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Autour de la quarantaine et de la cinquantaine, de nombreuses femmes ont la sensation que leur peau ne vieillit plus tout à fait au même rythme. Elle devient plus sèche, moins rebondie, plus fine. Les rides semblent se marquer davantage, la fermeté diminue et certains soins qui suffisaient auparavant ne produisent plus tout à fait le même résultat. Ce changement n’est pas qu’une impression : la périménopause et la ménopause constituent une véritable transition biologique pour la peau.
La raison tient en grande partie aux hormones, et plus particulièrement aux œstrogènes. Leur diminution progressive pendant la périménopause, puis leur chute autour de la ménopause, ne concerne pas seulement la fonction reproductive. La peau est elle-même un tissu hormono-sensible. Elle possède des récepteurs aux œstrogènes, et ces hormones participent à de nombreux mécanismes liés au collagène, à l’élastine, aux glycosaminoglycanes, à l’hydratation, à la fonction des fibroblastes et à la réparation tissulaire [1–4].
Lorsque l’environnement hormonal change, la biologie de la peau change avec lui. Et cette transformation finit par devenir visible dans le miroir.
Oui. Le vieillissement cutané commence évidemment bien avant la ménopause et dépend de nombreux facteurs : génétique, exposition solaire, pollution, tabac, alimentation, stress, sommeil et vieillissement chronologique. Mais la ménopause ajoute à ces mécanismes une diminution hormonale relativement rapide qui peut accélérer certains changements cutanés.
Les études décrivent après la ménopause une diminution du contenu en collagène, de l’épaisseur de la peau, de son élasticité et de sa teneur en eau [1,5,6]. La littérature dermatologique récente considère ainsi la ménopause comme une période d’accélération du vieillissement cutané, liée en particulier à la diminution des œstrogènes [1,7].
Ce point est fondamental : à âge chronologique égal, la peau n’est pas uniquement influencée par le nombre d’années vécues. Son environnement hormonal compte lui aussi.
C’est pourquoi deux femmes du même âge peuvent présenter des trajectoires cutanées différentes, et pourquoi certaines femmes constatent une modification relativement brutale de leur peau pendant la transition ménopausique.
Nous associons spontanément les œstrogènes aux ovaires, au cycle menstruel ou à la fertilité. Pourtant, leur champ d’action biologique est beaucoup plus large. Des récepteurs aux œstrogènes sont présents dans différents compartiments et types cellulaires de la peau, notamment au niveau des kératinocytes, fibroblastes et mélanocytes [3,4].
Les fibroblastes sont particulièrement importants pour comprendre ce qui se passe. Situés dans le derme, ils participent à la production et au renouvellement de composants majeurs de la matrice extracellulaire, dont le collagène. Or cette matrice constitue en quelque sorte l’architecture biologique qui donne à la peau sa résistance, son épaisseur et une partie de ses propriétés mécaniques.
Les œstrogènes influencent également les glycosaminoglycanes, dont l’acide hyaluronique, ainsi que différents mécanismes liés à l’élasticité, à la vascularisation, à la fonction barrière et à la réparation cutanée [3,4,8]. Lorsque les concentrations d’œstrogènes diminuent, plusieurs de ces fonctions évoluent simultanément.
C’est précisément ce qui rend le changement si visible : la ménopause n’agit pas sur un seul paramètre de la peau. Elle en modifie plusieurs à la fois.
C’est probablement l’un des chiffres les plus spectaculaires associés à la ménopause : près de 30 % du collagène cutané pourrait être perdu au cours des cinq premières années suivant la ménopause [1].
Le chiffre est aujourd’hui abondamment repris dans la littérature dermatologique et dans l’univers de la beauté. Il mérite cependant d’être compris correctement. Il provient d’un ensemble de travaux historiques sur la peau postménopausique et ne signifie pas que toutes les femmes perdent exactement 30 % de leur collagène à partir du jour de leurs dernières règles. La vitesse du vieillissement cutané varie d’une personne à l’autre et dépend de nombreux facteurs.
Ce que les études montrent de manière beaucoup plus robuste est la relation étroite entre déficit œstrogénique et diminution du collagène cutané. Des biopsies cutanées réalisées chez des femmes de différents âges et chez des femmes ménopausées ont montré une diminution significative du collagène avec l’âge, particulièrement après la quarantaine et après la ménopause [9]. Des travaux historiques comparant des femmes postménopausées traitées ou non par hormones ont également mis en évidence des différences importantes de contenu en collagène [10].
Une méta-analyse consacrée aux effets des traitements hormonaux de la ménopause sur la peau apporte une confirmation supplémentaire : en regroupant 15 études et 1 589 femmes, les chercheurs ont constaté des augmentations significatives du contenu en collagène, de l’épaisseur cutanée et de l’élasticité sous traitement hormonal [11].
Ce résultat ne signifie pas qu’un traitement hormonal doit être prescrit pour des raisons esthétiques : son indication relève d’une décision médicale individualisée tenant compte des symptômes, des bénéfices et des risques. En revanche, ces données constituent une démonstration biologique particulièrement intéressante : lorsque l’environnement œstrogénique change, le collagène et les propriétés mécaniques de la peau changent eux aussi.
Le collagène représente une composante structurelle majeure du derme. Imaginez la matrice dermique comme un échafaudage microscopique : les fibres de collagène contribuent à sa résistance mécanique, tandis que d’autres composants, notamment les fibres élastiques et les glycosaminoglycanes, participent à sa souplesse et à son environnement hydrique.
Avec l’âge, la production et l’organisation du collagène évoluent naturellement. Mais la diminution des œstrogènes vient ajouter une autre dimension au phénomène. Les fibroblastes deviennent moins soutenus par la signalisation œstrogénique, tandis que l’équilibre entre synthèse et dégradation de la matrice extracellulaire se modifie. Des changements concernant les matrix metalloproteinases (MMPs), enzymes capables de dégrader différents composants de la matrice, sont également impliqués dans la biologie de la peau déficiente en œstrogènes [3,4].
À l’extérieur, cette biologie microscopique prend une forme très familière : la peau paraît progressivement moins dense, moins ferme et moins élastique, et les rides deviennent plus visibles.
Autrement dit, une partie de ce que nous appelons communément « vieillissement de la peau » correspond à des transformations très concrètes de son architecture moléculaire.
Le collagène n’est qu’une partie de l’histoire. L’un des symptômes cutanés les plus fréquemment associés à la ménopause est la sécheresse.
Là encore, les œstrogènes jouent un rôle. Ils participent au maintien des glycosaminoglycanes et notamment de l’acide hyaluronique, molécule particulièrement importante pour l’environnement hydrique de la matrice extracellulaire [3,8]. Les modifications hormonales s’accompagnent également de changements touchant la fonction barrière et la production de sébum, même si ces phénomènes varient selon les femmes [3,4].
Le résultat est perceptible : la peau retient moins bien l’eau, devient moins confortable, peut sembler plus rêche et perdre une partie de son aspect rebondi.
Cette relation entre œstrogènes et hydratation permet aussi de comprendre pourquoi la sécheresse ménopausique n’est pas simplement un problème que l’on résout en « buvant davantage d’eau ». L’hydratation de la peau dépend d’une architecture biologique capable de capter et de retenir cette eau.
L’acide hyaluronique, la matrice extracellulaire et la barrière cutanée font partie de cette architecture.
Pincer doucement une peau jeune puis la relâcher permet d’observer l’une de ses propriétés fondamentales : sa capacité à retrouver rapidement sa forme. Cette propriété dépend de l’organisation complexe du derme, notamment du collagène et du réseau de fibres élastiques.
Avec l’âge et la diminution des œstrogènes, l’élasticité cutanée diminue [5,6]. Les études sur la peau postménopausique décrivent des modifications du collagène et de l’élastine, mais également de la fonction des fibroblastes et de la matrice extracellulaire [3,4].
C’est ce qui peut donner cette sensation très caractéristique d’une peau qui paraît soudainement moins « rebondie ». Le phénomène n’est pas uniquement superficiel : les propriétés biomécaniques du tissu évoluent.
La méta-analyse de 15 études sur le traitement hormonal de la ménopause retrouve d’ailleurs une amélioration statistiquement significative de l’élasticité parallèlement à celle du collagène et de l’épaisseur cutanée [11]. Là encore, l’intérêt de cette observation est avant tout mécanistique : elle confirme à quel point hormones, matrice dermique et apparence extérieure sont intimement liées.
Oui, la diminution de l’épaisseur cutanée fait partie des modifications documentées après la ménopause [5,11].
Le phénomène concerne notamment le derme, dont une grande partie du volume est liée à sa matrice extracellulaire. Une réduction du collagène et des modifications de cette matrice contribuent donc logiquement à une peau plus fine et potentiellement plus fragile.
Ce changement d’épaisseur explique également pourquoi plusieurs phénomènes semblent apparaître simultanément : les rides se creusent davantage, la peau semble moins dense, certains vaisseaux peuvent devenir plus visibles et la résistance mécanique du tissu diminue.
Ce n’est donc pas uniquement « la peau qui vieillit ». C’est sa structure tridimensionnelle qui évolue.
Parce que le vieillissement du visage ne dépend pas uniquement de la peau.
Avec l’âge, les compartiments graisseux du visage se modifient, les structures osseuses évoluent et les ligaments ainsi que les tissus de soutien changent. À ces transformations progressives s’ajoute, autour de la ménopause, une modification hormonale capable d’affecter plus rapidement la qualité du tissu cutané.
Le visage peut donc subir simultanément plusieurs phénomènes : perte de volume, modification des contours, diminution du collagène, sécheresse, perte d’élasticité et altération de la texture.
Cela explique pourquoi certaines femmes décrivent non pas une progression linéaire, mais une impression de bascule : « ma peau a changé en quelques années ».
Cette perception possède une base biologique. Le vieillissement chronologique continue, mais il rencontre à ce moment précis une transition endocrinienne majeure.
La science contemporaine du vieillissement cutané va cependant beaucoup plus loin que le seul collagène. Le stress oxydatif, l’inflammation chronique de bas grade, la sénescence cellulaire et les altérations de la communication entre les cellules participent eux aussi au vieillissement des tissus.
La diminution des œstrogènes peut influencer certains systèmes de défense antioxydante et certaines voies inflammatoires [3,4]. Parallèlement, les expositions accumulées pendant plusieurs décennies — notamment les UV — continuent d’exercer leurs effets sur la matrice dermique.
C’est ici que vieillissement intrinsèque, vieillissement hormonal et photoaging se rencontrent.
La peau d’une femme ménopausée n’est donc pas simplement une peau « avec moins d’œstrogènes ». C’est une peau qui arrive à cette transition hormonale après plusieurs décennies d’exposition à son propre exposome : soleil, pollution, tabac éventuel, alimentation, stress et environnement.
La ménopause agit alors sur un terrain biologique qui possède déjà sa propre histoire.
C’est peut-être l’une des conclusions les plus importantes de la recherche sur la ménopause et la peau.
Nous avons tendance à considérer le vieillissement cutané comme une simple horloge : 30 ans, 40 ans, 50 ans, 60 ans. Mais biologiquement, l’âge hormonal compte lui aussi.
Une femme en périménopause, une femme récemment ménopausée et une femme ménopausée depuis quinze ans ne se trouvent pas nécessairement dans le même environnement endocrinien, même si leur âge chronologique est proche.
C’est pourquoi la beauté après 45 ans mérite une approche plus précise que le simple label « peau mature ».
Il faut comprendre ce qui change.
Le collagène. L’acide hyaluronique. L’élasticité. L’épaisseur cutanée. La barrière. Le stress oxydatif. L’inflammation. Et surtout l’environnement hormonal qui influence l’ensemble de ces mécanismes.
Cette compréhension change complètement la manière d’envisager la beauté à la ménopause. Plutôt que de simplement corriger les signes visibles une fois qu’ils apparaissent, la question devient : peut-on soutenir de l’intérieur les mécanismes biologiques qui permettent à la peau de rester hydratée, dense, ferme et résistante ?
C’est précisément là que la beauty from within, la nutricosmétique et la Cellular Nutrition® deviennent particulièrement intéressantes.
Dans la Partie 2, nous verrons ce que la science permet réellement de faire : comment agir sur le collagène et l’hydratation de l’intérieur, ce que montrent les essais cliniques sur le collagène oral et l’acide hyaluronique, quels rôles peuvent jouer protéines, antioxydants, micronutriments et microbiome, et pourquoi la ménopause pourrait être l’un des moments de la vie où une stratégie nutritionnelle ciblée pour la peau prend tout son sens.
Comprendre pourquoi la peau change à la ménopause permet surtout de poser une deuxième question : peut-on agir ? Si la chute des œstrogènes modifie le collagène, l’hydratation, l’élasticité et la matrice dermique, sommes-nous condamnées à simplement regarder ces changements apparaître ?
Non. Nous ne pouvons évidemment pas arrêter le vieillissement cutané, et aucun aliment, complément ou cosmétique ne peut remplacer les œstrogènes perdus à la ménopause. En revanche, la recherche contemporaine montre qu’il existe plusieurs leviers capables de soutenir les mécanismes dont dépend la qualité de la peau : protéines et acides aminés, peptides de collagène, acide hyaluronique, micronutriments, antioxydants, microbiome, protection solaire et hygiène de vie. Certains ont même produit des améliorations objectivement mesurables de l’hydratation, de l’élasticité ou des rides dans des essais cliniques contrôlés [12–17].
C’est ici que la notion de beauty from within prend tout son sens. Après la ménopause, prendre soin de sa peau ne consiste plus seulement à corriger ce qui est visible à sa surface. Il devient particulièrement intéressant de soutenir également la biologie qui se trouve derrière cette apparence.
Le paradoxe est évident : au moment même où la diminution des œstrogènes accélère la perte de collagène cutané, le collagène est devenu l’un des compléments alimentaires beauté les plus étudiés. La question est donc particulièrement pertinente chez les femmes ménopausées.
Un essai randomisé, en double aveugle et contrôlé contre placebo a précisément étudié 36 femmes postménopausées. Pendant quatre semaines, elles ont reçu quotidiennement 5 g d’hydrolysat de collagène marin ou un placebo. L’élasticité de la peau a été mesurée instrumentalement à l’aide d’un Cutometer. Les chercheurs ont constaté une amélioration significative de l’élasticité au niveau des deux joues dans le groupe collagène par rapport au placebo. Plus intéressant encore, la différence persistait quatre semaines après l’arrêt de la supplémentation [12].
D’autres essais menés dans des populations plus larges vont dans le même sens. Une étude randomisée, en double aveugle et contrôlée contre placebo chez 100 femmes de 30 à 60 ans a montré qu’une supplémentation quotidienne avec 1 650 mg de peptides de collagène améliorait significativement l’hydratation dès quatre semaines, puis l’élasticité et les rides après douze semaines par rapport au placebo [13].
Ces résultats ne signifient pas que toutes les formes de collagène, à toutes les doses et chez toutes les femmes produisent exactement le même effet. Une étude menée chez des femmes ménopausées plus âgées atteintes de dermatoporose établie n’a par exemple pas retrouvé de bénéfice significatif avec 5 g de peptides de collagène pendant six mois [14]. Cette différence rappelle une notion essentielle en nutrition clinique : préserver ou soutenir la physiologie d’une peau vieillissante n’est pas nécessairement équivalent à traiter une pathologie cutanée déjà installée.
Mais l’ensemble de la littérature permet aujourd’hui de considérer le collagène oral comme bien davantage qu’une tendance beauté : certains essais contrôlés montrent que sa supplémentation peut modifier des paramètres cutanés objectivement mesurables.
Si le collagène répond principalement à la question de la structure, l’acide hyaluronique nous ramène à l’autre grande plainte cutanée de la ménopause : la sécheresse et la perte de rebond.
L’acide hyaluronique est un composant naturel de la matrice extracellulaire capable d’interagir avec de grandes quantités d’eau. Nous le connaissons surtout sous forme de sérum ou d’injection. Pourtant, son administration par voie orale fait désormais l’objet d’une littérature clinique de plus en plus intéressante.
Dans un essai randomisé, en double aveugle et contrôlé contre placebo, 120 mg d’acide hyaluronique par jour pendant 12 semaines ont significativement amélioré l’hydratation de la couche cornée, l’élasticité et plusieurs paramètres des rides par rapport au placebo [15]. Un autre essai utilisant également 120 mg par jour avait déjà observé une réduction significative des rides avec l’une des formes moléculaires étudiées [16].
Plus récemment, un essai randomisé portant sur 150 adultes en bonne santé a étudié 60 ou 120 mg de hyaluronate de sodium par jour pendant 12 semaines. À 120 mg, les chercheurs ont constaté par rapport au placebo une amélioration significative de l’hydratation et de l’élasticité, ainsi qu’une diminution de la perte insensible en eau et de la profondeur des rides périoculaires [17]. Une méta-analyse publiée en 2025 regroupant sept essais randomisés conclut également à des améliorations statistiquement significatives de l’hydratation, de l’élasticité et de la profondeur des rides avec l’acide hyaluronique oral [18].
Cette évolution de la recherche est particulièrement intéressante dans le contexte de la ménopause. Si la diminution des œstrogènes affecte l’environnement hydrique et la matrice extracellulaire de la peau, l’hydratation peut aussi être pensée de l’intérieur.
La beauté de la peau ne repose cependant pas sur deux ingrédients miracles. Pour produire ses protéines structurelles, maintenir sa barrière et assurer son renouvellement, la peau dépend d’un environnement nutritionnel beaucoup plus large.
Le collagène est une protéine. Sa synthèse nécessite donc des acides aminés, mais aussi des cofacteurs indispensables à différentes étapes de sa production et de sa maturation. La vitamine C, par exemple, intervient dans l’hydroxylation de la proline et de la lysine au cours de la biosynthèse du collagène. Le zinc participe à de très nombreuses réactions enzymatiques et contribue au maintien d’une peau normale. La vitamine A intervient dans la différenciation cellulaire et la physiologie des tissus épithéliaux, tandis que la vitamine E participe à la protection des cellules contre le stress oxydatif.
Après 45 ou 50 ans, la question nutritionnelle ne devrait donc pas se réduire à « quel complément anti-rides prendre ? ». La question scientifiquement plus pertinente est : la peau dispose-t-elle de l’ensemble des substrats et micronutriments nécessaires à son fonctionnement ?
C’est une différence fondamentale. La Cellular Nutrition® ne consiste pas à chercher une molécule magique. Elle consiste à considérer la peau comme un tissu vivant dont la qualité dépend d’un ensemble de processus biologiques interdépendants.
Soutenir la synthèse et l’hydratation n’est qu’une partie de la stratégie. Il faut aussi s’intéresser à ce qui accélère leur dégradation.
Les UV génèrent des espèces réactives de l’oxygène et activent différentes voies de signalisation qui favorisent notamment l’expression de matrix metalloproteinases, capables de dégrader le collagène de la matrice dermique. Avec le temps, exposition solaire et vieillissement intrinsèque s’additionnent. À la ménopause, cette accumulation rencontre un environnement hormonal moins favorable au maintien de la matrice cutanée.
Les antioxydants alimentaires prennent ici une dimension particulière. Leur rôle n’est pas d’« éliminer tous les radicaux libres » — les espèces réactives de l’oxygène participent également à la signalisation cellulaire normale — mais de contribuer au maintien de l’équilibre redox.
Certains actifs font aujourd’hui l’objet d’études spécifiques en nutricosmétique. L’astaxanthine, par exemple, a été étudiée par voie orale pour ses effets sur l’hydratation, l’élasticité et la réponse de la peau aux UV [19,20]. Vitamines C et E, caroténoïdes, polyphénols et autres composés bioactifs participent quant à eux à un environnement nutritionnel beaucoup plus large dans lequel la peau doit fonctionner.
Le message est simple : à la ménopause, préserver la peau ne consiste pas uniquement à essayer de fabriquer davantage de collagène. Il faut aussi limiter les facteurs qui participent à sa dégradation prématurée.
C’est probablement l’un des territoires les plus récents et les plus fascinants de la recherche sur la ménopause.
Notre microbiote intestinal contient des communautés bactériennes capables de participer au métabolisme des œstrogènes. L’ensemble des gènes microbiens impliqués dans ces transformations est généralement désigné sous le terme d’estrobolome [21–23].
Une partie des œstrogènes métabolisés par le foie est conjuguée puis excrétée dans la bile. Certaines enzymes produites par des bactéries intestinales, notamment les β-glucuronidases, peuvent déconjuguer ces métabolites, permettant à une fraction des œstrogènes d’être réabsorbée dans la circulation. Le microbiome intestinal participe donc, parmi de nombreux autres mécanismes, à la régulation du métabolisme et de la disponibilité systémique des œstrogènes [21–23].
La relation fonctionne également dans l’autre sens : les œstrogènes influencent eux-mêmes l’écosystème intestinal. Leur diminution à la ménopause s’accompagne de modifications du microbiome dans plusieurs études, même si aucun profil microbien universel de la ménopause n’a encore été identifié [22–24].
Une revue publiée en 2026 souligne ainsi l’existence d’une relation bidirectionnelle entre alimentation, microbiome intestinal et physiologie œstrogénique pendant la ménopause. Les auteurs évoquent notamment le potentiel futur des stratégies alimentaires, synbiotiques et probiotiques, tout en soulignant que les données humaines restent encore insuffisantes pour définir une intervention microbiotique standardisée [24].
C’est une nouvelle façon de penser la ménopause : ovaires, intestin, microbiome, métabolisme hormonal, inflammation et peau ne fonctionnent pas dans des compartiments totalement indépendants.
Le gut-skin axis décrit les interactions entre microbiome intestinal, système immunitaire, métabolites microbiens, inflammation et physiologie cutanée. L’estrobolome ajoute potentiellement une nouvelle dimension à cette relation chez la femme ménopausée.
Une revue consacrée aux œstrogènes, au microbiome et à la santé dermique propose ainsi l’existence d’interactions entre le microbiote intestinal, le métabolisme œstrogénique et certains mécanismes impliqués dans la peau [21]. Le domaine reste émergent : nous sommes encore loin de pouvoir dire qu’une composition précise du microbiote permettra de restaurer une peau pré-ménopausique.
Mais le changement de perspective est majeur. La peau peut être influencée par des systèmes biologiques situés très loin de sa surface.
C’est exactement ce qui rend l’approche inside out si pertinente à cette période de la vie.
À 25 ans, une stratégie beauté peut facilement se concentrer sur l’éclat, l’hydratation superficielle ou la prévention solaire. À la ménopause, la question devient plus profonde.
La peau évolue parce que sa biologie évolue.
Moins d’œstrogènes. Une matrice dermique qui se modifie. Moins de collagène. Une hydratation plus difficile à maintenir. Une élasticité qui diminue. Plusieurs décennies d’exposition aux UV. Un environnement oxydatif et inflammatoire qui évolue. Et, potentiellement, un microbiome lui-même remodelé par la transition hormonale.
Une stratégie beauté moderne doit donc être capable de regarder simultanément la surface et l’intérieur.
La cosmétique topique agit sur la peau depuis l’extérieur. La photoprotection reste absolument fondamentale. La dermatologie esthétique peut intervenir sur d’autres dimensions. Et la nutrition apporte une quatrième approche : fournir de l’intérieur des nutriments et des actifs capables de soutenir certains mécanismes dont dépend la qualité cutanée.
C’est le territoire de la Beauty 3.0.
C’est précisément dans ce contexte que SKIN N°11, formulé par le Dr. Valérie ESPINASSE selon les principes de la Cellular Nutrition®, prend tout son sens.
Sa formulation associe plusieurs dimensions de la physiologie cutanée plutôt que de se concentrer sur un mécanisme unique : acide hyaluronique, collagène marin, astaxanthine, Centella asiatica, vitamine E, zinc, vitamine A et probiotiques.
L’acide hyaluronique inscrit la formule dans une stratégie d’hydratation et de matrice extracellulaire. Le collagène marin apporte la dimension structurelle. L’astaxanthine et la vitamine E participent à la stratégie antioxydante. La Centella asiatica complète l’approche de la qualité cutanée. Vitamine A et zinc apportent des micronutriments essentiels à la physiologie de la peau. Enfin, Bifidobacterium lactis et Lactobacillus casei intègrent le microbiome à cette vision globale.
SKIN N°11 apporte notamment 179,5 mg d’acide hyaluronique, alors que plusieurs essais cliniques positifs sur l’acide hyaluronique oral ont utilisé 120 mg par jour [15–17]. Cette comparaison ne permet pas de transposer directement les résultats de ces essais à la formule SKIN ni de conclure qu’une dose supérieure entraîne un bénéfice supérieur, mais elle illustre la place centrale donnée à cet actif dans la formulation.
L’objectif est cohérent avec ce que la peau réclame particulièrement lorsque l’environnement hormonal change : soutenir son hydratation, sa structure, sa protection antioxydante et son équilibre biologique de l’intérieur.
La ménopause change la peau. La science est désormais suffisamment solide pour l’affirmer. Mais comprendre ces mécanismes permet précisément de sortir d’une vision fataliste du vieillissement cutané.
Nous savons pourquoi le collagène diminue. Nous comprenons mieux le rôle des œstrogènes dans la matrice dermique. Nous pouvons mesurer l’évolution de l’hydratation et de l’élasticité. Des essais contrôlés montrent que certains actifs nutritionnels administrés par voie orale peuvent améliorer plusieurs de ces paramètres [12,13,15–20]. Et de nouvelles recherches commencent à révéler les interactions beaucoup plus complexes entre nutrition, microbiome, œstrogènes, inflammation et peau [21–24].
La beauté après 45 ans ne consiste donc pas à essayer de retrouver exactement la peau de ses 25 ans.
Elle consiste à comprendre la nouvelle biologie de sa peau et à lui donner ce dont elle a besoin pour fonctionner au mieux.
C’est une vision plus moderne du healthy aging. Plus biologique. Plus individualisée. Et surtout plus intéressante que la simple lutte contre les rides.
La ménopause ne marque pas la fin de la beauté. Elle marque un changement de stratégie.
SKINCARE FROM THE OUTSIDE. CELLULAR NUTRITION® FROM THE INSIDE.
[1] Menopause and the skin: old favorites and new innovations in cosmeceuticals for estrogen-deficient skin. Revue consacrée aux modifications cutanées liées à la ménopause, au rôle des œstrogènes et aux stratégies thérapeutiques.
[2] Thornton MJ. Estrogens and Aging Skin. Dermato-Endocrinology. Travaux sur les récepteurs aux œstrogènes et les effets cutanés de la signalisation œstrogénique.
[3] Thornton MJ. The Biological Actions of Estrogens on Skin. Revue des mécanismes moléculaires et cellulaires reliant œstrogènes, fibroblastes, kératinocytes et physiologie cutanée.
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[5] Brincat M, et al. Skin collagen changes in post-menopausal women receiving different regimens of estrogen therapy. Travaux historiques sur collagène, épaisseur cutanée et ménopause.
[6] Piérard GE, et al. Effect of hormone replacement therapy on skin aging characteristics. Travaux sur les propriétés biomécaniques de la peau postménopausique.
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[9] Shuster S, Black MM, McVitie E. The influence of age and sex on skin thickness, skin collagen and density. British Journal of Dermatology. Étude historique de référence sur l’évolution du collagène et de l’épaisseur cutanée avec l’âge.
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[13] Oral intake of collagen peptide NS improves hydration, elasticity, desquamation, and wrinkling in human skin: a randomized, double-blinded, placebo-controlled study. Essai sur 100 femmes montrant des améliorations significatives de l’hydratation, de l’élasticité et des rides.
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[14] Efficacy and Safety of Topical or Oral Hydrolyzed Collagen in Women with Dermatoporosis: A Randomized, Double-Blind, Factorial Design Study. Essai chez des femmes ménopausées présentant une dermatoporose, sans bénéfice significatif du collagène oral dans cette population pathologique.
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[23] The gut microbiota in menopause: Is there a role for prebiotic and probiotic solutions? Revue sur les modifications du microbiote à la ménopause et les perspectives prébiotiques/probiotiques.
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