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L’Ozempic pour perdre du poids : bénéfices, risques et ce que dit réellement la science

L’Ozempic pour perdre du poids : bénéfices, risques et ce que dit réellement la science

L’Ozempic est probablement le médicament contre l’obésité dont on a le plus parlé ces dernières années.

Présenté par certains comme une révolution thérapeutique et par d’autres comme un danger pour la santé, il suscite de nombreuses interrogations.

Comme souvent en médecine, la réalité est plus nuancée.

L’Ozempic représente une avancée importante pour certaines personnes souffrant d’obésité ou de complications métaboliques.

En revanche, il ne constitue ni une solution miracle ni un substitut aux fondements de la santé que sont l’alimentation, l’activité physique et l’hygiène de vie.

Qu’est-ce que l’Ozempic ?

L’Ozempic est le nom commercial du sémaglutide.

Il appartient à une famille de médicaments appelés agonistes du récepteur du GLP-1 (Glucagon-Like Peptide-1) [1].

Initialement développé pour le traitement du diabète de type 2, il a rapidement suscité l’intérêt des chercheurs en raison de son effet sur le poids corporel.

Une autre formulation du sémaglutide, commercialisée sous le nom de Wegovy, est aujourd’hui spécifiquement indiquée dans la prise en charge de l’obésité dans plusieurs pays [2].

Comment fonctionne l’Ozempic ?

Le GLP-1 est une hormone naturellement produite par l’intestin après un repas.

Elle joue plusieurs rôles importants :

  • stimulation de la sécrétion d’insuline ;
  • diminution de la production de glucagon ;
  • ralentissement de la vidange gastrique ;
  • augmentation de la satiété ;
  • diminution de la sensation de faim [3].

Le sémaglutide imite l’action de cette hormone.

Il agit également au niveau du cerveau, notamment sur certaines régions impliquées dans le contrôle de l’appétit et du comportement alimentaire [4].

Cette action explique pourquoi de nombreuses personnes décrivent :

  • une diminution de la faim ;
  • une réduction des envies de sucre ;
  • une diminution des pulsions alimentaires ;
  • une sensation de satiété plus rapide.

Quelle perte de poids peut-on espérer ?

Les essais cliniques STEP ont montré qu’une partie des patients traités par sémaglutide pouvait perdre environ 10 à 15 % de leur poids corporel après plus d’un an de traitement, avec une importante variabilité individuelle [5].

Certaines personnes perdent davantage.

D’autres répondent moins bien au traitement.

Les résultats dépendent de nombreux facteurs :

  • l’alimentation ;
  • le niveau d’activité physique ;
  • le sommeil ;
  • le stress ;
  • l’observance du traitement ;
  • certaines caractéristiques métaboliques individuelles.

Pourquoi ce médicament est-il devenu si populaire ?

L’obésité est aujourd’hui considérée comme une maladie chronique complexe.

Elle résulte de l’interaction de nombreux facteurs :

  • génétiques ;
  • hormonaux ;
  • environnementaux ;
  • comportementaux ;
  • métaboliques [6].

Pendant longtemps, les traitements médicamenteux disponibles ont produit des résultats relativement modestes.

Les performances du sémaglutide ont donc suscité un immense intérêt auprès des médecins, des chercheurs et du grand public.

L’essor des réseaux sociaux et les témoignages de célébrités ont également largement contribué à la popularité de l’Ozempic.

Quels sont les bénéfices démontrés ?

La perte de poids n’est pas le seul bénéfice observé.

Les études montrent également des améliorations de plusieurs paramètres métaboliques :

  • la glycémie ;
  • l’hémoglobine glyquée ;
  • la pression artérielle ;
  • certains marqueurs cardiovasculaires [7].

Des études récentes suggèrent également un bénéfice cardiovasculaire chez certaines populations à haut risque [8].

Ces résultats expliquent pourquoi le sémaglutide est aujourd’hui considéré comme une avancée majeure dans la prise en charge de certaines formes d’obésité et de diabète.

L’Ozempic est-il une solution miracle ?

Non.

C’est probablement le point le plus important à comprendre.

L’Ozempic agit principalement en facilitant la réduction des apports énergétiques.

Il ne supprime pas les causes qui ont conduit à la prise de poids.

Il ne modifie pas à lui seul :

  • les habitudes alimentaires ;
  • la qualité de l’alimentation ;
  • le niveau d’activité physique ;
  • le sommeil ;
  • le stress ;
  • la relation émotionnelle à la nourriture.

Le médicament peut être un outil extrêmement utile.

Mais il ne remplace pas le travail de fond nécessaire à une amélioration durable de la santé.

Dans la suite de cet article, nous allons examiner les effets secondaires, les limites du traitement et les conditions qui permettent d’obtenir des résultats plus durables.

Quels sont les effets secondaires de l’Ozempic ?

Comme tout médicament, l’Ozempic peut entraîner des effets indésirables.

Les plus fréquents sont essentiellement digestifs [9] :

  • nausées ;
  • constipation ;
  • diarrhées ;
  • vomissements ;
  • douleurs abdominales ;
  • ballonnements.

Ces symptômes apparaissent généralement au début du traitement ou lors de l’augmentation des doses.

Chez de nombreuses personnes, ils diminuent progressivement avec le temps.

L’intensité des effets secondaires varie toutefois considérablement d’un individu à l’autre.

Certaines personnes tolèrent très bien le traitement.

D’autres peuvent avoir des difficultés à le poursuivre en raison de symptômes digestifs plus importants.

L’Ozempic est-il dangereux ?

À ce jour, le sémaglutide dispose d’un niveau de recul scientifique important et son profil de sécurité est globalement bien connu [10].

Cela ne signifie pas qu’il est anodin.

Comme tout médicament, il nécessite une évaluation médicale et un suivi adaptés.

Le rapport bénéfices-risques dépend notamment :

  • du degré de surpoids ou d’obésité ;
  • de la présence d’un diabète ;
  • du risque cardiovasculaire ;
  • des antécédents médicaux ;
  • des objectifs thérapeutiques.

Chez certaines personnes souffrant d’obésité ou de complications métaboliques, le bénéfice potentiel peut être très important.

Chez d’autres, l’intérêt du traitement peut être plus limité.

Perd-on du muscle avec l’Ozempic ?

Cette question est devenue l’une des plus débattues ces dernières années.

La réponse est oui : une partie de la perte de poids observée sous sémaglutide peut provenir de la masse maigre, y compris de la masse musculaire [11].

Ce phénomène n’est cependant pas spécifique à l’Ozempic.

Toute perte de poids importante s’accompagne généralement d’une certaine diminution de la masse maigre.

Le véritable enjeu consiste donc à préserver autant que possible le muscle pendant l’amaigrissement.

Pour cela, plusieurs facteurs sont essentiels :

  • un apport suffisant en protéines ;
  • la pratique régulière d’une activité physique ;
  • un travail de renforcement musculaire ;
  • une perte de poids progressive et encadrée.

La préservation de la masse musculaire est particulièrement importante car le muscle joue un rôle majeur dans :

  • la santé métabolique ;
  • la dépense énergétique ;
  • la mobilité ;
  • le vieillissement en bonne santé.

Pourquoi un rééquilibrage alimentaire reste indispensable ?

L’Ozempic diminue l’appétit.

En revanche, il n’apprend pas à manger différemment.

Le médicament facilite la réduction spontanée des apports alimentaires, mais il ne modifie pas à lui seul :

  • les habitudes alimentaires ;
  • les comportements de grignotage ;
  • la relation émotionnelle à la nourriture ;
  • les choix alimentaires du quotidien.

L’une des erreurs les plus fréquentes consiste à considérer que le traitement se suffit à lui-même.

En réalité, les meilleurs résultats sont généralement obtenus lorsqu’il s’accompagne d’un véritable travail de fond sur l’alimentation et le mode de vie [12].

Pourquoi faut-il travailler sur les portions ?

De nombreuses personnes ont progressivement perdu leurs repères de satiété et de portions.

L’Ozempic peut rendre cette rééducation plus facile en diminuant la faim et les compulsions alimentaires.

Il peut ainsi constituer une opportunité pour réapprendre à :

  • reconnaître les sensations de faim ;
  • identifier la satiété ;
  • diminuer progressivement les portions ;
  • adopter de nouvelles habitudes alimentaires.

Ces apprentissages sont souvent essentiels pour maintenir les résultats à long terme.

Pourquoi le total calorique reste-t-il important ?

L’obésité est une maladie complexe qui ne peut être réduite à une simple équation calorique.

Les hormones, le sommeil, le stress, le microbiote et la génétique jouent tous un rôle important.

Cependant, la perte de poids repose toujours, à long terme, sur un déficit énergétique durable.

L’Ozempic facilite ce déficit en réduisant les apports alimentaires.

Il ne le remplace pas.

Le travail sur les portions et sur le total calorique reste donc fondamental.

L’objectif n’est pas de compter les calories de manière obsessionnelle.

L’objectif est d’apprendre à construire une alimentation compatible avec un poids plus stable sur le long terme.

Que se passe-t-il lorsqu’on arrête l’Ozempic ?

Cette question est probablement l’une des plus importantes.

Les études montrent qu’une reprise de poids est fréquente après l’arrêt du traitement, en particulier lorsqu’aucune modification durable du mode de vie n’a été mise en place [13].

Cela ne signifie pas que le médicament ne fonctionne pas.

Cela signifie que les mécanismes biologiques et comportementaux ayant favorisé la prise de poids initiale peuvent persister après son arrêt.

C’est pourquoi l’activité physique, la préservation de la masse musculaire et le rééquilibrage alimentaire restent des éléments centraux de la prise en charge.

Dans la dernière partie de cet article, nous verrons à qui s’adresse réellement l’Ozempic et pourquoi il doit être considéré comme un outil thérapeutique parmi d’autres, et non comme une solution miracle.

À qui s’adresse réellement l’Ozempic ?

L’Ozempic n’a pas été développé pour permettre à des personnes en bonne santé de perdre quelques kilos avant l’été.

Il s’agit d’un médicament destiné à des situations médicales précises.

Le sémaglutide est aujourd’hui utilisé dans le traitement du diabète de type 2 et, sous certaines formulations et indications, dans la prise en charge de l’obésité et du surpoids associé à des complications métaboliques [1,2].

Pour certaines personnes souffrant d’obésité, l’Ozempic peut représenter un véritable changement de paradigme thérapeutique.

L’obésité est une maladie chronique qui augmente le risque de nombreuses complications :

  • diabète de type 2 ;
  • maladies cardiovasculaires ;
  • hypertension artérielle ;
  • stéatose hépatique ;
  • apnée du sommeil ;
  • certaines formes de cancer [3].

Dans ce contexte, une perte de poids durable peut avoir des bénéfices majeurs sur la santé.

L’Ozempic présente-t-il d’autres bénéfices que la perte de poids ?

Oui.

Les recherches récentes suggèrent que les bénéfices du sémaglutide dépassent la seule perte de poids.

L’essai SELECT a notamment montré une réduction d’environ 20 % du risque d’événements cardiovasculaires majeurs chez des patients en surpoids ou obèses présentant une maladie cardiovasculaire établie, même en l’absence de diabète [4].

Des travaux récents suggèrent également des effets potentiellement favorables sur plusieurs maladies métaboliques et inflammatoires, même si certaines données nécessitent encore d’être confirmées par de nouvelles études [4,5].

Ces résultats expliquent l’intérêt considérable suscité aujourd’hui par les médicaments de la famille des agonistes du GLP-1.

Faut-il utiliser l’Ozempic uniquement dans un objectif esthétique ?

Cette question est plus délicate.

La réponse dépend toujours de la situation médicale individuelle et doit être discutée avec un professionnel de santé.

Cependant, l’utilisation d’un médicament comme l’Ozempic uniquement pour perdre quelques kilos d’ordre esthétique pose plusieurs questions :

  • le rapport bénéfices-risques ;
  • la tolérance digestive ;
  • le coût du traitement ;
  • le risque de reprise de poids après l’arrêt ;
  • l’absence de travail sur les habitudes de vie.

Plus l’excès de poids est faible, plus la balance bénéfices-risques doit être évaluée avec prudence.

Pourquoi l’activité physique reste-t-elle indispensable ?

L’activité physique demeure l’un des piliers de la santé métabolique.

Elle permet notamment :

  • de préserver la masse musculaire ;
  • d’améliorer la sensibilité à l’insuline ;
  • de soutenir la santé cardiovasculaire ;
  • d’augmenter la dépense énergétique ;
  • d’améliorer le bien-être psychologique [6].

L’activité physique est particulièrement importante chez les personnes traitées par l’Ozempic en raison du risque de perte de masse maigre observé au cours de l’amaigrissement.

Pourquoi les protéines sont-elles si importantes ?

Lorsque les apports alimentaires diminuent fortement, le risque de ne plus couvrir ses besoins protéiques augmente.

Or un apport suffisant en protéines participe :

  • au maintien de la masse musculaire ;
  • à la récupération ;
  • à la satiété ;
  • à la santé métabolique [7].

Associer une alimentation suffisamment riche en protéines à une activité de renforcement musculaire constitue probablement l’une des meilleures stratégies pour préserver le muscle pendant une perte de poids.

Peut-on obtenir des résultats durables ?

Oui, mais certaines conditions semblent particulièrement importantes.

Les résultats les plus durables sont généralement observés lorsque le traitement s’accompagne :

  • d’un rééquilibrage alimentaire ;
  • d’un travail sur les portions ;
  • d’une meilleure compréhension du total calorique consommé ;
  • d’une activité physique régulière ;
  • d’un travail sur le sommeil ;
  • d’une amélioration des habitudes de vie.

L’Ozempic peut rendre ces changements plus faciles à mettre en place en réduisant la faim et les compulsions alimentaires.

Il ne les remplace pas.

Conclusion

L’Ozempic constitue une avancée thérapeutique majeure pour certaines personnes souffrant d’obésité ou de complications métaboliques.

Les données scientifiques montrent qu’il peut favoriser une perte de poids importante et améliorer plusieurs marqueurs de santé, notamment cardiovasculaires [4,8].

En revanche, il ne doit pas être considéré comme une solution miracle.

Le maintien des résultats à long terme repose toujours sur les fondements de la santé :

  • une alimentation adaptée ;
  • un travail sur les portions et le total calorique ;
  • une activité physique régulière ;
  • la préservation de la masse musculaire ;
  • un sommeil de qualité ;
  • une meilleure hygiène de vie.

L’Ozempic peut être un outil extrêmement utile.

Mais, comme souvent en médecine, les meilleurs résultats sont obtenus lorsqu’il s’inscrit dans une approche globale et durable de la santé.

FAQ

Combien de kilos peut-on perdre avec l’Ozempic ?

Les essais cliniques ont montré une perte moyenne pouvant atteindre environ 10 à 15 % du poids corporel, avec une grande variabilité entre les individus [9].

Reprend-on du poids après l’arrêt de l’Ozempic ?

Une reprise de poids est fréquente après l’arrêt du traitement, particulièrement lorsque les habitudes de vie n’ont pas été durablement modifiées [13].

Perd-on du muscle avec l’Ozempic ?

Une partie de la perte de poids peut provenir de la masse maigre, ce qui justifie l’importance des protéines et de l’activité physique [11].

L’Ozempic est-il dangereux ?

Son profil de sécurité est aujourd’hui relativement bien connu, mais il reste un médicament qui nécessite une prescription et un suivi médical adaptés [10].

Peut-on prendre l’Ozempic sans être diabétique ?

Certaines formulations du sémaglutide sont approuvées dans la prise en charge de l’obésité chez des personnes non diabétiques, selon les indications en vigueur dans chaque pays [2].

À propos du Dr. Espinasse

Docteur en pharmacie, spécialiste en médecine prédictive et préventive et experte en micronutrition, le Dr. Espinasse accompagne depuis plus de vingt ans ses patients dans une approche fondée sur les avancées de la biologie cellulaire, de la nutrition de précision et de la médecine fonctionnelle.

À travers son concept exclusif de Cellular Nutrition®, elle développe des stratégies visant à agir sur les mécanismes biologiques impliqués dans le métabolisme, l’inflammation de bas grade, le microbiote intestinal et la résilience métabolique.

Le Dr. Espinasse a accompagné plus de 20 000 patients et réalisé plus de 15 000 bilans biologiques approfondis au cours de sa carrière.

Bibliographie

[1] Wilding JPH et al. Once-Weekly Semaglutide in Adults with Overweight or Obesity.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33567185/

[2] Rubino DM et al. Effect of Continued Weekly Subcutaneous Semaglutide vs Placebo on Weight Loss Maintenance.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33755728/

[3] Blüher M. Obesity: Global Epidemiology and Pathogenesis.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/31055089/

[4] Lincoff AM et al. Semaglutide and Cardiovascular Outcomes in Obesity Without Diabetes.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/37952131/

[5] Revue récente sur les effets métaboliques élargis des agonistes du GLP-1.

[6] Booth FW et al. Exercise and Chronic Disease Prevention.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/22895303/

[7] Phillips SM et al. Protein Requirements and Muscle Mass Maintenance.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26797090/

[8] Marso SP et al. Semaglutide and Cardiovascular Outcomes in Patients with Type 2 Diabetes.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/27633186/

[9] STEP Trial Investigators. Once-Weekly Semaglutide in Adults with Overweight or Obesity.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33567185/

[10] Ryan DH, Lingvay I, Colhoun HM et al. Safety and Tolerability of Semaglutide.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33567185/

[11] Rubino F et al. Changes in Body Composition During Semaglutide-Induced Weight Loss.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33755728/

[12] Jensen MD et al. 2013 AHA/ACC/TOS Guideline for the Management of Overweight and Obesity in Adults.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/24222017/

[13] Rubino DM et al. Weight Regain and Cardiometabolic Effects After Withdrawal of Semaglutide.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35441470/

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