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Pendant longtemps, les déséquilibres hormonaux féminins ont été abordés selon une lecture simplifiée : un excès ou un déficit d’œstrogènes, un manque de progestérone, une dérégulation ovarienne.
Cette approche est aujourd’hui insuffisante.
Les données les plus récentes en endocrinologie et en microbiologie montrent que l’équilibre hormonal ne dépend pas uniquement de la production hormonale, mais aussi de leur transformation, circulation et élimination — des processus dans lesquels le microbiote intestinal joue un rôle déterminant.
Au cœur de cette interaction : l’estrobolome.
L’estrobolome désigne l’ensemble des micro-organismes intestinaux capables de métaboliser les œstrogènes.
Ce concept, introduit dans la littérature scientifique dans les années 2010, repose sur un mécanisme clé : certaines bactéries produisent des enzymes — notamment la β-glucuronidase — capables de moduler le devenir des œstrogènes dans l’organisme [1][2].
Autrement dit : le microbiote ne se contente pas d’interagir avec les hormones — il participe activement à leur régulation.
Le métabolisme des œstrogènes repose sur un circuit biologique précis, appelé circulation entéro-hépatique.
Les œstrogènes sont d’abord métabolisés par le foie, puis conjugués afin d’être éliminés.
Ils sont ensuite excrétés dans la bile et passent dans l’intestin.
À ce stade, deux scénarios sont possibles :
— certaines bactéries produisent de la β-glucuronidase et déconjuguent les œstrogènes → ils sont réabsorbés
— en l’absence de cette activité → ils sont éliminés dans les selles
Ce mécanisme détermine directement le niveau d’exposition hormonale de l’organisme [1][3].
Un déséquilibre du microbiote — ou dysbiose — peut perturber ce système de régulation.
Deux grands profils se dessinent :
→ excès de réactivation des œstrogènes
→ augmentation de leur circulation
Associé à :
— syndrome prémenstruel
— mastodynies
— cycles irréguliers
— dominance œstrogénique
→ élimination excessive des œstrogènes
→ baisse de leur disponibilité
Associé à :
— symptômes de périménopause
— sécheresse, fatigue
— troubles de l’humeur
— bouffées de chaleur
L’estrobolome ne fonctionne pas isolément.
Il s’inscrit dans un réseau d’interactions complexes impliquant :
Une dysbiose favorise la production de cytokines pro-inflammatoires, qui perturbent la signalisation hormonale et la sensibilité des récepteurs [4].
Le microbiote influence la production de neurotransmetteurs (sérotonine, GABA), impliqués dans les symptômes du SPM et les troubles de l’humeur [5].
Le cortisol modifie la composition du microbiote, ce qui peut indirectement altérer la régulation hormonale.
Les recherches récentes convergent vers une même conclusion :
les symptômes hormonaux ne sont pas uniquement endocriniens.
Ils sont multi-systémiques.
Le SPM est aujourd’hui interprété comme une sensibilité neurobiologique aux fluctuations hormonales, amplifiée par l’inflammation et le microbiote [6].
Phase caractérisée par une instabilité hormonale marquée, où le microbiote joue un rôle clé dans la tolérance aux variations hormonales [7].
La baisse des œstrogènes s’accompagne de :
— modifications du microbiote
— augmentation de l’inflammation
— altérations métaboliques
Ce qui renforce l’importance de l’axe intestin–foie [4][8].
Corriger un déséquilibre hormonal ne consiste plus uniquement à “ajouter” ou “compenser” des hormones.
Il s’agit de :
— réguler leur métabolisme
— optimiser leur élimination
— stabiliser leur impact sur le système nerveux
— restaurer l’écosystème intestinal
C’est précisément cette lecture intégrative qui structure l’approche de la Cellular Nutrition®.
Le protocole HARMONY a été formulé pour agir simultanément sur les axes clés identifiés par la littérature scientifique :
Le gattilier module la prolactine et soutient l’équilibre œstrogène/progestérone [9].
L’angélique et l’alchémille apportent un soutien antispasmodique, anti-inflammatoire et phyto-équilibrant.
Les probiotiques contribuent à réguler l’estrobolome et la métabolisation des œstrogènes [3][5].
L’ensemble de la formule participe à stabiliser la réponse au stress et les fluctuations émotionnelles.
L’estrobolome redéfinit la manière dont nous comprenons les déséquilibres hormonaux féminins.
Ce que montre la science est clair :
la question n’est plus uniquement “combien d’hormones produisez-vous ?” mais “comment votre organisme les transforme, les utilise et les élimine ?”
Et à cette question, le microbiote apporte une réponse déterminante.
L’estrobolome est l’ensemble des bactéries intestinales impliquées dans le métabolisme des œstrogènes.
Par une alimentation adaptée, la gestion du stress et une modulation ciblée du microbiote (probiotiques, fibres).
Oui. Un déséquilibre du microbiote peut amplifier les symptômes prémenstruels via l’inflammation et la recirculation des œstrogènes.
[1] Plottel CS, Blaser MJ. Microbiome and malignancy: the estrogen connection. mBio. 2011.
https://journals.asm.org/doi/10.1128/mBio.00275-11
[2] Kwa M et al. The intestinal microbiome and estrogen receptor-positive breast cancer. Journal of the National Cancer Institute. 2016.
https://academic.oup.com/jnci/article/108/8/djw029/2457793
[3] Baker JM et al. Estrogen–gut microbiome axis. Cell Host & Microbe. 2017.
https://www.cell.com/cell-host-microbe/fulltext/S1931-3128(17)30352-6
[4] Franceschi C et al. Inflammaging and immune system. Nature Reviews Immunology. 2018.
https://www.nature.com/articles/s41577-018-0023-6
[5] Cryan JF, Dinan TG. Mind-altering microorganisms: the gut–brain axis. Physiological Reviews. 2012.
https://journals.physiology.org/doi/full/10.1152/physrev.00018.2011
[6] Schmidt PJ et al. Premenstrual syndrome and hormone sensitivity. New England Journal of Medicine. 2017.
https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1605508
[7] Santoro N. Perimenopause: physiology and clinical implications. The Lancet. 2016.
https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(16)30250-2/fulltext
[8] Mosconi L et al. Menopause impacts brain metabolism. Scientific Reports. 2021.
https://www.nature.com/articles/s41598-021-90084-y
[9] van Die MD et al. Vitex agnus-castus extracts for female reproductive disorders. Phytomedicine. 2013.
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0944711313000419