Dr. Espinasse.
La notion de synergie occupe une place importante dans le développement de formulations associant plusieurs actifs. Elle nécessite cependant une définition scientifique précise. En pharmacologie et dans l’étude des interactions entre composés, une synergie correspond à un effet combiné supérieur à celui prédit par un modèle d’additivité approprié. Sa démonstration exige une méthodologie capable de distinguer les effets individuels, les effets additifs et les interactions proprement dites.
En nutrition, la situation est particulièrement complexe, car les nutriments participent souvent à des réseaux métaboliques interdépendants. Plusieurs cofacteurs peuvent être nécessaires au fonctionnement d’une même voie enzymatique, tandis que des composés distincts peuvent intervenir à différentes étapes d’un processus physiologique. Cette interdépendance constitue une base rationnelle pour rechercher des associations complémentaires, mais ne démontre pas automatiquement une synergie au sens expérimental.
La production d’énergie mitochondriale en fournit une illustration. Le fonctionnement de la chaîne respiratoire et des voies métaboliques associées dépend de multiples enzymes, coenzymes et substrats. Certaines vitamines du groupe B participent à la formation de coenzymes nécessaires aux réactions d’oxydoréduction ; le magnésium intervient dans de nombreuses réactions liées à l’ATP ; la coenzyme Q10 assure une fonction de transport électronique au sein de la membrane mitochondriale interne.
Ces rôles physiologiques distincts permettent d’envisager une complémentarité fonctionnelle. Ils ne suffisent toutefois pas à établir qu’une association de ces nutriments améliore la production mitochondriale d’ATP chez tous les individus, ni qu’elle possède une efficacité clinique supérieure à celle de chaque composant.
L’évaluation d’une véritable synergie nécessite des études spécifiques, idéalement conçues pour comparer les ingrédients seuls, leurs associations et un contrôle approprié, avec des critères biologiques ou cliniques pertinents.
Cette rigueur permet de distinguer la justification mécanistique d’une formulation de la démonstration expérimentale de son efficacité.
Cellular Nutrition® a été développée par le Dr. Valérie ESPINASSE à partir de sa réflexion sur la variabilité des réponses nutritionnelles et sur l’intérêt de formulations associant plusieurs actifs aux fonctions complémentaires. Cette approche considère les nutriments dans le contexte des mécanismes physiologiques auxquels ils participent, plutôt que de les envisager uniquement à travers une fonction isolée.
Le métabolisme énergétique, les fonctions digestives, les réponses au stress, les mécanismes de protection cellulaire et les modifications biologiques associées à l’âge reposent sur des réseaux de régulation qui interagissent en permanence. Une approche intégrée cherche à tenir compte de cette interdépendance sans supposer qu’une intervention unique puisse agir efficacement sur l’ensemble de ces mécanismes.
Dans la démarche METHODE ESPINASSE, les bilans personnalisés Cellular Nutrition® ont pour objectif de recueillir des informations sur les habitudes, les besoins et les préoccupations individuelles afin d’orienter des recommandations alimentaires et des protocoles de supplémentation adaptés. Les formulations sont conçues autour d’associations d’ingrédients sélectionnés pour leurs fonctions biologiques respectives.
Cette démarche relève d’une philosophie de formulation et de personnalisation. Elle ne doit pas être confondue avec une validation clinique globale de la méthode ou avec une démonstration systématique de synergie pour chaque association d’actifs. La preuve d’efficacité dépend des études disponibles pour les ingrédients, des conditions d’utilisation et, lorsqu’elles existent, des recherches conduites sur les formulations finales.
La spécificité conceptuelle de Cellular Nutrition® réside ainsi dans l’articulation entre individualisation des besoins, complémentarité physiologique des actifs et compréhension des mécanismes cellulaires.
La bioénergétique illustre l’intérêt d’une approche multidimensionnelle de la formulation. La synthèse mitochondriale d’ATP dépend du fonctionnement coordonné des voies d’oxydation des substrats, du cycle de l’acide citrique, de la chaîne de transport des électrons et de la phosphorylation oxydative.
Ces mécanismes mobilisent des coenzymes, des transporteurs électroniques et des systèmes enzymatiques dont l’activité dépend notamment de la disponibilité des substrats et de certains micronutriments. Les fonctions métaboliques du magnésium, de plusieurs vitamines du groupe B et de la coenzyme Q10 sont bien caractérisées.
Cependant, la fatigue ressentie par un individu ne constitue pas un indicateur spécifique de dysfonctionnement mitochondrial. Elle peut résulter de déterminants physiologiques, psychologiques, nutritionnels ou médicaux très différents. La supplémentation doit donc être envisagée en fonction du contexte clinique et des besoins identifiés.
Au sein de la gamme METHODE ESPINASSE, OPTIMAL N°0 illustre une logique de formulation associant plusieurs catégories d’ingrédients, notamment des micronutriments, des composés impliqués dans le métabolisme énergétique, des extraits végétaux et des microorganismes probiotiques.
L’intérêt conceptuel de cette architecture réside dans la prise en compte de fonctions biologiques complémentaires. Il ne permet pas de conclure, sans étude spécifique du produit fini, à une amélioration démontrée de la fonction mitochondriale ou à un effet synergique clinique.
La physiologie cutanée repose également sur l’interaction de plusieurs mécanismes biologiques. La matrice extracellulaire dermique comprend notamment des fibres de collagène et d’élastine ainsi que des glycosaminoglycanes, dont l’acide hyaluronique. Son maintien dépend de l’activité des fibroblastes, des processus de synthèse et de dégradation des protéines structurales, de la régulation hormonale et de l’environnement oxydatif.
Les modifications cutanées associées à l’âge résultent d’interactions entre vieillissement intrinsèque, exposition aux ultraviolets, modifications endocriniennes et remodelage tissulaire. Cette complexité explique l’intérêt scientifique de stratégies nutritionnelles considérant plusieurs fonctions physiologiques.
Les données cliniques sur le collagène oral illustrent à la fois les possibilités et les limites de cette recherche. Une méta-analyse publiée en 2023 dans Nutrients, regroupant 26 essais randomisés et 1 721 participants, a rapporté des améliorations statistiquement significatives de certains paramètres d’hydratation et d’élasticité cutanées après supplémentation en collagène hydrolysé. Les auteurs ont également souligné l’hétérogénéité des études et leurs limites méthodologiques [5].
Ces résultats ne peuvent pas être généralisés à l’ensemble des collagènes oraux ni aux formulations qui associent du collagène à d’autres ingrédients. Ils montrent cependant que certains paramètres cutanés peuvent être étudiés dans le cadre d’interventions nutritionnelles contrôlées.
Dans la gamme METHODE ESPINASSE, SKIN N°11 repose sur une association de composants sélectionnés pour leur relation avec différentes dimensions de la physiologie cutanée, notamment l’hydratation, la matrice extracellulaire et la protection cellulaire.
Cette conception traduit la volonté de ne pas réduire la nutrition cutanée à un ingrédient unique. L’efficacité clinique de la formulation complète doit néanmoins être distinguée des données disponibles sur chacun de ses constituants.
La nutrition de précision constitue aujourd’hui un domaine de recherche structuré, dont l’ambition est d’améliorer la prédiction des réponses nutritionnelles à partir de données individuelles. Les approches étudiées intègrent notamment des paramètres cliniques, alimentaires, métaboliques, génétiques, microbiologiques et comportementaux.
Aux États-Unis, le programme Nutrition for Precision Health, soutenu par les National Institutes of Health, vise à approfondir la compréhension de cette variabilité en associant des données biologiques détaillées à l’étude des réponses alimentaires [6].
Le développement de modèles prédictifs ne suffit toutefois pas à démontrer leur utilité clinique. Un outil peut prédire correctement un biomarqueur sans que les recommandations qui en découlent améliorent nécessairement les résultats de santé à long terme.
La validation des approches personnalisées doit donc comporter plusieurs niveaux : la reproductibilité des mesures, la fiabilité des prédictions, la pertinence des recommandations et la démonstration de bénéfices cliniques comparativement aux stratégies conventionnelles.
Cette distinction est fondamentale pour éviter de confondre personnalisation technologique et progrès thérapeutique ou préventif démontré.
La nutrition de précision ouvre des perspectives importantes, mais elle doit être considérée comme un champ scientifique en développement plutôt que comme une réponse universelle à l’ensemble des problématiques nutritionnelles.
Les avancées de la biologie moléculaire, de la métabolomique et de la recherche sur le microbiote conduisent à considérer la réponse nutritionnelle comme le résultat d’interactions entre la composition de l’intervention et les caractéristiques de l’organisme.
Cette évolution ne remet pas en cause les connaissances établies sur les besoins nutritionnels ou les fonctions essentielles des micronutriments. Elle invite à les interpréter dans un cadre physiologique plus complet.
Une stratégie de supplémentation rigoureuse doit distinguer les mécanismes biologiques connus, les effets observés dans des modèles expérimentaux, les résultats des études cliniques humaines et les bénéfices démontrés pour une formulation donnée. Elle doit également intégrer les facteurs de sécurité, les interactions potentielles et la pertinence de l’intervention au regard du statut nutritionnel initial.
La complémentarité des ingrédients constitue un principe de conception possible, mais elle ne dispense pas d’une évaluation scientifique des associations. De même, la personnalisation des recommandations peut améliorer leur adéquation aux besoins individuels sans garantir systématiquement une efficacité supérieure.
La progression des connaissances repose précisément sur cette capacité à articuler compréhension mécanistique et validation clinique.
La variabilité interindividuelle des réponses nutritionnelles constitue aujourd’hui un phénomène largement documenté, particulièrement dans le domaine du métabolisme postprandial. Les travaux sur la génétique, la biodisponibilité, les interactions entre nutriments et le microbiote intestinal montrent que la réponse biologique à un composé dépend d’un ensemble de déterminants physiologiques dont l’importance varie selon les individus.
Ces connaissances apportent un éclairage scientifique à une observation qui a marqué les 25 années de pratique clinique du Dr. Valérie ESPINASSE : des interventions nutritionnelles comparables ne s’accompagnent pas nécessairement de réponses identiques chez tous les patients.
Cette expérience l’a conduite à développer une approche reposant sur deux principes complémentaires. Le premier consiste à tenir compte des caractéristiques et des besoins individuels dans l’élaboration des recommandations nutritionnelles. Le second repose sur la conception d’associations d’actifs sélectionnés pour leur complémentarité physiologique, plutôt que sur une utilisation systématiquement isolée des ingrédients.
Cellular Nutrition® est née de cette articulation entre personnalisation et complémentarité nutritionnelle. Elle traduit une conception de la supplémentation dans laquelle la pertinence d’une formulation dépend à la fois des fonctions biologiques de ses constituants et du contexte physiologique de la personne à laquelle elle s’adresse.
Cette démarche s’inscrit dans l’évolution contemporaine de la nutrition vers une meilleure compréhension des interactions entre métabolisme, environnement biologique et réponses individuelles. Sa valeur scientifique doit être appréciée en distinguant les connaissances générales qui inspirent sa conception des preuves cliniques spécifiques nécessaires à la validation de ses formulations.
La nutrition ne se définit pas uniquement par les nutriments administrés, mais également par les conditions biologiques qui déterminent leur utilisation. Cette réalité constitue le fondement conceptuel de Cellular Nutrition® by Dr. Espinasse.
[1] Zeevi D, Korem T, Zmora N, et al. Personalized Nutrition by Prediction of Glycemic Responses. Cell. 2015;163(5):1079–1094.
https://doi.org/10.1016/j.cell.2015.11.001
[2] Berry SE, Valdes AM, Drew DA, et al. Human Postprandial Responses to Food and Potential for Precision Nutrition. Nature Medicine. 2020;26:964–973.
https://doi.org/10.1038/s41591-020-0934-0
[3] Asnicar F, Berry SE, Valdes AM, et al. Microbiome Connections with Host Metabolism and Habitual Diet from 1,098 Deeply Phenotyped Individuals. Nature Medicine. 2021;27:321–332.
https://doi.org/10.1038/s41591-020-01183-8
[4] Ordovas JM, Ferguson LR, Tai ES, Mathers JC. Personalised Nutrition and Health. BMJ. 2018;361.
https://doi.org/10.1136/bmj.k2173
[5] Pu SY, Huang YL, Pu CM, et al. Effects of Oral Collagen for Skin Anti-Aging: A Systematic Review and Meta-Analysis. Nutrients. 2023;15(9):2080.
https://doi.org/10.3390/nu15092080
[6] National Institutes of Health. Nutrition for Precision Health, Powered by the All of Us Research Program.
https://commonfund.nih.gov/nutritionforprecisionhealth