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EXOSOMES & GROWTH FACTORS : LA NOUVELLE FRONTIÈRE DE LA RÉGÉNÉRATION CUTANÉE ?

EXOSOMES & GROWTH FACTORS : LA NOUVELLE FRONTIÈRE DE LA RÉGÉNÉRATION CUTANÉE ?

Vésicules extracellulaires, communication cellulaire, facteurs de croissance, fibroblastes et collagène : ce que la science dit réellement des exosomes pour la peau

Et si la prochaine révolution de la peau ne consistait plus simplement à lui apporter des actifs, mais à intervenir dans les messages que ses cellules s’échangent ?

Depuis quelques années, un nouveau mot s’est imposé dans l’univers de la médecine esthétique et de la cosmétique anti-âge :

exosomes.

Sérums aux exosomes.

Soins aux exosomes.

Exosomes après laser.

Exosomes associés au microneedling.

Exosomes de cellules souches.

Exosomes végétaux.

Exosome therapy.

Exosome facial.

Les promesses sont considérables : stimuler le collagène, accélérer la régénération cutanée, améliorer les rides, réparer les dommages liés aux UV, réduire l’inflammation, améliorer l’hydratation ou encore « rajeunir » la communication entre les cellules.

Derrière cette nouvelle fascination se trouve pourtant une réalité biologique beaucoup plus intéressante que le discours marketing.

Nos cellules ne vivent pas isolément.

Elles communiquent.

En permanence.

Et une partie de cette communication peut s’effectuer par l’intermédiaire de minuscules structures entourées d’une membrane :

les vésicules extracellulaires — extracellular vesicles ou EVs.

Ces vésicules peuvent transporter différents constituants biologiques d’une cellule vers son environnement et participer à la communication intercellulaire [1].

C’est cette propriété qui explique aujourd’hui l’intérêt considérable des chercheurs pour les EVs dans des domaines aussi différents que la biologie cellulaire, la médecine régénérative, la cicatrisation et, désormais, le vieillissement cutané.

Mais avant de parler de « régénération par les exosomes », une première clarification s’impose.

Car une grande partie de ce que l’industrie appelle aujourd’hui :

« exosomes »

ne devrait pas nécessairement être appelée ainsi.

Qu’est-ce qu’un exosome ?

Pour comprendre les exosomes, il faut commencer par une catégorie biologique plus large :

les vésicules extracellulaires.

Selon les recommandations internationales MISEV2023 de l’International Society for Extracellular Vesicles — ISEV, une vésicule extracellulaire est une particule libérée par une cellule, délimitée par une bicouche lipidique et incapable de se répliquer de manière autonome [1].

Autrement dit, il s’agit d’une sorte de :

microparticule biologique entourée d’une membrane.

Mais cette définition ne signifie pas que toutes les vésicules extracellulaires sont des exosomes.

Le terme exosome fait historiquement référence à un sous-type d’EV associé à une voie particulière de biogenèse intracellulaire, notamment au système endosomal et aux corps multivésiculaires.

Et c’est précisément là que le vocabulaire devient important.

Tous les « exosomes » sont-ils réellement des exosomes ?

Pas nécessairement.

Les recommandations MISEV2023 demandent aux chercheurs d’être particulièrement prudents avec les termes reposant sur la biogenèse, comme :

exosome

ou

ectosome.

Pourquoi ?

Parce qu’il est souvent extrêmement difficile de démontrer précisément l’origine subcellulaire de chaque population de vésicules isolée [1].

Une préparation peut contenir des particules présentant une taille compatible avec ce que l’on appelle couramment des « exosomes ».

Elle peut exprimer certains marqueurs associés aux EVs.

Elle peut avoir été isolée à partir d’un milieu conditionné.

Cela ne suffit pas nécessairement à démontrer que toutes les particules présentes sont issues de la voie endosomale permettant de les qualifier rigoureusement d’exosomes.

C’est pourquoi l’ISEV recommande généralement d’utiliser le terme :

extracellular vesicles — EVs

lorsque la biogenèse précise n’a pas été démontrée [1].

Cette nuance peut sembler extrêmement technique.

Elle est pourtant essentielle.

Car le mot exosome est aujourd’hui devenu un argument marketing.

Alors qu’en biologie, c’est d’abord :

un terme qui doit correspondre à une réalité expérimentale démontrée.

Dans cet article, nous utiliserons donc le terme EV lorsque la littérature ne permet pas d’affirmer avec certitude qu’une préparation est constituée spécifiquement d’exosomes.

Lorsque nous parlerons d’une étude dont les auteurs utilisent explicitement le terme « exosomes », nous conserverons leur terminologie tout en gardant cette distinction en tête.

Pourquoi les cellules produisent-elles des vésicules extracellulaires ?

Parce qu’une cellule doit constamment communiquer avec son environnement.

Pendant longtemps, la communication cellulaire a surtout été envisagée à travers des molécules solubles :

hormones,

cytokines,

facteurs de croissance,

neurotransmetteurs.

Une cellule libère un signal.

Ce signal se déplace.

Il rencontre une autre cellule.

Il se fixe éventuellement à un récepteur.

Et il modifie son comportement.

Mais les EVs ont considérablement enrichi notre compréhension de cette communication.

Au lieu d’envoyer uniquement une molécule isolée, une cellule peut libérer une structure membranaire capable de transporter un ensemble de constituants biologiques.

On peut presque l’imaginer comme :

un colis biologique envoyé d’une cellule à une autre.

L’analogie est imparfaite.

Mais elle permet de comprendre pourquoi les EVs suscitent autant d’intérêt.

Que contiennent les extracellular vesicles ?

Selon leur cellule d’origine, les conditions dans lesquelles cette cellule évolue et les méthodes utilisées pour isoler les EVs, leur composition peut varier considérablement.

Les EVs peuvent transporter notamment :

des protéines ;

des lipides ;

des ARN ;

et différentes molécules biologiquement actives [1].

Certaines populations peuvent transporter des ARN messagers ou différents types de petits ARN régulateurs, notamment des microARN.

Cela signifie qu’une EV n’est pas simplement une enveloppe vide.

Elle peut constituer un vecteur d’information biologique.

Et lorsqu’une cellule réceptrice interagit avec cette vésicule ou son contenu, son comportement peut potentiellement être modifié.

Expression génique.

Inflammation.

Stress oxydatif.

Prolifération.

Migration.

Production de matrice extracellulaire.

Les conséquences dépendent entièrement du contexte biologique.

C’est précisément pourquoi parler « des exosomes » comme s’il s’agissait d’un actif unique est scientifiquement problématique.

Un exosome n’est pas un ingrédient

C’est une distinction fondamentale.

Lorsque nous parlons de :

rétinol,

vitamine C,

niacinamide

ou même d’un peptide défini comme :

Acetyl Hexapeptide-8,

nous parlons de molécules dont l’identité chimique peut être précisément caractérisée.

Une préparation d’EVs est radicalement différente.

Son contenu dépend notamment :

du type de cellule qui l’a produite ;

de son état physiologique ;

des conditions de culture ;

du milieu ;

de la méthode de collecte ;

de la méthode d’isolation ;

de la purification ;

du stockage ;

de la caractérisation du produit final.

Les recommandations MISEV insistent précisément sur l’importance de ces variables pré-analytiques et expérimentales [1].

Deux produits présentés comme :

« exosome serum »

peuvent donc être biologiquement extrêmement différents.

Ils peuvent provenir de sources différentes.

Contenir des populations de vésicules différentes.

Présenter des niveaux de pureté différents.

Transporter des cargaisons biologiques différentes.

Et être formulés de manière différente.

Dire :

« les exosomes font X »

est donc souvent trop simplificateur.

La vraie question devrait être :

quelles vésicules, produites par quelles cellules, préparées comment, contenant quoi, administrées de quelle manière et à quelle dose ?

Pourquoi les cellules souches apparaissent-elles partout dans l’univers des exosomes ?

Parce qu’une grande partie de la recherche en médecine régénérative s’est intéressée aux mesenchymal stem/stromal cells — MSCs et à leurs effets sur les tissus.

Pendant longtemps, une partie de ces effets était principalement attribuée à la capacité des cellules elles-mêmes à s’implanter, se différencier ou remplacer des cellules endommagées.

La compréhension du phénomène a évolué.

Une partie importante de leurs effets semble pouvoir être médiée par leur activité paracrine :

autrement dit, par les signaux qu’elles libèrent dans leur environnement.

Parmi ces signaux figurent notamment des molécules solubles mais également des extracellular vesicles.

Cette observation a contribué à faire émerger une idée particulièrement intéressante :

et si certains effets biologiques associés aux cellules pouvaient être obtenus sans administrer les cellules elles-mêmes, mais en exploitant une partie des messages qu’elles produisent ?

C’est l’une des raisons pour lesquelles les EVs dérivées de cellules souches mésenchymateuses sont aujourd’hui autant étudiées.

Pourquoi les exosomes intéressent-ils autant la recherche sur le vieillissement cutané ?

Parce que le vieillissement de la peau est lui-même un phénomène de communication cellulaire autant que de structure.

Une peau jeune ne se résume pas à :

« beaucoup de collagène ».

Elle dépend d’un réseau dynamique impliquant :

kératinocytes,

fibroblastes,

cellules immunitaires,

mélanocytes,

cellules endothéliales,

matrice extracellulaire,

médiateurs inflammatoires,

facteurs de croissance,

stress oxydatif,

signaux mécaniques.

Avec l’âge et l’exposition répétée aux facteurs environnementaux, cette communication évolue.

Certaines cellules deviennent sénescentes.

Le stress oxydatif augmente.

La signalisation inflammatoire peut se modifier.

Les mécanismes de réparation deviennent moins efficaces.

La matrice extracellulaire est progressivement remodelée.

Et le rapport entre :

synthèse

et

dégradation

du collagène peut se déséquilibrer.

C’est dans ce contexte que les EVs deviennent particulièrement intéressantes.

Parce qu’elles pourraient théoriquement intervenir non pas sur une seule molécule, mais sur plusieurs réseaux de signalisation simultanément.

Le vieillissement cutané est aussi un problème de fibroblastes

Au cœur du derme se trouvent notamment les :

fibroblastes.

Ces cellules participent à la production et au remodelage de la matrice extracellulaire.

Cette matrice comprend notamment :

collagènes ;

élastine ;

glycosaminoglycanes ;

et de nombreuses protéines structurales et régulatrices.

Avec le vieillissement intrinsèque et le photovieillissement, la biologie des fibroblastes se modifie.

Leur environnement change.

Le réseau de collagène se fragmente.

Les signaux mécaniques qu’ils reçoivent évoluent.

Et certains fibroblastes peuvent entrer dans un état de :

sénescence cellulaire.

Qu’est-ce qu’une cellule sénescente ?

Une cellule sénescente est une cellule qui a cessé de se diviser de manière durable en réponse à différents stress, tout en restant métaboliquement active.

C’est important.

Sénescente ne signifie pas morte.

La cellule reste présente.

Et elle peut continuer à communiquer avec son environnement.

Certaines cellules sénescentes développent ce que l’on appelle un :

senescence-associated secretory phenotype — SASP.

Elles peuvent alors libérer différents médiateurs susceptibles d’influencer :

l’inflammation,

la matrice extracellulaire,

les cellules voisines,

et le microenvironnement tissulaire.

La sénescence est un mécanisme biologique complexe qui possède également des fonctions physiologiques utiles dans certains contextes.

Mais son accumulation avec l’âge est considérée comme l’un des mécanismes participant au vieillissement tissulaire.

Pour la peau, la question devient donc fascinante :

peut-on modifier les signaux reçus par un fibroblaste vieillissant ?

Exosomes et fibroblastes : que montrent les expériences ?

Plusieurs travaux précliniques suggèrent que certaines EVs dérivées de cellules souches peuvent modifier des paramètres associés au vieillissement des fibroblastes.

Dans une étude utilisant des fibroblastes dermiques humains, des exosomes dérivés de cellules souches adipeuses ont été associés à une augmentation de l’expression du collagène de type I et à une diminution de plusieurs marqueurs associés au stress oxydatif et à la sénescence [2].

Les chercheurs ont notamment observé des modifications concernant :

les reactive oxygen species — ROS ;

SA-β-gal ;

p53 ;

p21 ;

p16 [2].

Ces résultats sont intéressants parce qu’ils suggèrent que l’effet expérimental ne se limite potentiellement pas à :

« produire plus de collagène ».

Il pourrait également concerner l’état biologique même du fibroblaste.

Mais attention :

une cellule cultivée dans une boîte de laboratoire n’est pas une peau humaine.

Ce type d’étude démontre une plausibilité mécanistique.

Pas une efficacité clinique anti-âge.

UV, ROS et collagène : comprendre le photovieillissement

Pour comprendre pourquoi certaines EVs pourraient être intéressantes pour la peau, il faut comprendre l’un des mécanismes fondamentaux du photovieillissement.

Lorsque la peau est exposée aux rayonnements ultraviolets, différents processus biologiques peuvent être activés.

Parmi eux :

la production de reactive oxygen species — ROS.

Les ROS ne sont pas intrinsèquement « mauvais ».

Ils participent également à différentes fonctions de signalisation physiologique.

Le problème apparaît lorsqu’un déséquilibre favorise un niveau de stress oxydatif capable d’endommager les constituants cellulaires et de modifier les voies de signalisation.

Dans le contexte du photovieillissement, les UV peuvent notamment favoriser :

stress oxydatif ;

inflammation ;

altérations de l’ADN ;

modification de la signalisation cellulaire ;

augmentation de certaines matrix metalloproteinases — MMPs.

Et les MMPs sont particulièrement importantes pour comprendre les rides.

Que sont les MMPs ?

Les matrix metalloproteinases, ou MMPs, sont une famille d’enzymes capables de participer au remodelage et à la dégradation de composants de la matrice extracellulaire.

Elles jouent des rôles physiologiques essentiels.

Mais leur dérégulation ou leur augmentation dans certains contextes peut contribuer à la dégradation de la matrice.

Dans le photovieillissement, certaines MMPs sont notamment impliquées dans le remodelage des fibres de collagène.

On peut donc simplifier une partie du phénomène ainsi :

UV → ROS et signaux cellulaires → augmentation de certaines MMPs → dégradation accrue de la matrice extracellulaire → altération du réseau de collagène.

Évidemment, la réalité biologique est beaucoup plus complexe.

Mais cette chaîne permet de comprendre pourquoi les chercheurs évaluent fréquemment dans les études anti-photoaging :

ROS ;

MMP-1 ;

MMP-3 ;

collagène de type I.

Les extracellular vesicles peuvent-elles protéger les fibroblastes des UV ?

Certaines expériences le suggèrent.

Dans un modèle de fibroblastes humains exposés aux UVB, des exosomes dérivés de cellules souches mésenchymateuses de moelle osseuse ont été associés à une diminution de plusieurs marqueurs de stress oxydatif et d’inflammation [3].

Les chercheurs ont également observé :

une diminution de MMP-1 ;

une diminution de MMP-3 ;

et

une augmentation de l’expression du collagène de type I [3].

Ce profil est particulièrement intéressant dans le contexte du photovieillissement.

Parce qu’il suggère potentiellement une action sur deux côtés de l’équation :

moins de signaux associés à la dégradation

et

davantage de signaux associés à la matrice.

Mais là encore, le mot essentiel est :

potentiellement.

Ces expériences ne signifient pas qu’un sérum cosmétique contenant le mot « exosomes » sur son emballage reproduira automatiquement ces effets sur le visage.

Exosomes et collagène : stimulent-ils vraiment la production de collagène ?

C’est aujourd’hui l’une des revendications les plus fréquentes.

Et la réponse scientifique nécessite plusieurs niveaux.

Niveau 1 : plausibilité biologique.

Oui.

Des études cellulaires montrent que certaines préparations d’EVs peuvent modifier l’expression de protéines et de gènes associés à la matrice extracellulaire, notamment le collagène [2,3].

Niveau 2 : modèles tissulaires et animaux.

Différentes études de médecine régénérative apportent également des données suggérant un effet des EVs sur la réparation et le remodelage tissulaire.

Niveau 3 : peau humaine.

Les données deviennent beaucoup plus limitées et hétérogènes.

Et c’est ce troisième niveau qui doit déterminer la force d’une promesse cosmétique ou esthétique.

Dire :

« certaines EVs ont augmenté l’expression du collagène I dans des fibroblastes humains cultivés »

est scientifiquement défendable lorsqu’une étude le montre.

Dire :

« les exosomes reconstruisent le collagène de votre peau »

est une extrapolation beaucoup plus importante.

Pourquoi les exosomes pourraient-ils avoir plusieurs effets à la fois ?

Parce qu’une EV n’est pas nécessairement porteuse d’un seul signal.

C’est l’une des différences conceptuelles majeures avec un actif moléculaire unique.

Un rétinoïde possède des interactions biologiques complexes, mais il s’agit d’une molécule définie.

Un peptide comme Argireline possède une séquence définie.

Une préparation d’EVs peut contenir une population hétérogène de vésicules transportant plusieurs types de constituants.

Cela crée la possibilité d’effets :

multicibles.

Mais cela crée également un problème scientifique considérable.

Plus le contenu est complexe, plus il devient difficile de déterminer :

quelle molécule produit quel effet.

Et plus il devient difficile de standardiser deux préparations.

Les exosomes transportent-ils des growth factors ?

Certaines EVs peuvent transporter ou être associées à différentes protéines impliquées dans la signalisation cellulaire.

Mais il serait incorrect de résumer une EV à :

« une capsule de facteurs de croissance ».

Les deux concepts doivent être distingués.

Les growth factors — facteurs de croissance sont des molécules de signalisation capables d’influencer le comportement des cellules.

Selon le facteur et le contexte, ils peuvent participer notamment à :

prolifération,

migration,

différenciation,

angiogenèse,

réparation tissulaire,

production de matrice extracellulaire.

Les EVs, elles, sont des structures membranaires pouvant transporter différents types de cargaison.

Une EV peut donc participer à la signalisation cellulaire sans être elle-même un « growth factor ».

Quels growth factors intéressent la peau ?

Dans la littérature dermatologique et régénérative, différents facteurs de croissance apparaissent régulièrement, notamment des membres de familles telles que :

EGF — Epidermal Growth Factor ;

FGF — Fibroblast Growth Factors ;

PDGF — Platelet-Derived Growth Factor ;

VEGF — Vascular Endothelial Growth Factor ;

TGF-β — Transforming Growth Factor Beta.

Mais leurs fonctions ne peuvent pas être résumées par :

« growth factor = régénération ».

Chaque voie possède ses propres récepteurs.

Ses propres cellules cibles.

Ses propres effets.

Ses propres mécanismes de régulation.

Et certains facteurs peuvent avoir des effets très différents selon :

la concentration,

le tissu,

le moment,

l’état physiologique,

les autres signaux présents.

En biologie, plus de signal ne signifie pas systématiquement meilleur signal.

Exosomes, growth factors, secretome et conditioned media : quelle différence ?

Le vocabulaire marketing mélange fréquemment ces quatre notions.

Pourtant, elles ne sont pas synonymes.

EXTRACELLULAR VESICLES / EVs

Particules membranaires libérées par les cellules et pouvant transporter différents constituants biologiques [1].

EXOSOMES

Sous-type d’EV défini par une biogenèse particulière. Le terme devrait idéalement être réservé aux situations où cette origine est démontrée [1].

GROWTH FACTORS

Molécules de signalisation pouvant moduler différentes fonctions cellulaires.

SECRETOME

Ensemble beaucoup plus large des éléments sécrétés par une cellule dans son environnement.

CONDITIONED MEDIUM

Milieu dans lequel des cellules ont été cultivées et qui peut donc contenir différents produits issus de leur activité sécrétoire.

Le conditioned medium peut ainsi contenir :

protéines solubles,

cytokines,

facteurs de croissance,

métabolites,

extracellular vesicles,

et d’autres constituants.

Un produit issu d’un milieu conditionné n’est donc pas automatiquement :

« un produit d’exosomes ».

Et une préparation d’EVs n’est pas automatiquement :

« un cocktail de growth factors ».

Pourquoi cette distinction est-elle importante pour le consommateur ?

Parce qu’un produit peut utiliser l’imaginaire scientifique des cellules souches, des exosomes et de la médecine régénérative sans nécessairement correspondre au type de préparation étudié dans une publication scientifique.

Une étude peut porter sur :

des EVs isolées et caractérisées provenant de cellules souches adipeuses humaines.

Un produit commercial peut contenir :

un filtrat de milieu conditionné.

Un autre peut contenir :

des vésicules végétales.

Un autre :

des liposomes synthétiques contenant des actifs.

Un autre encore peut utiliser le mot :

« exosome technology »

sans que le consommateur puisse déterminer précisément ce que contient la formule.

Ces produits ne peuvent pas être considérés comme scientifiquement interchangeables.

Les exosomes fonctionnent-ils réellement sur une peau humaine ?

Nous arrivons ici au point décisif.

Car les expériences cellulaires sont prometteuses.

Mais nous avons déjà rencontré ce problème avec les peptides :

une molécule ou une structure peut produire un effet remarquable lorsqu’elle est directement mise en contact avec une cellule.

La peau humaine impose une difficulté supplémentaire :

il faut atteindre la cible.

Et cette difficulté est encore plus importante pour une vésicule extracellulaire que pour de nombreuses petites molécules.

La couche la plus superficielle de l’épiderme :

le stratum corneum

est précisément conçue pour limiter le passage de substances provenant de l’environnement.

Alors une question devient incontournable :

comment une structure nanométrique complexe appliquée à la surface de la peau pourrait-elle atteindre des cellules situées plus profondément ?

C’est ici que la littérature clinique devient révélatrice.

Car une grande partie des études humaines les plus intéressantes n’a pas simplement appliqué des EVs sur une peau intacte.

Les chercheurs ont utilisé :

le microneedling.

Exosomes + microneedling : que montre l’étude humaine ?

Une étude prospective, randomisée et split-face publiée en 2023 a évalué une solution contenant des exosomes dérivés de cellules souches adipeuses humaines associée au microneedling chez :

28 participants présentant des signes de vieillissement facial [4].

Le principe du split-face est particulièrement intéressant.

Chaque participant sert en partie de contrôle à lui-même.

Sur une moitié du visage :

microneedling + solution contenant les exosomes.

Sur l’autre :

microneedling + sérum physiologique.

Les participants ont reçu :

trois séances

espacées de :

trois semaines

et ont été suivis jusqu’à :

12 semaines [4].

Les chercheurs n’ont pas uniquement demandé aux participants :

« trouvez-vous votre peau plus belle ? »

Ils ont utilisé plusieurs instruments pour évaluer objectivement :

les rides ;

l’élasticité ;

l’hydratation ;

la pigmentation [4].

Des analyses histopathologiques ont également été réalisées.

Quels ont été les résultats ?

À la fin du suivi, le côté traité par la solution contenant les exosomes associée au microneedling présentait une amélioration supérieure au côté contrôle pour plusieurs paramètres [4].

Les mesures instrumentales montraient notamment de meilleurs résultats concernant :

les rides ;

l’élasticité ;

l’hydratation ;

la pigmentation [4].

Le score global d’amélioration esthétique était également significativement meilleur du côté traité.

Les résultats histopathologiques étaient cohérents avec les observations cliniques [4].

Et aucun événement indésirable grave n’a été observé au cours de l’étude [4].

C’est une donnée humaine réellement intéressante.

Mais il faut immédiatement poser la bonne question.

Est-ce une preuve que « les sérums aux exosomes fonctionnent » ?

Non.

L’étude démontre quelque chose de beaucoup plus précis :

dans ce protocole, une solution contenant des exosomes dérivés de cellules souches adipeuses humaines, utilisée conjointement avec le microneedling, a produit de meilleurs résultats que le microneedling associé au sérum physiologique chez 28 participants [4].

Ce n’est pas la même affirmation que :

« appliquer des exosomes sur une peau intacte réduit les rides ».

Pourquoi ?

Parce que le microneedling modifie la barrière cutanée.

Il crée des microcanaux.

Il déclenche lui-même une réponse biologique de réparation.

Et il peut modifier considérablement la manière dont une préparation appliquée à la surface interagit avec les tissus.

Nous avons donc deux variables :

la préparation biologique

et

la technologie de délivrance.

Et cette distinction pourrait être au cœur de toute la future médecine esthétique utilisant les EVs.

Le véritable futur des exosomes est-il un problème de delivery ?

Peut-être.

C’est l’une des hypothèses les plus intéressantes qui ressortent actuellement de la littérature.

Les EVs peuvent présenter une biologie fascinante.

Elles peuvent transporter une cargaison complexe.

Elles peuvent modifier le comportement de cellules dans des modèles expérimentaux.

Mais une technologie n’a de sens thérapeutique ou cosmétique que si elle permet au signal biologique :

d’atteindre la bonne cellule,

au bon endroit,

dans un état fonctionnel,

à une dose pertinente.

C’est pourquoi les recherches associent de plus en plus les préparations d’EVs à des technologies telles que :

microneedling ;

radiofréquence microneedling ;

laser fractionné ;

systèmes de délivrance transdermique.

Et c’est ici que nous allons retrouver exactement le même principe que dans notre exploration d’Argireline :

le mécanisme n’est que la première moitié de l’histoire.

La seconde est :

la délivrance.

Dans la Partie 2 : les exosomes fonctionnent-ils vraiment chez l’être humain ?

Nous allons maintenant quitter progressivement la boîte de Petri pour regarder les données cliniques.

Exosomes + microneedling.

Exosomes + radiofréquence.

Exosomes + laser fractionné.

Rides.

Élasticité.

Hydratation.

Pigmentation.

Cicatrices.

Réparation cutanée.

Nous verrons pourquoi certaines études humaines sont réellement prometteuses, mais aussi pourquoi leur méthodologie ne permet pas encore de transformer les EVs en technologie anti-âge définitivement établie.

Nous examinerons également un territoire particulièrement controversé :

les « plant exosomes » et les plant-derived extracellular vesicles.

Une plante produit-elle vraiment les mêmes « exosomes » qu’une cellule humaine ?

Puis :

les growth factors fonctionnent-ils réellement en application topique ?

Quelle différence entre un produit aux exosomes, un conditioned medium et un sérum aux facteurs de croissance ?

Peut-on réellement faire pénétrer ces structures dans la peau ?

Et surtout :

que sait-on de leur sécurité ?

Car lorsqu’on passe :

d’une application sur peau intacte

à :

microneedling, laser ou administration plus profonde,

la question n’est plus uniquement celle de l’efficacité.

Elle devient également celle de :

la pureté, la caractérisation, la stérilité, la standardisation et la réglementation.

Nous confronterons enfin l’engouement actuel aux revues systématiques les plus récentes pour répondre à la question centrale :

les exosomes représentent-ils réellement la prochaine révolution de la régénération cutanée — ou la science est-elle encore en train de rattraper un marché qui a déjà adopté le mot ?

Exosomes et peau : que montrent réellement les études chez l’être humain ?

C’est ici que commence la partie la plus importante de notre enquête.

En laboratoire, certaines extracellular vesicles peuvent modifier le comportement des fibroblastes, influencer le stress oxydatif, les MMPs, la sénescence cellulaire et l’expression du collagène.

Mais une question reste fondamentale :

ces effets se traduisent-ils réellement sur une peau humaine ?

Les données cliniques commencent à s’accumuler.

Et elles sont suffisamment intéressantes pour justifier l’engouement scientifique actuel.

Mais elles présentent une particularité essentielle.

Une grande partie des résultats les plus convaincants n’a pas été obtenue avec :

un simple sérum appliqué sur une peau intacte.

Les EVs ont souvent été associées à une technologie capable de modifier ou contourner partiellement la barrière cutanée :

  • microneedling ;
  • radiofréquence microneedling ;
  • laser fractionné ;
  • délivrance transdermique assistée.

Cette distinction change considérablement notre interprétation des résultats.

Exosomes + microneedling : des résultats humains prometteurs

Nous avons vu dans la Partie 1 l’étude prospective randomisée split-face réalisée chez 28 participants présentant des signes de vieillissement facial [4].

Après trois séances espacées de trois semaines, le côté recevant microneedling + solution contenant des exosomes dérivés de cellules souches adipeuses humaines présentait de meilleurs résultats que le côté recevant microneedling + sérum physiologique.

Les différences concernaient notamment :

les rides ;

l’élasticité ;

l’hydratation ;

la pigmentation [4].

Les mesures étaient instrumentales et complétées par des analyses histologiques.

C’est important.

Nous ne sommes donc pas uniquement face à une auto-évaluation subjective.

Mais cette étude possède également des limites.

Elle ne comprenait que 28 participants.

Les auteurs précisent que, faute de données antérieures permettant d’effectuer un calcul de puissance, la taille de l’échantillon avait été déterminée selon des considérations de faisabilité [4].

Et surtout :

elle étudiait une combinaison.

Elle ne démontre pas ce que la même préparation aurait produit sur une peau intacte sans microneedling.

Exosomes et barrière cutanée : de nouvelles données humaines

Une étude randomisée split-face publiée en 2026 apporte un nouvel élément particulièrement intéressant [5].

Elle a inclus :

16 adultes âgés de 40 ans ou plus

présentant des signes visibles de vieillissement facial.

Sur une moitié du visage, les chercheurs ont utilisé une solution contenant des exosomes dérivés de cellules souches adipeuses humaines avec une :

délivrance transdermique assistée par ultrasons.

L’autre moitié recevait du sérum physiologique selon le même protocole [5].

Trois séances ont été réalisées à deux semaines d’intervalle.

Les chercheurs ont mesuré notamment :

la perte insensible en eau — TEWL ;

l’hydratation de la couche cornée ;

plusieurs paramètres d’élasticité ;

les rides ;

la pigmentation ;

ainsi que différents paramètres du microbiome cutané [5].

Les résultats suggèrent notamment une amélioration de la fonction barrière, avec une diminution de la TEWL et des modifications favorables de certains paramètres d’hydratation et d’élasticité [5].

C’est intéressant.

Mais là encore :

16 personnes.

Et encore une fois :

une technologie de délivrance transdermique.

Nous commençons donc à voir apparaître un schéma.

La technologie de délivrance est-elle aussi importante que les EVs elles-mêmes ?

Peut-être.

Car les études humaines les plus intéressantes ne testent généralement pas uniquement :

EVs vs rien.

Elles testent plutôt :

EVs + dispositif de délivrance

contre :

dispositif seul ou contrôle.

C’est une différence méthodologique majeure.

Le stratum corneum est une barrière remarquablement efficace.

Et contrairement à de nombreuses petites molécules cosmétiques, les EVs sont des structures biologiques complexes.

Leur taille se situe à l’échelle nanométrique, mais :

nanométrique ne signifie pas automatiquement transdermique.

La taille seule ne détermine pas la pénétration.

La composition membranaire, la charge, la stabilité, les interactions avec les lipides cutanés, la formulation et l’intégrité de la barrière comptent également.

La question n’est donc pas simplement :

« les exosomes fonctionnent-ils ? »

Elle est :

« comment délivrer des EVs fonctionnelles jusqu’aux cellules que l’on souhaite influencer ? »

Exosomes après laser : une autre piste importante

L’utilisation des EVs après des procédures créant une altération contrôlée de la barrière cutanée est particulièrement étudiée.

Un essai prospectif, randomisé, en double aveugle et split-face a inclus 25 patients présentant des cicatrices d’acné atrophiques [6].

Tous ont reçu trois séances de :

laser CO₂ fractionné.

Après chaque séance, une moitié du visage recevait un gel contenant des exosomes dérivés de cellules souches adipeuses humaines.

L’autre recevait un gel contrôle.

Après 12 semaines, la réduction du score clinique des cicatrices était de :

32,5 % du côté exosomes

contre :

19,9 % du côté contrôle [6].

Les chercheurs ont également observé :

moins d’érythème

et

un downtime plus court

du côté traité avec les exosomes [6].

Les résultats sont donc intéressants.

Mais attention à ce que l’étude démontre réellement.

Cicatrices d’acné ≠ vieillissement cutané

Cette étude ne permet pas d’affirmer :

« les exosomes réduisent les rides de 32,5 %. »

Elle portait sur :

des cicatrices d’acné atrophiques.

Et le critère principal concernait l’amélioration de ces cicatrices.

Elle est néanmoins pertinente pour comprendre le potentiel des EVs dans :

la réparation ;

le remodelage tissulaire ;

la récupération après procédure.

Elle soulève aussi une hypothèse importante :

les EVs pourraient être particulièrement intéressantes lorsqu’elles sont utilisées dans un environnement cutané temporairement rendu plus accessible par une procédure esthétique.

C’est très différent d’un sérum anti-âge classique.

Exosomes après microneedling ou laser : pourquoi cette association est-elle logique ?

Parce que ces procédures produisent elles-mêmes une réponse biologique.

Le microneedling et les lasers fractionnés peuvent provoquer une lésion contrôlée des tissus.

Cette lésion déclenche une cascade de réparation impliquant notamment :

inflammation,

médiateurs cellulaires,

migration cellulaire,

fibroblastes,

remodelage de la matrice extracellulaire.

En parallèle, l’altération temporaire de la barrière peut faciliter l’accès de certains composés aux couches plus profondes.

L’idée consiste donc potentiellement à intervenir pendant une :

fenêtre biologique de réparation.

Mais cela complique aussi énormément l’interprétation.

Lorsque :

laser + EVs

produit un meilleur résultat que :

laser seul,

nous pouvons raisonnablement attribuer une contribution supplémentaire à la préparation testée.

Mais nous ne pouvons pas extrapoler automatiquement cette différence à :

EVs seules sur peau intacte.

Les exosomes fonctionnent-ils sans microneedling ni laser ?

C’est justement l’une des questions auxquelles la littérature actuelle répond encore imparfaitement.

Il existe désormais des études sur des formulations topiques.

Mais elles sont généralement :

petites ;

courtes ;

hétérogènes ;

et ne portent pas toutes sur les mêmes types d’EVs.

Le problème est également celui de la formulation.

Une EV placée dans un flacon doit conserver des caractéristiques compatibles avec l’activité biologique recherchée malgré :

fabrication,

purification,

formulation,

stockage,

transport,

température,

durée de conservation.

Une belle étude sur des EVs fraîchement isolées dans un laboratoire ne constitue donc pas automatiquement une preuve d’efficacité pour un sérum cosmétique commercial.

Que dit la revue systématique la plus récente ?

Une revue systématique publiée en 2026 a spécifiquement évalué les thérapies à base d’EVs pour le rajeunissement facial non chirurgical [7].

Elle a inclus :

16 études

représentant :

503 participants [7].

Les études comprenaient différents modèles :

split-face,

essais comparatifs,

études à un seul bras.

La plupart rapportaient une amélioration d’au moins un paramètre, notamment :

rides ;

pigmentation ;

hydratation ;

élasticité ;

apparence globale [7].

Dans les études comparatives, les zones traitées par EVs étaient généralement favorisées.

Aucun événement indésirable grave n’était rapporté dans les études incluses [7].

À première vue, le tableau paraît donc très encourageant.

Mais la seconde moitié de l’analyse est encore plus importante.

Quel est réellement le niveau de preuve ?

Les auteurs de la revue systématique ont évalué le risque de biais et la certitude des données [7].

Pour la majorité des critères d’efficacité, le risque de biais était considéré comme :

modéré à critique.

Et selon l’approche GRADE, la certitude globale des données était :

faible ou très faible [7].

Pourquoi ?

Notamment à cause de :

petits effectifs,

protocoles hétérogènes,

sources d’EV différentes,

méthodes de préparation différentes,

technologies de délivrance différentes,

critères d’évaluation différents,

durées de suivi relativement courtes,

absence fréquente d’aveugle ou de contrôle robuste.

C’est probablement la meilleure synthèse scientifique de la situation actuelle :

les signaux cliniques sont prometteurs.

Mais :

la démonstration définitive n’est pas encore là.

Peut-on dire que les exosomes rajeunissent la peau ?

Le mot :

« rajeunir »

est extrêmement large.

Les études humaines permettent actuellement de discuter d’améliorations de paramètres précis dans certains protocoles :

rides ;

hydratation ;

élasticité ;

pigmentation ;

barrière cutanée ;

récupération après certaines procédures.

Elles ne démontrent pas qu’une EV :

inverse biologiquement le vieillissement humain.

Et encore moins qu’elle :

« rajeunit les cellules de plusieurs années ».

Ce type de formulation dépasse largement les preuves actuellement disponibles.

Les exosomes peuvent-ils « reprogrammer » les cellules ?

Le terme est séduisant.

Mais il doit être utilisé avec une extrême prudence.

Des EVs peuvent transporter des signaux biologiques capables de modifier l’expression de certains gènes ou le comportement de cellules réceptrices.

C’est précisément ce qui les rend fascinantes.

Mais :

modifier une voie de signalisation ≠ reprogrammer une cellule au sens biologique strict.

La reprogrammation cellulaire possède une signification beaucoup plus précise en biologie.

Il serait donc excessif de présenter un soin cosmétique aux exosomes comme une technologie de :

« cellular reprogramming ».

Qu’en est-il des « exosomes végétaux » ?

C’est l’un des territoires les plus intéressants — et les plus confus — de la nouvelle cosmétique.

Les plantes libèrent elles aussi des structures vésiculaires.

La littérature parle notamment de :

plant-derived extracellular vesicles

ou de particules :

extracellular vesicle-like.

Mais appliquer automatiquement le terme :

« exosome »

à toute nanoparticule vésiculaire isolée d’une plante pose le même problème de nomenclature que chez l’humain.

La définition doit reposer sur la caractérisation et, idéalement, sur la biogenèse.

C’est pourquoi :

« plant-derived EVs »

est souvent une formulation scientifiquement plus prudente que :

« plant exosomes ».

Centella asiatica : des EVs végétales en cosmétique

Des études humaines récentes ont commencé à évaluer des formulations contenant des EVs dérivées de Centella asiatica.

Une étude publiée en 2025 a notamment évalué une ampoule contenant des EVs de Centella chez 20 participantes pendant deux semaines [8].

Les chercheurs ont rapporté des modifications de plusieurs paramètres instrumentaux :

pores,

rugosité,

profondeur des rides,

hydratation,

densité cutanée [8].

Une autre étude pilote de 28 jours portant sur une formulation à base d’EVs de Centella a également rapporté des améliorations de l’hydratation, de l’élasticité et de plusieurs paramètres de texture cutanée [9].

Ces résultats sont intéressants.

Mais il faut regarder la formulation entière.

Le problème des formules multi-actifs

Dans l’une de ces études, la formule testée ne contenait pas uniquement des EVs végétales [8].

Elle associait les EVs à d’autres ingrédients cosmétiques.

Par conséquent, lorsque le produit améliore un paramètre, nous pouvons conclure :

« cette formulation a produit une amélioration ».

Nous ne pouvons pas automatiquement conclure :

« les EVs seules sont responsables de cette amélioration ».

C’est un principe fondamental.

Un essai sur une formule n’est pas nécessairement un essai sur un ingrédient.

Et cette distinction sera particulièrement importante dans les années à venir à mesure que les produits « exosome skincare » se multiplieront.

Exosomes humains vs exosomes végétaux : sont-ils comparables ?

Pas directement.

Le fait que deux structures appartiennent à la grande famille des vésicules extracellulaires ne signifie pas qu’elles transportent les mêmes informations biologiques.

Leur contenu dépend de leur organisme et de leur cellule d’origine.

Une EV provenant :

d’une cellule souche mésenchymateuse humaine

n’est pas biologiquement équivalente à une EV provenant :

de Centella asiatica.

Le terme commun :

EV

décrit une catégorie de structures.

Il ne garantit pas un contenu identique.

Exactement comme le mot :

« peptide »

ne signifie pas que tous les peptides produisent le même effet.

Les exosomes sont-ils meilleurs que les peptides ?

Cette comparaison n’a pas réellement de sens scientifique.

Un peptide est généralement une molécule constituée d’une séquence d’acides aminés.

Une EV est une structure membranaire complexe capable de transporter plusieurs constituants.

Les deux technologies n’agissent pas nécessairement :

sur les mêmes cibles,

avec la même pharmacologie,

à la même profondeur,

ni selon la même logique biologique.

Il ne faut donc pas chercher à construire une hiérarchie :

rétinol < peptides < exosomes.

La sophistication apparente d’une technologie ne constitue pas une preuve d’efficacité supérieure.

Et les growth factors ?

Les facteurs de croissance sont étudiés en cosmétique depuis bien plus longtemps que les exosomes.

Ils peuvent intervenir dans différents mécanismes impliqués dans :

la prolifération cellulaire,

la migration,

la différenciation,

la cicatrisation,

la matrice extracellulaire.

Des préparations topiques contenant différents growth factors ont été étudiées pour le vieillissement facial.

Et leur littérature clinique est aujourd’hui plus abondante que celle des EVs.

Les growth factors fonctionnent-ils réellement sur les rides ?

Une revue systématique publiée en 2023 a analysé les données concernant les préparations topiques contenant des facteurs de croissance pour le rajeunissement facial [10].

Elle a identifié :

33 études

dont :

9 essais randomisés contrôlés

et :

24 séries de cas non contrôlées.

Au total :

1 180 participants

avaient reçu :

23 préparations différentes contenant des growth factors [10].

C’est un corpus beaucoup plus important que celui actuellement disponible pour les EVs.

Mais quantité ne signifie pas automatiquement qualité.

Que montrent les études sur les growth factors ?

Dans l’ensemble, les études rapportaient des améliorations de différents paramètres associés au photovieillissement et à l’apparence de la peau [10].

Mais la revue souligne une hétérogénéité considérable.

Les formulations étaient différentes.

Les sources de growth factors étaient différentes.

Les protocoles étaient différents.

Les durées étaient différentes.

Et la majorité des études étaient petites : 28 des 33 études incluaient 40 participants ou moins [10].

La littérature permet donc de considérer les growth factors comme un domaine intéressant du skincare anti-âge.

Elle ne permet pas de considérer toutes les préparations de facteurs de croissance comme équivalentes.

Pourquoi les growth factors ont-ils eux aussi un problème de pénétration ?

Parce qu’un facteur de croissance est généralement une protéine relativement grande.

Or la peau n’est pas conçue pour laisser traverser librement de grandes protéines biologiquement actives.

Nous retrouvons donc exactement le même problème :

avoir un signal biologiquement puissant ne suffit pas.

Il faut :

le stabiliser ;

le délivrer ;

l’amener jusqu’à la bonne cible.

C’est pourquoi les technologies de formulation et les procédures modifiant temporairement la barrière apparaissent également dans cette littérature.

Exosomes vs growth factors : quelle différence fondamentale ?

On peut résumer ainsi :

GROWTH FACTOR

→ un signal moléculaire.

EXTRACELLULAR VESICLE

→ un système biologique de transport pouvant contenir plusieurs types de signaux.

Une EV peut donc théoriquement délivrer :

protéines,

lipides,

ARN,

et différents régulateurs moléculaires.

C’est ce potentiel de communication complexe qui rend les EVs particulièrement fascinantes.

Mais cette complexité est à double tranchant.

Elle augmente potentiellement :

la richesse biologique

mais également :

la difficulté de standardisation.

Le grand problème : comment standardiser un exosome ?

Imaginons deux lots d’un actif cosmétique classique.

Si la molécule est chimiquement définie, il est possible de vérifier précisément :

son identité,

sa pureté,

sa concentration.

Pour une préparation d’EVs, la situation est beaucoup plus complexe.

Il faut notamment caractériser :

la source biologique,

les conditions de culture,

la taille des particules,

leur concentration,

leurs marqueurs,

les contaminants,

les protéines associées,

les acides nucléiques,

les méthodes d’isolation,

la stabilité.

Changer les conditions dans lesquelles les cellules productrices sont cultivées peut potentiellement modifier ce qu’elles sécrètent.

La cellule devient en quelque sorte :

une partie du procédé de fabrication.

C’est une différence fondamentale avec un actif chimique conventionnel.

Plus d’exosomes signifie-t-il plus d’efficacité ?

Nous n’en savons pas suffisamment pour l’affirmer.

Pour pouvoir établir une relation dose-réponse, il faudrait disposer d’études comparant plusieurs doses clairement caractérisées :

même source,

même préparation,

même formulation,

même voie d’administration,

même population,

mêmes critères.

Ce type de données reste limité.

Le chiffre le plus impressionnant affiché sur un packaging :

« 1 billion exosomes »

ou

« 10 billion particles »

ne permet donc pas, à lui seul, de prédire l’efficacité clinique.

Compter des particules n’est pas mesurer leur activité biologique.

Peut-on juger un sérum aux exosomes à son nombre de particules ?

Non.

Deux préparations contenant le même nombre de particules pourraient théoriquement être très différentes en termes de :

source,

pureté,

contenu,

activité,

stabilité.

Il faut également distinguer :

nombre total de particules

et

nombre de vésicules biologiquement fonctionnelles.

Un chiffre gigantesque sur un flacon peut être spectaculaire commercialement.

Il ne remplace pas :

une caractérisation biologique.

Les exosomes sont-ils sûrs ?

Il n’existe pas de réponse universelle.

La question doit toujours être formulée ainsi :

quelles EVs, provenant de quelle source, préparées comment et administrées par quelle voie ?

Dans les petites études esthétiques actuellement disponibles, aucun signal majeur de sécurité n’a émergé à court terme dans les protocoles étudiés [7].

Mais cela ne permet pas d’affirmer :

« les exosomes sont sans danger ».

Les populations étudiées restent limitées.

Les suivis sont généralement courts.

Et les produits sont extrêmement hétérogènes.

Topique, microneedling et injection : trois questions de sécurité différentes

C’est probablement la distinction la plus importante.

Appliquer une préparation :

sur une peau intacte

n’est pas biologiquement équivalent à l’appliquer :

sur une peau immédiatement après microneedling ou laser.

Et ce n’est absolument pas équivalent à :

l’injecter.

Lorsque la barrière est franchie, des questions beaucoup plus strictes apparaissent :

stérilité ;

endotoxines ;

contamination microbienne ;

pureté ;

immunogénicité ;

composition ;

dose ;

biodistribution.

Un produit cosmétique destiné à la surface de la peau ne devient pas automatiquement adapté à une administration intradermique parce qu’il contient des EVs.

Les exosomes sont-ils approuvés par la FDA ?

Aux États-Unis, la FDA indique actuellement qu’il n’existe :

aucun produit à base d’exosomes approuvé par la FDA [11].

La FDA précise que les produits à base d’exosomes destinés à traiter des maladies ou affections humaines relèvent de sa réglementation et nécessitent, en règle générale, une autorisation appropriée [11].

L’agence a également publié des alertes après des événements indésirables graves associés à certains produits non approuvés commercialisés comme contenant des exosomes [12].

Cette information doit être interprétée correctement.

Elle ne signifie pas :

« tous les cosmétiques aux EVs sont dangereux ».

Elle signifie :

« l’existence d’une technologie biologiquement intéressante ne constitue pas une autorisation thérapeutique ».

Et elle rappelle pourquoi la voie d’administration est essentielle.

Peut-on injecter un sérum cosmétique aux exosomes ?

Non.

Un cosmétique formulé pour une application topique ne doit pas être considéré comme un produit injectable.

La composition, la fabrication et les exigences de stérilité ne sont pas les mêmes.

La même prudence s’applique à l’utilisation après des procédures créant des microcanaux.

La mention :

« exosome serum »

ne garantit pas qu’un produit ait été conçu ou évalué pour une délivrance au-delà de la barrière cutanée.

Les exosomes présentent-ils un risque tumoral ?

C’est une question beaucoup plus complexe qu’un simple oui ou non.

Les EVs participent naturellement à la communication cellulaire.

Dans différents contextes biologiques, les EVs peuvent transporter des signaux associés à :

prolifération,

angiogenèse,

immunité,

inflammation.

Les cellules tumorales elles-mêmes produisent des EVs et les utilisent dans leur microenvironnement.

Cela ne signifie pas qu’une préparation cosmétique d’EVs :

« provoque le cancer ».

Une telle conclusion ne serait pas soutenue par les données disponibles.

Mais cela explique pourquoi une technologie capable de transporter des signaux biologiquement actifs doit être :

caractérisée ;

standardisée ;

évaluée toxicologiquement ;

et étudiée selon sa voie d’administration.

Le mot :

« cell-free »

ne signifie pas :

« biologiquement inerte ».

Ce que la science permet aujourd’hui d’affirmer

Nous pouvons raisonnablement dire que :

  • les extracellular vesicles sont des particules membranaires naturellement libérées par les cellules et impliquées dans la communication intercellulaire [1] ;
  • le terme « exosome » correspond à une origine biogénétique plus précise et ne devrait pas être appliqué automatiquement à toute petite EV [1] ;
  • les EVs peuvent transporter différents constituants biologiques, notamment protéines, lipides et acides nucléiques [1] ;
  • certaines EVs dérivées de cellules souches mésenchymateuses produisent des effets biologiques intéressants dans des modèles de fibroblastes et de photovieillissement [2,3] ;
  • certaines études humaines associant des préparations contenant des EVs à du microneedling, du laser ou d’autres technologies de délivrance rapportent des améliorations de paramètres cutanés [4–6] ;
  • une revue systématique récente portant sur 16 études et 503 participants retrouve des signaux préliminaires d’efficacité sur plusieurs paramètres de rajeunissement facial [7] ;
  • le niveau de certitude de ces données reste faible ou très faible [7] ;
  • les formulations topiques contenant des growth factors disposent d’un corpus clinique plus ancien et plus large, mais lui aussi très hétérogène [10] ;
  • les EVs végétales constituent un champ de recherche émergent, avec quelques premières données humaines mais encore insuffisantes pour généraliser [8,9] ;
  • la source, la caractérisation, la purification, la formulation et la voie d’administration sont déterminantes pour interpréter l’efficacité et la sécurité.

Ce que la science ne permet pas encore d’affirmer

Les données actuelles ne permettent pas d’affirmer que :

  • tous les produits commercialisés comme « exosomes » contiennent nécessairement des exosomes au sens scientifique strict ;
  • toutes les EVs possèdent les mêmes effets ;
  • les EVs humaines et végétales sont biologiquement interchangeables ;
  • un sérum aux exosomes appliqué sur peau intacte reproduit les résultats obtenus après microneedling ou laser ;
  • les exosomes inversent le vieillissement cutané ;
  • ils « reprogramment » les cellules de la peau au sens biologique strict ;
  • ils rajeunissent biologiquement une peau de plusieurs années ;
  • davantage de particules signifie automatiquement davantage d’efficacité ;
  • tous les produits contenant des growth factors sont équivalents ;
  • une préparation contenant plusieurs actifs permet d’attribuer son résultat clinique aux EVs seules ;
  • l’absence d’événements indésirables graves dans de petites études à court terme démontre une sécurité universelle à long terme ;
  • un produit topique est adapté à une injection ou à une administration intradermique.

Exosomes : révolution ou nouvelle frontière expérimentale ?

Le mot :

« révolution »

est probablement prématuré.

Mais considérer les EVs comme une simple tendance marketing serait tout aussi réducteur.

La biologie qui se trouve derrière elles est réelle.

Et elle est fascinante.

Pendant des décennies, la cosmétique a principalement cherché à apporter à la peau :

des molécules.

Antioxydants.

Rétinoïdes.

Acides.

Vitamines.

Peptides.

Avec les extracellular vesicles, le paradigme devient potentiellement différent.

Nous ne cherchons plus uniquement à apporter :

une molécule.

Nous cherchons à exploiter :

un système naturel de communication entre les cellules.

C’est un changement conceptuel majeur.

Le futur du skincare sera-t-il informationnel ?

Peut-être.

Une grande partie de la biologie moderne repose sur une idée fondamentale :

une cellule ne se définit pas uniquement par les nutriments qu’elle reçoit.

Elle se définit aussi par :

les signaux qu’elle reçoit.

Hormones.

Cytokines.

Facteurs de croissance.

Neurotransmetteurs.

Métabolites.

Vésicules extracellulaires.

Signaux mécaniques.

Le vieillissement n’est donc pas uniquement une perte de matière.

Il est aussi une modification progressive de :

l’information biologique

et de la manière dont les cellules y répondent.

C’est précisément ce qui rend les EVs si intéressantes.

Conclusion

Les exosomes sont peut-être l’un des meilleurs exemples de la vitesse à laquelle une découverte de biologie fondamentale peut devenir une tendance esthétique mondiale.

À l’origine :

un mécanisme de communication intercellulaire.

Puis :

un outil potentiel de médecine régénérative.

Et aujourd’hui :

un mot imprimé sur des sérums, des protocoles de microneedling et des traitements esthétiques.

Entre ces trois univers se trouve pourtant un fossé scientifique considérable.

Les extracellular vesicles sont réelles.

Leur capacité à transporter des informations biologiques est réelle [1].

Leur influence sur le comportement des cellules dans différents modèles expérimentaux est réelle.

Certaines études humaines rapportent également des résultats prometteurs sur :

les rides ;

l’élasticité ;

l’hydratation ;

la pigmentation ;

la réparation après certaines procédures [4–7].

Mais la science actuelle nous impose une nuance essentielle :

nous ne pouvons pas encore transformer ces résultats en une vérité universelle sur « les exosomes ».

Parce qu’il n’existe pas :

un exosome.

Il existe des populations de vésicules.

Produites par différentes cellules.

Dans différentes conditions.

Isolées par différentes méthodes.

Purifiées différemment.

Transportant différentes cargaisons.

Formulées différemment.

Et administrées par différentes voies.

C’est pourquoi la question :

« les exosomes fonctionnent-ils ? »

est presque trop simple.

La vraie question scientifique est :

quelles extracellular vesicles, pour quelle indication, à quelle dose, par quelle voie de délivrance et avec quel niveau de caractérisation ?

Et cette question en entraîne immédiatement une autre :

peut-on transformer une communication biologique naturellement produite par une cellule en une technologie reproductible, stable, standardisée et sûre ?

Si la réponse devient un jour oui, les EVs pourraient effectivement ouvrir une nouvelle génération de stratégies cutanées.

Non plus seulement fondées sur :

l’ingrédient.

Mais sur :

le message biologique.

EXOSOMES, EVs & GROWTH FACTORS : LES QUESTIONS LES PLUS FRÉQUENTES

Qu’est-ce qu’un exosome ?

Un exosome est un sous-type de vésicule extracellulaire associé à une voie de biogenèse endosomale particulière. Lorsque cette origine n’est pas démontrée, les recommandations scientifiques internationales privilégient généralement le terme plus large extracellular vesicle — EV [1].

Qu’est-ce qu’une extracellular vesicle ?

Une EV est une particule entourée d’une bicouche lipidique, naturellement libérée par une cellule et incapable de se répliquer seule [1]. Elle peut transporter différents constituants biologiques et participer à la communication entre cellules.

Les exosomes sont-ils des cellules souches ?

Non.

Une cellule souche est une cellule vivante.

Une EV est une particule libérée par une cellule.

Une préparation d’EVs dérivées de cellules souches ne contient donc pas nécessairement les cellules souches elles-mêmes.

Que contiennent les exosomes ?

Selon leur origine et leur préparation, les EVs peuvent transporter notamment des protéines, lipides et différents acides nucléiques [1].

Les exosomes stimulent-ils le collagène ?

Certaines études précliniques montrent que des EVs spécifiques peuvent augmenter des marqueurs associés au collagène et réduire certaines MMPs dans des modèles de fibroblastes [2,3]. Cela ne signifie pas que tous les sérums aux exosomes produisent automatiquement le même effet dans la peau humaine.

Les exosomes réduisent-ils les rides ?

Certaines études humaines rapportent des améliorations des rides, particulièrement lorsque des préparations contenant des EVs sont associées à des techniques comme le microneedling [4]. La certitude globale des données reste toutefois faible à très faible [7].

Les exosomes fonctionnent-ils en application topique ?

Des données commencent à émerger, notamment avec certaines EVs végétales [8,9], mais les études restent petites et les formulations complexes. Les données sont actuellement plus nombreuses pour des protocoles combinant EVs et technologies de délivrance.

Les exosomes pénètrent-ils la peau ?

La capacité de différentes EVs à franchir une peau humaine intacte en quantité biologiquement pertinente n’est pas suffisamment caractérisée pour permettre une généralisation. Leur pénétration dépend vraisemblablement de leur nature, de la formulation et de l’état de la barrière cutanée.

Exosomes et microneedling fonctionnent-ils mieux ensemble ?

Un essai randomisé split-face chez 28 participants a rapporté de meilleurs résultats avec microneedling + solution contenant des exosomes dérivés de cellules souches adipeuses qu’avec microneedling + sérum physiologique [4]. D’autres essais seront nécessaires pour confirmer l’ampleur et la reproductibilité de cet effet.

Peut-on utiliser des exosomes après un laser ?

Certaines études ont évalué cette stratégie. Un essai randomisé split-face après laser CO₂ fractionné pour cicatrices d’acné a observé une amélioration supérieure et une récupération plus rapide avec un gel contenant des exosomes qu’avec le contrôle [6]. Cela ne signifie pas que n’importe quel produit commercial est adapté à une utilisation post-laser.

Que sont les plant exosomes ?

Les plantes produisent des vésicules extracellulaires. Le terme plant-derived extracellular vesicles est souvent scientifiquement plus prudent que « plant exosomes » lorsque leur biogenèse précise n’a pas été démontrée.

Les exosomes de Centella asiatica fonctionnent-ils ?

De petites études humaines ont rapporté des améliorations de certains paramètres cutanés avec des formulations contenant des EVs de Centella asiatica [8,9]. Les effectifs, la durée et la composition multi-actifs de certaines formules limitent cependant les conclusions sur l’effet isolé des EVs.

Quelle différence entre exosomes et growth factors ?

Un growth factor est une molécule de signalisation. Une extracellular vesicle est une structure membranaire pouvant transporter plusieurs types de molécules et participer à la communication intercellulaire.

Quelle différence entre exosomes et secretome ?

Le secretome désigne l’ensemble des éléments sécrétés par une cellule. Les EVs peuvent constituer une partie de cet ensemble, mais le secretome contient également des molécules solubles.

Quelle différence entre exosomes et conditioned media ?

Un conditioned medium est un milieu dans lequel des cellules ont été cultivées et qui contient différents produits issus de leur activité. Il peut contenir des EVs, mais également des protéines solubles, facteurs de croissance, cytokines, métabolites et autres constituants.

Les growth factors fonctionnent-ils en skincare ?

Une revue systématique portant sur 33 études et 1 180 participants rapporte des améliorations de différents paramètres du vieillissement facial avec certaines préparations topiques contenant des facteurs de croissance [10]. Les produits et protocoles sont toutefois très hétérogènes.

Plus un sérum contient d’exosomes, plus il est efficace ?

Ce n’est pas démontré. Le nombre de particules ne renseigne pas à lui seul sur leur origine, leur pureté, leur cargaison, leur stabilité ou leur activité biologique.

Les exosomes sont-ils sûrs ?

Les petites études esthétiques disponibles sont plutôt rassurantes à court terme, mais elles ne permettent pas d’établir une sécurité universelle ou à long terme [7]. La source, la fabrication, la pureté et surtout la voie d’administration sont essentielles.

Existe-t-il des exosomes approuvés par la FDA ?

La FDA indique actuellement qu’il n’existe aucun produit à base d’exosomes approuvé par la FDA [11].

Peut-on injecter des exosomes ?

Un produit cosmétique topique ne doit jamais être considéré comme injectable. Aux États-Unis, les produits à base d’exosomes destinés à traiter des maladies ou affections humaines sont soumis à la réglementation de la FDA [11].

À suivre dans le Journal METHODE ESPINASSE

Après le collagène, le NAD+, le PDRN, les peptides signal, Matrixyl®, GHK-Cu, Argireline® et maintenant les extracellular vesicles, nous pouvons pousser encore plus loin notre exploration de la biologie du vieillissement :

SÉNESCENCE CELLULAIRE & SÉNOLYTIQUES : PEUT-ON ÉLIMINER LES CELLULES QUI NOUS FONT VIEILLIR ?

Cellules sénescentes.

SASP.

p16.

p21.

Inflammaging.

Fibroblastes.

Mitochondries.

Quercétine.

Fisétine.

Sénolytiques.

Sénomorphiques.

Et cette question qui devient centrale dans la recherche sur la longévité :

vieillir signifie-t-il aussi accumuler des cellules qui ne fonctionnent plus comme avant — mais refusent de disparaître ?

À propos du Dr. ESPINASSE

Docteur en Pharmacie et experte en Médecine Prédictive & Préventive, le Dr. ESPINASSE développe depuis plus de vingt ans une approche intégrative reliant nutrition, métabolisme, microbiote, fonctionnement cellulaire, vieillissement et longévité.

Son expérience clinique auprès de plus de 20 000 patients, nourrie par plus de 15 000 bilans, l’a conduite à développer la Cellular Nutrition® : une approche qui envisage les nutriments et composés bioactifs à travers les mécanismes physiologiques et cellulaires qu’ils sont destinés à soutenir.

À travers METHODE ESPINASSE, le Dr. ESPINASSE traduit plus de deux décennies d’expérience clinique en protocoles nutritionnels ciblés autour de la santé, de la beauté, de la longévité et du vieillissement en bonne santé.

Bibliographie

[1] Welsh JA, Goberdhan DCI, O’Driscoll L, et al. Minimal information for studies of extracellular vesicles (MISEV2023): From basic to advanced approaches. Journal of Extracellular Vesicles. 2024;13.
URL: https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC10850029/

[2] Adipose-derived stem cell exosomes and human dermal fibroblast senescence: effects on oxidative stress, senescence-associated markers and collagen expression. PMID: 35813225.
URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35813225/

[3] Mesenchymal stem cell-derived exosomes protect human dermal fibroblasts against UVB-induced photoaging: effects on oxidative stress, inflammation, MMP-1, MMP-3 and collagen I. PMID: 36746125.
URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36746125/

[4] Park GH, Kwon HH, Seok J, et al. Efficacy of combined treatment with human adipose tissue stem cell-derived exosome-containing solution and microneedling for facial skin aging: A 12-week prospective, randomized, split-face study. Journal of Cosmetic Dermatology. 2023;22(12):3418–3426. DOI: 10.1111/jocd.15872. PMID: 37377400.
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[5] Choi BY, Kim HJ, Kim MJ, et al. Adipose tissue-derived stem cell exosomes enhance skin barrier function and show exploratory associations with the skin mycobiome in aging skin. Journal of Microbiology. 2026;64(6). DOI: 10.71150/jm.2603020. PMID: 42403177.
URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/42403177/

[6] Kwon HH, Yang SH, Lee J, et al. Combination Treatment with Human Adipose Tissue Stem Cell-derived Exosomes and Fractional CO2 Laser for Acne Scars: A 12-week Prospective, Double-blind, Randomized, Split-face Study. Acta Dermato-Venereologica. 2020. DOI: 10.2340/00015555-3666. PMID: 33073298.
URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33073298/

[7] Gaebe K, Lowe K, Bosnalie D, et al. Effectiveness and Safety of Extracellular Vesicle-Based Therapies for Nonsurgical Facial Rejuvenation: A Systematic Review. 2026.
URL: https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/26893614261457879

[8] Clinical Efficacy and Safety Evaluation of a Centella asiatica (CICA)-Derived Extracellular Vesicle Formulation for Anti-Aging Skincare. Cosmetics. 2025;12(4):135.
URL: https://www.mdpi.com/2079-9284/12/4/135

[9] Chang TM, Wu CC, Huang HC, et al. A 28-Day Pilot Study of the Effects on Facial Skin Hydration, Elasticity, and Texture of a Centella asiatica Extracellular Vesicle-Based Skin Care Formulation. Cosmetics. 2025;12(5):186. DOI: 10.3390/cosmetics12050186.
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[10] Quinlan DJ, Ghanem AM, Hassan H. Topical growth factor preparations for facial skin rejuvenation: A systematic review. Journal of Cosmetic Dermatology. 2023;22(7):2023–2039. DOI: 10.1111/jocd.15644. PMID: 37222303.
URL: https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/37222303/

[11] U.S. Food and Drug Administration. Consumer Alert on Regenerative Medicine Products Including Stem Cells and Exosomes.
URL: https://www.fda.gov/vaccines-blood-biologics/consumers-biologics/consumer-alert-regenerative-medicine-products-including-stem-cells-and-exosomes

[12] U.S. Food and Drug Administration. Public Safety Notification on Exosome Products.
URL: https://www.fda.gov/vaccines-blood-biologics/safety-availability-biologics/public-safety-notification-exosome-products

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