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L’une des questions les plus fréquentes concernant l’Ozempic est la suivante :
« Vais-je reprendre le poids perdu lorsque j’arrêterai le traitement ? »
Les données scientifiques disponibles suggèrent qu’une reprise de poids est effectivement fréquente après l’arrêt du sémaglutide [1].
Cela ne signifie pas que le médicament ne fonctionne pas.
Cela ne signifie pas non plus que les personnes qui reprennent du poids ont manqué de volonté.
La réalité est beaucoup plus complexe.
La reprise de poids après une perte importante est un phénomène biologique connu depuis longtemps par les chercheurs.
L’organisme possède de puissants mécanismes destinés à défendre son poids corporel.
C’est précisément ce qui rend le maintien de la perte de poids si difficile sur le long terme.
L’extension de l’essai STEP 1 est particulièrement intéressante.
Après avoir perdu en moyenne 17,3 % de leur poids corporel sous sémaglutide, les participants ont repris environ les deux tiers du poids perdu dans l’année qui a suivi l’arrêt du traitement [1].
D’autres travaux plus récents confirment cette tendance.
Une méta-analyse publiée en 2026 suggère que la reprise de poids après l’arrêt des médicaments anti-obésité est fréquente et que le retour vers le poids initial peut se poursuivre pendant de nombreux mois, voire plusieurs années [2].
Cela peut sembler décourageant.
Pourtant, ces résultats ne signifient pas que toute la perte de poids est systématiquement perdue.
Certaines personnes conservent une partie de leurs bénéfices, notamment lorsqu’elles ont mis en place des changements durables de mode de vie [3].
D’un point de vue biologique, perdre du poids n’est pas toujours perçu comme une bonne nouvelle.
Pendant la majeure partie de l’histoire de l’humanité, le principal danger était la famine et non l’excès de nourriture.
Notre organisme a donc développé de nombreux mécanismes de défense destinés à limiter les pertes de poids importantes.
Lorsqu’une personne maigrit, plusieurs adaptations se produisent :
Ces mécanismes sont en grande partie involontaires.
Ils ne dépendent ni de la motivation ni de la discipline.
Depuis plusieurs décennies, les chercheurs s’intéressent à la notion de « set point », parfois appelée poids de régulation [5].
L’idée est relativement simple.
Le cerveau semble défendre une certaine fourchette de poids qu’il considère comme normale pour l’organisme.
Lorsque le poids descend en dessous de cette zone, plusieurs mécanismes se mettent en place afin de favoriser un retour vers le poids antérieur :
Le set point n’est probablement pas totalement fixe.
Il semble pouvoir évoluer au fil du temps.
Cependant, il explique en partie pourquoi la reprise de poids après un amaigrissement est si fréquente.
L’Ozempic agit notamment en augmentant la sensation de satiété et en réduisant la faim.
Lorsque le traitement est interrompu, cet effet disparaît progressivement.
De nombreuses personnes décrivent alors :
Les chercheurs parlent parfois de « pression biologique vers la reprise de poids » [6].
Il ne s’agit pas d’un manque de volonté.
Il s’agit de mécanismes physiologiques destinés à restaurer les réserves énergétiques de l’organisme.
Nous ne disposons pas encore de toutes les réponses.
Plusieurs facteurs semblent toutefois jouer un rôle :
Les chercheurs considèrent aujourd’hui que l’obésité est une maladie chronique complexe.
Il est donc peu surprenant que les trajectoires après l’arrêt de l’Ozempic soient très variables d’une personne à l’autre.
Dans la suite de cet article, nous allons examiner plus en détail les mécanismes biologiques de la reprise de poids et comprendre pourquoi la faim et les dépenses énergétiques se modifient après un amaigrissement.
Après une perte de poids importante, l’organisme met en place une série d’adaptations biologiques destinées à restaurer ses réserves énergétiques.
Ces mécanismes sont parfois appelés « réponse adaptative à l’amaigrissement » [8].
Ils concernent notamment :
Cette réponse explique en grande partie pourquoi le maintien de la perte de poids est souvent plus difficile que la perte de poids elle-même.
La leptine est une hormone produite principalement par les cellules graisseuses.
Elle informe le cerveau de la quantité d’énergie stockée dans l’organisme [9].
Lorsque le poids diminue, les réserves de graisse diminuent également.
La production de leptine baisse alors.
Le cerveau interprète cette baisse comme un signal de déficit énergétique.
Il réagit en augmentant :
Parallèlement, il tend à réduire la dépense énergétique.
Cette diminution de la leptine constitue l’un des principaux mécanismes biologiques favorisant la reprise de poids.
La ghréline est principalement produite par l’estomac.
Elle stimule l’appétit et favorise la prise alimentaire [10].
De nombreuses études montrent qu’après une perte de poids importante, les concentrations de ghréline ont tendance à augmenter.
Cette augmentation peut se traduire par :
Cette adaptation peut persister pendant de nombreux mois après l’amaigrissement.
L’Ozempic agit notamment en imitant le GLP-1, une hormone intestinale impliquée dans la satiété.
Pendant le traitement, de nombreuses personnes ressentent :
Après l’arrêt du traitement, cet effet s’estompe progressivement.
Les mécanismes biologiques qui favorisent la prise alimentaire peuvent alors redevenir plus présents.
Certaines personnes décrivent un véritable retour de l’appétit.
D’autres ont l’impression de penser davantage à la nourriture.
Ces phénomènes ne reflètent pas un manque de volonté.
Ils traduisent la réactivation de mécanismes biologiques puissants impliqués dans la régulation du poids corporel.
L’une des découvertes les plus fascinantes de la recherche sur l’obésité concerne la dépense énergétique.
Après une perte de poids importante, l’organisme devient plus économe.
Les chercheurs parlent parfois d’« adaptation métabolique » [11].
En pratique, cela signifie que le corps peut dépenser moins de calories qu’attendu pour un même poids corporel.
Cette diminution de la dépense énergétique peut favoriser la reprise de poids, en particulier si les habitudes alimentaires antérieures réapparaissent.
Oui.
Toute perte de poids importante s’accompagne généralement d’une diminution de la masse maigre, y compris de la masse musculaire [12].
Or le muscle constitue un tissu métaboliquement actif.
Une diminution de la masse musculaire peut contribuer à :
C’est l’une des raisons pour lesquelles la préservation du muscle est aujourd’hui considérée comme un objectif majeur lors de toute stratégie d’amaigrissement.
Le microbiote intestinal participe à de nombreux mécanismes impliqués dans :
Les chercheurs commencent à explorer son rôle potentiel dans la reprise de poids après un amaigrissement.
Nous ne disposons pas encore de toutes les réponses.
Cependant, certaines données suggèrent que la composition du microbiote pourrait influencer la capacité à maintenir une perte de poids sur le long terme.
Lorsque plusieurs phénomènes se cumulent :
l’organisme se retrouve dans une situation biologiquement favorable à la reprise de poids.
Cette réalité explique pourquoi le maintien des résultats nécessite généralement plus qu’un simple traitement médicamenteux.
Dans la dernière partie de cet article, nous verrons comment limiter le risque de reprise de poids après l’arrêt de l’Ozempic et pourquoi le travail sur les habitudes alimentaires, les portions, les protéines et l’activité physique reste fondamental.
Il n’existe malheureusement aucune méthode permettant de garantir l’absence totale de reprise de poids.
En revanche, certaines stratégies semblent améliorer significativement les chances de maintenir une partie des bénéfices obtenus [14].
L’objectif ne doit pas être uniquement de perdre du poids.
L’objectif est également d’apprendre à maintenir cette perte de poids sur le long terme.
C’est probablement là que se situe le véritable défi.
L’Ozempic diminue l’appétit.
Il ne modifie pas à lui seul les habitudes alimentaires.
Pendant le traitement, de nombreuses personnes mangent spontanément moins.
Mais lorsque le médicament est arrêté, les anciens comportements peuvent progressivement réapparaître.
C’est pourquoi le traitement devrait idéalement être utilisé comme une opportunité pour :
Les personnes qui maintiennent le mieux leur perte de poids sont souvent celles qui ont réussi à modifier leur mode de vie de manière pérenne [15].
La taille des portions a considérablement augmenté au cours des dernières décennies.
De nombreuses personnes ont progressivement perdu leurs repères de satiété.
L’Ozempic peut faciliter une rééducation alimentaire en réduisant :
Cette période peut être utilisée pour apprendre à :
Ces apprentissages peuvent jouer un rôle majeur après l’arrêt du traitement.
L’obésité est une maladie complexe.
Elle ne peut être réduite à une simple équation calorique.
Le sommeil, le stress, les hormones, la génétique et le microbiote jouent tous un rôle important.
Cependant, à long terme, le maintien du poids corporel dépend toujours de l’équilibre énergétique.
Lorsque les apports alimentaires augmentent de nouveau après l’arrêt de l’Ozempic, la reprise de poids devient plus probable.
Le travail sur le total calorique ne signifie pas qu’il faut compter les calories de façon obsessionnelle.
Il s’agit plutôt d’apprendre à construire une alimentation compatible avec ses objectifs de santé et son niveau de dépense énergétique.
Les protéines jouent un rôle central pendant et après une perte de poids.
Elles participent :
Lorsque les apports alimentaires diminuent fortement, le risque de ne plus couvrir ses besoins protéiques augmente.
Un apport protéique suffisant constitue donc un élément essentiel de toute stratégie visant à limiter la reprise de poids.
L’activité physique est probablement l’un des meilleurs prédicteurs du maintien de la perte de poids à long terme [17].
Elle permet notamment :
Le renforcement musculaire semble particulièrement intéressant après une perte de poids importante.
Oui.
Le manque de sommeil et le stress chronique peuvent influencer :
Ils peuvent également rendre plus difficile le maintien des nouvelles habitudes mises en place pendant le traitement.
La réponse dépend de chaque situation individuelle.
L’obésité est aujourd’hui considérée comme une maladie chronique.
Comme pour d’autres maladies chroniques, certaines personnes peuvent nécessiter une prise en charge au long cours.
D’autres peuvent parvenir à maintenir une partie de leurs résultats après l’arrêt du traitement.
Cette décision doit toujours être discutée avec un professionnel de santé.
La reprise de poids après l’arrêt de l’Ozempic est fréquente.
Elle ne traduit ni un manque de volonté ni un échec personnel.
Elle reflète des mécanismes biologiques puissants destinés à défendre le poids corporel.
La faim augmente.
La satiété diminue.
La dépense énergétique baisse.
Le corps devient plus efficace pour économiser son énergie.
Ces adaptations rendent le maintien de la perte de poids particulièrement difficile.
Les résultats les plus durables semblent être obtenus lorsque le traitement s’accompagne :
L’Ozempic peut être un outil extrêmement utile.
Mais il fonctionne probablement mieux lorsqu’il s’inscrit dans une approche globale visant à construire des habitudes de vie durables.
Parce que plusieurs mécanismes biologiques favorisent le retour vers le poids antérieur : augmentation de la faim, diminution de la satiété et baisse de la dépense énergétique [1,8].
Non. Les trajectoires sont très variables. Certaines personnes conservent une partie importante de leur perte de poids, notamment lorsqu’elles modifient durablement leurs habitudes de vie [3].
Cela est possible chez certaines personnes, mais le risque de reprise reste fréquent selon les études disponibles [1].
Parce que l’effet du médicament sur les mécanismes de la satiété disparaît progressivement et que certaines hormones de la faim augmentent après l’amaigrissement [9,10].
Non. L’obésité est une maladie chronique complexe. L’Ozempic peut être un outil thérapeutique efficace, mais il ne supprime pas les mécanismes biologiques qui favorisent la prise de poids.
La réponse dépend de chaque situation individuelle et doit être discutée avec un professionnel de santé.
Docteur en pharmacie, spécialiste en médecine prédictive et préventive et experte en micronutrition, le Dr. Espinasse accompagne depuis plus de vingt ans ses patients dans une approche fondée sur les avancées de la biologie cellulaire, de la nutrition de précision et de la médecine fonctionnelle.
À travers son concept exclusif de Cellular Nutrition®, elle développe des stratégies visant à agir sur les mécanismes biologiques impliqués dans le métabolisme, le microbiote intestinal, l’inflammation de bas grade et la résilience métabolique.
Le Dr. Espinasse a accompagné plus de 20 000 patients et réalisé plus de 15 000 bilans biologiques approfondis au cours de sa carrière.
[1] Rubino DM et al. Weight regain and cardiometabolic effects after withdrawal of semaglutide.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35441470/
[2] Koliaki C et al. Weight regain after discontinuation of anti-obesity medications: a systematic review and meta-analysis.
https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC9542252/
[3] Wilding JPH et al. Once-weekly semaglutide in adults with overweight or obesity.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33567185/
[4] Sumithran P et al. Long-term persistence of hormonal adaptations to weight loss.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/22029981/
[5] Speakman JR et al. Set points, settling points and obesity.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/22065844/
[6] Müller MJ et al. Biological mechanisms of weight regain.
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[8] Rosenbaum M, Leibel RL. Adaptive thermogenesis in humans.
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[10] Cummings DE et al. A preprandial rise in plasma ghrelin levels suggests a role in meal initiation.
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[11] Rosenbaum M et al. Long-term persistence of adaptive thermogenesis.
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[12] Phillips SM et al. Protein requirements and muscle mass maintenance.
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