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Depuis l’arrivée de l’Ozempic et des autres médicaments de la famille des agonistes du GLP-1, une question revient sans cesse :
« Est-ce que l’on perd du muscle en maigrissant avec l’Ozempic ? »
Le sujet est devenu particulièrement médiatique.
Certains affirment que l’Ozempic « fait fondre les muscles ».
D’autres considèrent au contraire que cette inquiétude est largement exagérée.
Comme souvent en médecine, la réalité est plus nuancée.
Oui, une partie du poids perdu sous sémaglutide peut provenir de la masse maigre, qui comprend notamment la masse musculaire [1].
Mais cela ne signifie pas que l’Ozempic détruit directement le muscle.
Il est important de comprendre ce qui se passe réellement.
Les études de composition corporelle réalisées avec le sémaglutide montrent que la perte de poids concerne principalement la masse grasse, en particulier la graisse viscérale [1].
Une diminution de la masse maigre est toutefois également observée.
Selon les études, la masse maigre pourrait représenter environ 20 à 40 % du poids perdu [2,3].
Ces chiffres peuvent sembler importants.
Il faut néanmoins les interpréter avec prudence.
La masse maigre ne correspond pas uniquement au muscle squelettique.
Elle comprend également :
Les données les plus récentes suggèrent ainsi qu’une partie de la diminution de la masse maigre pourrait être liée à une baisse de l’eau corporelle et de certains dépôts graisseux dans les organes, plutôt qu’à une véritable fonte musculaire massive.
Oui.
Ce point est fondamental.
Quelle que soit la méthode utilisée :
une perte de poids importante s’accompagne généralement d’une certaine diminution de la masse maigre [4].
Le phénomène n’est donc pas spécifique à l’Ozempic.
La véritable question est plutôt :
Quelle proportion de muscle est perdue et comment peut-on la limiter ?
Pendant longtemps, le muscle a été considéré essentiellement comme un organe de mouvement.
Nous savons aujourd’hui qu’il joue un rôle beaucoup plus vaste.
Le muscle participe notamment :
De nombreuses études montrent également que la masse musculaire est l’un des meilleurs prédicteurs de longévité et de santé métabolique [6].
Préserver son muscle n’est donc pas seulement une question esthétique.
C’est un véritable enjeu de santé.
Paradoxalement, oui.
Malgré une certaine diminution de la masse maigre, plusieurs études montrent que la proportion de masse maigre par rapport au poids total augmente avec le traitement [1].
Autrement dit, la perte de masse grasse est généralement plus importante que la perte de masse maigre.
Le rapport masse maigre/masse grasse tend donc à s’améliorer.
Cela explique pourquoi certains chercheurs considèrent que le sémaglutide améliore globalement la composition corporelle, malgré les inquiétudes concernant le muscle.
Parce que certaines populations sont plus vulnérables :
Chez ces individus, une perte excessive de masse musculaire pourrait avoir des conséquences importantes :
Ces préoccupations ont conduit plusieurs équipes de recherche à s’intéresser à des stratégies visant à mieux préserver le muscle pendant les traitements par GLP-1. Des travaux récents explorent notamment des approches combinées destinées à limiter la perte de masse maigre.
Pas nécessairement.
Les données disponibles suggèrent que la perte de muscle observée sous Ozempic est davantage la conséquence de la perte de poids elle-même que d’un effet toxique direct du médicament sur le tissu musculaire [2,7].
La bonne question n’est donc pas :
« L’Ozempic fait-il perdre du muscle ? »
La bonne question est plutôt :
« Comment perdre du gras tout en préservant au maximum sa masse musculaire ? »
C’est précisément ce que nous allons explorer dans la suite de cet article.
Contrairement à une idée reçue, le corps ne perd pas uniquement de la graisse lorsqu’il maigrit.
Une perte de poids importante s’accompagne généralement d’une diminution de la masse maigre, y compris de la masse musculaire [4].
Ce phénomène est observé :
L’objectif n’est donc pas d’éviter totalement la perte de masse maigre, ce qui est souvent impossible, mais de la limiter autant que possible.
L’Ozempic agit en réduisant la faim et en augmentant la satiété.
De nombreuses personnes mangent spontanément beaucoup moins.
Cette diminution des apports énergétiques est l’un des principaux mécanismes expliquant la perte de poids.
Mais elle peut également avoir certaines conséquences :
Chez certaines personnes, l’appétit diminue tellement qu’il devient difficile de couvrir leurs besoins nutritionnels.
Le muscle est un tissu extrêmement dynamique.
Il se renouvelle en permanence.
Pour maintenir sa masse musculaire, l’organisme a besoin d’un apport suffisant en protéines et en acides aminés [8].
Or, lorsque les apports alimentaires diminuent fortement, les apports protéiques diminuent souvent eux aussi.
Cette situation peut favoriser :
Plusieurs experts recommandent une attention particulière aux apports protéiques chez les personnes traitées par GLP-1, notamment lorsqu’elles présentent déjà un risque de sarcopénie ou une faible masse musculaire. Des données récentes suggèrent également qu’un apport protéique insuffisant pourrait être associé à une plus grande perte de masse maigre sous sémaglutide.
Le muscle constitue l’un des principaux déterminants de la dépense énergétique de repos.
Plus une personne possède de masse musculaire, plus elle dépense d’énergie au quotidien [5].
Lorsqu’une partie de cette masse musculaire est perdue, la dépense énergétique tend à diminuer.
Cette diminution est généralement modeste, mais elle peut contribuer à rendre le maintien de la perte de poids plus difficile sur le long terme.
Elle s’ajoute à d’autres mécanismes d’adaptation métabolique observés après un amaigrissement important.
À partir de la quarantaine, nous perdons progressivement de la masse musculaire au cours du vieillissement.
Ce phénomène est naturel.
Il tend toutefois à s’accélérer :
Cette diminution progressive de la masse musculaire contribue à ce que l’on appelle la sarcopénie [9].
Une perte de poids associée à une diminution importante de la masse musculaire pourrait donc avoir davantage de conséquences chez une personne de 60 ans que chez une personne de 25 ans.
La sarcopénie désigne la diminution progressive de la masse et de la fonction musculaires liée au vieillissement [9].
Elle est associée à :
La préservation du muscle constitue donc un véritable enjeu de santé publique.
Chez une personne déjà peu musclée, toute perte supplémentaire de masse maigre peut avoir des conséquences fonctionnelles importantes.
C’est l’une des raisons pour lesquelles de nombreuses équipes de recherche s’intéressent actuellement à des stratégies permettant de préserver davantage le muscle pendant les traitements par GLP-1. Des médicaments spécifiquement destinés à limiter la perte de masse maigre sont même en cours de développement.
Heureusement, les données les plus récentes restent rassurantes.
Même lorsqu’une diminution de la masse maigre est observée, plusieurs études montrent que la proportion de masse maigre par rapport au poids total tend à s’améliorer, traduisant une amélioration globale de la composition corporelle.
La véritable question n’est donc probablement pas :
« Perd-on du muscle avec l’Ozempic ? »
La véritable question est plutôt :
« Comment préserver au maximum son muscle pendant une perte de poids importante ? »
C’est précisément ce que nous allons voir dans la dernière partie de cet article.
La bonne nouvelle est qu’il existe plusieurs stratégies permettant de limiter la perte de masse musculaire pendant une perte de poids.
Ces stratégies reposent essentiellement sur quatre piliers :
Les besoins en protéines varient d’un individu à l’autre.
Ils dépendent notamment :
De nombreuses sociétés savantes considèrent qu’un apport protéique supérieur aux recommandations minimales peut être bénéfique lors d’une perte de poids, en particulier chez les personnes de plus de 40 ans ou chez les personnes présentant un risque de sarcopénie [10].
Les protéines jouent plusieurs rôles essentiels :
Lorsque l’appétit diminue fortement sous Ozempic, il devient particulièrement important de veiller à maintenir des apports protéiques suffisants.
Le muscle répond à un principe simple :
ce qui est sollicité est préservé.
Le renforcement musculaire envoie au muscle un signal lui indiquant qu’il reste utile à l’organisme.
C’est probablement la meilleure stratégie actuellement disponible pour limiter la perte de masse musculaire pendant un amaigrissement [11].
La musculation permet également :
Oui.
L’activité physique apporte des bénéfices qui dépassent largement la seule perte de poids.
Elle contribue notamment :
Les personnes qui réussissent le mieux à maintenir leur perte de poids à long terme sont généralement celles qui conservent un niveau d’activité physique élevé [13].
Le sommeil joue un rôle fondamental dans :
Le manque de sommeil est associé à :
La qualité du sommeil doit donc faire partie intégrante de toute stratégie visant à préserver le muscle.
Depuis quelques années, le muscle est considéré comme un véritable organe de la longévité.
Une faible masse musculaire est associée à :
À l’inverse, une bonne masse musculaire est associée à :
Préserver son muscle ne sert donc pas uniquement à améliorer sa silhouette.
C’est aussi un investissement majeur pour sa santé future.
Oui.
Même s’il est difficile d’éviter totalement une perte de masse maigre pendant un amaigrissement important, il est possible de la limiter considérablement.
Les stratégies les plus efficaces semblent associer :
L’Ozempic ne fait pas « fondre les muscles ».
Comme toute perte de poids importante, il peut s’accompagner d’une certaine diminution de la masse maigre, y compris de la masse musculaire.
La véritable question n’est donc pas de savoir s’il faut avoir peur de l’Ozempic.
La véritable question est de savoir comment optimiser la qualité de la perte de poids.
Les données scientifiques actuelles suggèrent qu’il est possible de préserver une grande partie de sa masse musculaire en associant :
Le muscle constitue l’un des meilleurs prédicteurs de santé, de longévité et de résilience métabolique.
Il mérite donc d’être considéré comme un objectif à part entière de toute stratégie de perte de poids.
Oui, une partie de la perte de poids peut provenir de la masse maigre, comme lors de toute perte de poids importante [1].
Non. Les données actuelles ne suggèrent pas d’effet toxique direct de l’Ozempic sur le muscle.
En maintenant des apports protéiques suffisants, en pratiquant une activité physique régulière et en faisant du renforcement musculaire.
Une attention particulière aux apports protéiques est souvent recommandée, surtout après 40 ans et chez les personnes présentant un risque de sarcopénie [10].
Oui, et cela est même fortement recommandé pour préserver la masse musculaire.
Le muscle participe à la dépense énergétique, à la santé métabolique et au maintien du poids à long terme.
Oui. Le muscle conserve une remarquable capacité d’adaptation lorsqu’il est stimulé par un apport protéique adéquat et un entraînement adapté.
Docteur en pharmacie, spécialiste en médecine prédictive et préventive et experte en micronutrition, le Dr. Espinasse accompagne depuis plus de vingt ans ses patients dans une approche fondée sur les avancées de la biologie cellulaire, de la nutrition de précision et de la médecine fonctionnelle.
À travers son concept exclusif de Cellular Nutrition®, elle développe des stratégies visant à agir sur les mécanismes biologiques impliqués dans le métabolisme, la santé musculaire, l’inflammation de bas grade, le microbiote intestinal et la résilience métabolique.
Le Dr. Espinasse a accompagné plus de 20 000 patients et réalisé plus de 15 000 bilans biologiques approfondis au cours de sa carrière.
[1] Garvey WT et al. Changes in Body Composition With Semaglutide Treatment.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/38629387/
[2] Wilding JPH et al. Once-Weekly Semaglutide in Adults With Overweight or Obesity.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33567185/
[3] Rubino DM et al. Effect of Continued Weekly Subcutaneous Semaglutide on Weight Loss Maintenance.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33755728/
[4] Weinheimer EM et al. The Effect of Weight Loss on Lean Body Mass.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/20300080/
[5] Wolfe RR. The Underappreciated Role of Muscle in Health and Disease.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/24586743/
[6] Srikanthan P, Karlamangla AS. Muscle Mass and Mortality in Older Adults.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/24561114/
[7] Heymsfield SB et al. Body Composition and Weight Loss.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/31127824/
[8] Phillips SM. Nutritional Supplements in Support of Resistance Exercise to Counter Age-Related Sarcopenia.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/29207481/
[9] Cruz-Jentoft AJ et al. Sarcopenia: Revised European Consensus on Definition and Diagnosis.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/30312372/
[10] Bauer J et al. Evidence-Based Recommendations for Optimal Dietary Protein Intake in Older People.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23867520/
[11] Westcott WL. Resistance Training Is Medicine.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/22777332/
[12] Booth FW et al. Exercise and Chronic Disease Prevention.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/22895303/
[13] Swift DL et al. The Role of Exercise and Physical Activity in Weight Loss and Maintenance.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25911622/
[14] Dattilo M et al. Sleep and Muscle Recovery.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/24434764/
[15] Landi F et al. Sarcopenia and Mortality Among Older Adults.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/27324808/