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NAD+ : peut-on réellement recharger l’énergie de nos cellules et ralentir les effets du vieillissement ?

NAD+ : peut-on réellement recharger l’énergie de nos cellules et ralentir les effets du vieillissement ?

Mitochondries, énergie cellulaire, sirtuines, réparation de l’ADN, NMN et NR : ce que la science sait réellement du NAD+ et de son rôle dans le vieillissement

Le NAD+ est devenu l’une des molécules les plus médiatisées dans l’univers de la longévité, de la médecine préventive et de l’anti-âge.

Compléments alimentaires de NMN, nicotinamide riboside (NR), boosters de NAD+, perfusions intraveineuses de NAD+ : les stratégies destinées à augmenter les niveaux de NAD+ se multiplient, souvent accompagnées de promesses spectaculaires.

Plus d’énergie. De meilleures mitochondries. Une réparation accrue de l’ADN. Un métabolisme plus performant. Des cellules plus jeunes. Voire un ralentissement du vieillissement.

À l’origine de cet enthousiasme se trouve pourtant une réalité biologique particulièrement intéressante : le nicotinamide adénine dinucléotide, ou NAD, est une molécule essentielle au fonctionnement de nos cellules. Sous sa forme oxydée, NAD+, et sous sa forme réduite, NADH, il intervient au cœur du métabolisme énergétique. Mais son rôle ne s’arrête pas là. Le NAD+ est également utilisé par différentes enzymes impliquées dans la signalisation cellulaire, la réponse aux dommages de l’ADN, le métabolisme et différents mécanismes associés au vieillissement [1–3].

La recherche fondamentale a également montré que le métabolisme du NAD+ se modifie avec l’âge dans de nombreux modèles biologiques. Restaurer les niveaux de NAD+ chez certains animaux peut améliorer plusieurs paramètres métaboliques et physiologiques associés au vieillissement [1].

Mais une question essentielle demeure :

ces résultats signifient-ils que nous pouvons « recharger » nos cellules en NAD+ et ralentir le vieillissement humain ?

La réponse scientifique est beaucoup plus complexe.

Pour la comprendre, il faut d’abord revenir à la cellule.

Qu’est-ce que le NAD+ ?

NAD signifie nicotinamide adénine dinucléotide.

Il s’agit d’une molécule naturellement présente dans les cellules et indispensable à de nombreuses réactions biochimiques.

Le NAD existe principalement sous deux formes étroitement liées :

NAD+, la forme oxydée ;

NADH, la forme réduite.

Ces deux formes peuvent se transformer l’une en l’autre.

Cette capacité permet au couple NAD+/NADH de transporter des électrons au cours de nombreuses réactions métaboliques.

Pour comprendre son importance, il faut donc d’abord comprendre comment une cellule transforme les nutriments en énergie utilisable.

Comment nos cellules produisent-elles de l’énergie ?

Lorsque nous mangeons des glucides, des lipides ou des protéines, notre organisme ne peut pas utiliser directement leur énergie sous la forme dans laquelle elle se trouve dans les aliments.

Les nutriments doivent être digérés, absorbés puis transformés par une succession de réactions métaboliques.

Le glucose, par exemple, peut entrer dans une série de réactions commençant par la glycolyse. Les produits issus de son métabolisme peuvent ensuite alimenter le cycle de l’acide citrique — également appelé cycle de Krebs — puis la chaîne respiratoire mitochondriale.

Les acides gras suivent d’autres voies métaboliques, notamment la β-oxydation, avant de converger eux aussi vers des mécanismes permettant la production d’énergie.

Au cours de ces réactions, des électrons sont transférés d’une molécule à une autre.

Et c’est précisément là que le NAD+ intervient.

Quelle est la différence entre NAD+ et NADH ?

Le NAD+ peut accepter des électrons au cours de certaines réactions métaboliques.

Lorsqu’il accepte ces équivalents réducteurs, il devient NADH.

Le NADH peut ensuite transférer ces électrons à d’autres systèmes, notamment à la chaîne respiratoire mitochondriale.

On peut donc représenter très simplement ce cycle comme :

NAD+ → accepte des électrons → NADH → cède des électrons → NAD+

Ce cycle permanent est indispensable à de nombreuses réactions permettant aux cellules d’extraire l’énergie contenue dans les nutriments.

Le NAD+ et le NADH fonctionnent donc comme des transporteurs d’électrons au sein du métabolisme.

Mais ils ne sont pas eux-mêmes synonymes d’énergie.

NAD+, NADH et ATP : quelle différence ?

C’est l’une des distinctions les plus importantes pour comprendre le sujet.

NAD+ n’est pas ATP.

L’ATP — adénosine triphosphate — est souvent décrit comme la principale « monnaie énergétique » de la cellule. Il peut être utilisé pour alimenter de très nombreuses fonctions biologiques : contraction musculaire, transport actif à travers les membranes, synthèse de molécules, maintien des gradients ioniques et nombreux processus cellulaires.

Le NAD+, lui, participe aux réactions permettant notamment de transférer l’énergie issue des nutriments vers les systèmes qui contribueront à produire de l’ATP.

On pourrait donc résumer très schématiquement :

nutriments → réactions métaboliques → NADH → chaîne respiratoire mitochondriale → production d’ATP

La réalité biochimique est évidemment plus complexe, mais cette distinction permet d’éviter un raccourci très fréquent :

le NAD+ n’est pas une molécule d’énergie que l’on pourrait simplement « ajouter » à une cellule comme on recharge une batterie.

Il fait partie du système biochimique qui permet à la cellule de gérer et de transformer l’énergie.

Qu’est-ce qu’une mitochondrie ?

Les mitochondries sont des organites présents dans la majorité de nos cellules.

Elles jouent un rôle central dans le métabolisme énergétique, notamment grâce à la phosphorylation oxydative, processus permettant de produire une grande partie de l’ATP cellulaire.

La membrane interne de la mitochondrie contient une série de complexes protéiques constituant la chaîne de transport des électrons.

Le NADH peut fournir des électrons à cette chaîne, notamment via le complexe I.

Le transfert progressif de ces électrons contribue à créer un gradient de protons à travers la membrane mitochondriale interne.

Ce gradient est ensuite utilisé par une enzyme appelée ATP synthase pour produire de l’ATP.

Ainsi :

NADH → transfert d’électrons → gradient mitochondrial → ATP synthase → ATP

C’est l’une des raisons pour lesquelles le NAD+ est si étroitement associé à la fonction mitochondriale et à l’énergie cellulaire [1,2].

Mais cette association a parfois été transformée en une affirmation beaucoup plus forte :

« augmenter le NAD+ augmente automatiquement l’énergie cellulaire ».

Les données humaines ne permettent pas de l’affirmer de manière aussi simple.

Plus de NAD+ signifie-t-il automatiquement plus d’énergie ?

Non.

Pour qu’une cellule produise efficacement de l’ATP, de nombreux systèmes doivent fonctionner correctement :

  • disponibilité des substrats énergétiques ;
  • enzymes métaboliques ;
  • intégrité mitochondriale ;
  • chaîne respiratoire ;
  • gradients ioniques ;
  • disponibilité en oxygène ;
  • équilibre NAD+/NADH ;
  • régulation hormonale et cellulaire.

Augmenter la concentration d’un seul intermédiaire métabolique ne signifie donc pas nécessairement que l’ensemble de la chaîne fonctionnera davantage.

Cette distinction a été observée directement chez l’être humain.

Dans une étude menée chez 12 hommes âgés, une supplémentation de 1 g par jour de nicotinamide riboside (NR) pendant 21 jours a modifié le métabolome musculaire du NAD+ [4].

Mais cette augmentation de la disponibilité de métabolites associés au NAD+ ne s’est pas traduite par une amélioration de la bioénergétique mitochondriale musculaire [4].

Dans un autre essai réalisé chez 40 hommes présentant une obésité et une insulinorésistance, douze semaines de supplémentation en NR n’ont pas amélioré significativement la respiration mitochondriale musculaire, le contenu mitochondrial ou la morphologie du réseau mitochondrial [5].

Ces observations illustrent un principe fondamental en biologie :

modifier un biomarqueur n’est pas nécessairement modifier une fonction.

Pourquoi le NAD+ est-il alors considéré comme une molécule majeure du vieillissement ?

Parce que son rôle dépasse largement le métabolisme énergétique.

Le NAD+ possède au moins deux grandes fonctions biologiques.

La première est son rôle de coenzyme d’oxydoréduction, notamment à travers le couple NAD+/NADH.

La seconde est très différente :

le NAD+ peut être consommé comme substrat par certaines enzymes.

Parmi elles figurent notamment :

  • les sirtuines ;
  • les PARP ;
  • CD38.

Ces enzymes participent à des mécanismes aussi différents que la régulation métabolique, la modification de protéines, la réponse aux dommages de l’ADN, la signalisation cellulaire ou certaines réponses inflammatoires [1–3].

C’est cette deuxième dimension qui a propulsé le NAD+ au centre de la recherche sur le vieillissement.

Qu’est-ce qu’une sirtuine ?

Les sirtuines sont une famille d’enzymes dont l’activité dépend du NAD+.

Chez l’être humain, plusieurs sirtuines ont été identifiées : SIRT1 à SIRT7.

Elles ne remplissent pas toutes la même fonction et ne se trouvent pas toutes au même endroit dans la cellule.

Certaines sont principalement associées au noyau, d’autres au cytoplasme, et plusieurs — notamment SIRT3, SIRT4 et SIRT5 — sont étroitement liées aux mitochondries.

Les sirtuines peuvent modifier l’activité de protéines en retirant certains groupements chimiques, notamment par des réactions de désacétylation NAD+-dépendantes.

À travers ces mécanismes, elles participent à la régulation de nombreux processus cellulaires associés au métabolisme, à la réponse au stress et au maintien de l’homéostasie [1–3].

C’est pour cette raison qu’elles sont parfois présentées comme des « enzymes de longévité ».

Mais cette expression peut être trompeuse.

Les sirtuines sont-elles réellement des « enzymes de longévité » ?

Le rôle des sirtuines dans le vieillissement et la longévité a fait l’objet d’un très grand nombre de travaux expérimentaux.

Dans plusieurs organismes modèles, la manipulation de certaines sirtuines peut modifier des paramètres liés au métabolisme, à la résistance au stress et, dans certaines conditions, à la longévité.

Chez l’être humain, la situation est beaucoup plus complexe.

Les sirtuines participent bien à des mécanismes biologiques importants et leur activité dépend du NAD+. Mais cela ne signifie pas que :

plus de NAD+ → plus de sirtuines → vie plus longue.

Aucun essai clinique n’a démontré qu’augmenter le NAD+ chez l’être humain prolongeait l’espérance de vie.

Il est donc scientifiquement plus exact de dire que les sirtuines constituent l’un des liens moléculaires entre le métabolisme du NAD+ et plusieurs processus cellulaires impliqués dans le vieillissement [1–3].

Quel est le lien entre NAD+ et réparation de l’ADN ?

Notre ADN subit en permanence des altérations.

Certaines proviennent du fonctionnement normal de la cellule, d’autres de facteurs environnementaux tels que les rayonnements ultraviolets, certaines substances chimiques ou le stress oxydatif.

L’organisme possède donc de nombreux systèmes permettant de détecter et de réparer les lésions de l’ADN.

Parmi les protéines impliquées figurent les PARP — poly(ADP-ribose) polymérases.

Certaines PARP sont activées en réponse à des dommages de l’ADN et utilisent le NAD+ comme substrat pour fabriquer des chaînes d’ADP-ribose sur différentes protéines.

Ces modifications participent notamment au recrutement et à l’organisation de mécanismes de réponse aux dommages de l’ADN [1–3].

Le NAD+ est donc bien lié à certains mécanismes de réparation de l’ADN.

Mais il faut ici encore distinguer mécanisme et promesse commerciale.

Prendre du NAD+ permet-il de « réparer son ADN » ?

Cette formulation est beaucoup trop forte.

Le NAD+ est nécessaire au fonctionnement de certaines enzymes impliquées dans les réponses aux dommages de l’ADN.

Cela ne signifie pas qu’augmenter artificiellement les niveaux de NAD+ chez une personne en bonne santé augmente automatiquement sa capacité globale à réparer l’ADN.

La réparation de l’ADN repose sur de nombreuses voies enzymatiques distinctes et dépend du type de dommage, du tissu concerné, de l’état de la cellule et de nombreux autres facteurs.

Il est donc exact d’écrire :

« Le NAD+ participe à certaines voies impliquées dans la réponse et la réparation des dommages de l’ADN. »

Il serait beaucoup moins exact d’écrire :

« Le NAD+ répare l’ADN. »

Cette distinction est fondamentale pour interpréter correctement la littérature sur la longévité.

Qu’est-ce que CD38 ?

CD38 est une protéine possédant notamment une activité enzymatique capable de consommer du NAD+.

Elle est exprimée par différents types cellulaires et joue plusieurs rôles dans la signalisation et le système immunitaire.

Son intérêt dans le vieillissement vient notamment d’une découverte réalisée dans des modèles animaux : l’activité de CD38 semble augmenter avec l’âge et pourrait contribuer à la diminution des niveaux de NAD+ observée dans certains tissus [6].

Dans une étude publiée dans Cell Metabolism, des chercheurs ont montré chez la souris que l’expression et l’activité de CD38 augmentaient avec l’âge et que cette augmentation contribuait au déclin du NAD+ et à certaines altérations de la fonction mitochondriale [6].

Chez les animaux dépourvus de CD38, les niveaux de NAD+ étaient davantage préservés.

Cette découverte a profondément influencé notre compréhension du vieillissement du métabolisme du NAD+.

Elle suggère une idée importante :

la diminution du NAD+ avec l’âge pourrait dépendre non seulement d’une production insuffisante, mais également d’une consommation accrue.

Mais il s’agit ici principalement d’une démonstration mécanistique préclinique.

L’importance quantitative exacte de CD38 dans le vieillissement humain reste beaucoup moins clairement établie [1–3].

Pourquoi les cellules consomment-elles du NAD+ ?

Le NAD+ n’est donc pas seulement recyclé entre NAD+ et NADH.

Certaines réactions le consomment réellement.

Les sirtuines l’utilisent comme co-substrat.

Les PARP peuvent en consommer lors de réponses aux dommages de l’ADN.

CD38 possède une importante activité NADase.

Pour maintenir leurs réserves de NAD+, les cellules doivent donc continuellement en produire et en recycler.

Les niveaux de NAD+ dépendent ainsi d’un équilibre dynamique :

biosynthèse du NAD+ ↔ consommation du NAD+

Lorsque cet équilibre est perturbé, la quantité de NAD+ disponible dans certains compartiments cellulaires peut évoluer [1–3,7].

Comment notre organisme fabrique-t-il du NAD+ ?

L’organisme possède plusieurs voies permettant de produire du NAD+.

Il peut notamment utiliser différents précurseurs issus de la vitamine B3 et du métabolisme du tryptophane.

Parmi les principaux précurseurs figurent :

  • le nicotinamide, également appelé niacinamide ou NAM ;
  • l’acide nicotinique, ou niacine ;
  • le nicotinamide riboside, ou NR ;
  • le nicotinamide mononucleotide, ou NMN ;
  • le tryptophane, qui peut contribuer à une voie de synthèse de novo.

Ces différentes molécules n’empruntent pas exactement les mêmes voies métaboliques.

Chez les mammifères, une grande partie du NAD+ est régénérée grâce à une voie de récupération — salvage pathway — permettant de recycler le nicotinamide produit lors de la consommation du NAD+ [1,7].

Qu’est-ce que NAMPT ?

Dans cette voie de récupération, une enzyme appelée NAMPT — nicotinamide phosphoribosyltransferase — joue un rôle central.

Elle transforme le nicotinamide en NMN.

Le NMN peut ensuite être converti en NAD+ par d’autres enzymes.

Très schématiquement :

nicotinamide → NAMPT → NMN → NAD+

Cette voie permet à la cellule de recycler efficacement le nicotinamide et de maintenir son pool de NAD+.

Des modifications de l’activité ou de l’expression de NAMPT ont été proposées comme l’un des mécanismes susceptibles de contribuer aux changements du métabolisme du NAD+ avec l’âge [1,7].

C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles le NMN est devenu si populaire dans la recherche sur la longévité : il se situe directement dans une voie permettant la synthèse du NAD+.

Quelle est la différence entre NAD+, NMN et NR ?

Ces trois molécules sont souvent confondues.

Pourtant, elles ne sont pas identiques.

NAD+ est la molécule finale utilisée dans de nombreuses réactions cellulaires.

NMN — nicotinamide mononucleotide — est un précurseur pouvant être converti en NAD+.

NR — nicotinamide riboside — est également un précurseur du NAD+. Il peut être phosphorylé pour former du NMN, qui peut ensuite contribuer à la synthèse du NAD+.

Très schématiquement :

NR → NMN → NAD+

Mais la biologie réelle est plus complexe, notamment parce que le devenir de ces molécules dépend du tissu, de leur transport, de leur métabolisme intestinal et hépatique et des enzymes disponibles.

Cette distinction est pourtant essentielle lorsque l’on parle de « supplémentation en NAD+ ».

Dans la majorité des essais cliniques de supplémentation orale, les chercheurs n’administrent pas directement du NAD+.

Ils utilisent plutôt des précurseurs du NAD+, principalement le NR ou le NMN.

Le NAD+ diminue-t-il réellement avec l’âge ?

C’est probablement l’une des affirmations les plus répétées dans l’univers de la longévité :

« En vieillissant, nos niveaux de NAD+ chutent. »

La réalité scientifique est plus nuancée.

Des diminutions du NAD+ avec l’âge ont été observées dans de nombreux modèles expérimentaux et dans certains tissus humains [1,7].

Plusieurs mécanismes ont été proposés :

  • diminution de certaines voies de biosynthèse ;
  • modifications de NAMPT ;
  • augmentation de l’activité d’enzymes consommatrices de NAD+ ;
  • activation des PARP en réponse aux dommages cellulaires ;
  • augmentation de CD38 ;
  • inflammation chronique ;
  • stress métabolique.

Ces observations ont conduit à l’hypothèse qu’une diminution de la disponibilité du NAD+ pourrait contribuer à certaines altérations associées au vieillissement [1,7].

Mais les données humaines sont beaucoup moins homogènes que les données animales.

Le NAD+ chute-t-il chez tous les humains en vieillissant ?

Nous ne pouvons pas l’affirmer.

Une revue clinique particulièrement importante publiée dans Nature Metabolism en 2025 a réévalué les données disponibles sur le NAD+ et le vieillissement humain [3].

Sa conclusion est beaucoup plus prudente que le discours couramment entendu dans le domaine de la longévité.

Les auteurs soulignent que la diminution du NAD+ avec l’âge n’a été observée de manière cohérente que dans un nombre limité d’études humaines [3].

Les données disponibles restent également relativement rares lorsqu’il s’agit de mesurer directement le NAD+ dans différents tissus humains au cours du vieillissement.

Or le NAD+ n’existe pas sous la forme d’un seul réservoir homogène circulant dans tout l’organisme.

Il existe différents pools de NAD+ selon :

  • les tissus ;
  • les types cellulaires ;
  • les compartiments intracellulaires.

Le NAD+ présent dans le sang ne reflète donc pas nécessairement exactement celui présent dans le muscle, le cerveau, le foie ou d’autres tissus.

Cette distinction est fondamentale.

Peut-on mesurer son taux de NAD+ ?

Techniquement, différents métabolites du NAD+ peuvent être mesurés dans des échantillons biologiques.

Mais interpréter un « taux de NAD+ » individuel est beaucoup plus compliqué.

La concentration mesurée dépend notamment :

  • du type d’échantillon ;
  • de la méthode analytique ;
  • du tissu étudié ;
  • du compartiment biologique ;
  • des conditions de prélèvement ;
  • du métabolite précisément mesuré.

Il n’existe pas aujourd’hui de valeur universelle permettant de dire simplement :

« votre NAD+ est trop bas »

puis :

« vous devez le remonter à telle valeur pour ralentir votre vieillissement ».

Le NAD+ est avant tout un métabolite cellulaire complexe, pas encore un biomarqueur clinique standardisé du vieillissement.

Pourquoi parle-t-on alors autant de « NAD+ decline » ?

Parce que l’hypothèse est biologiquement séduisante.

Dans de nombreux modèles animaux, le vieillissement est associé à des perturbations du métabolisme du NAD+. Restaurer sa disponibilité peut parfois améliorer certains paramètres métaboliques, mitochondriaux ou physiologiques [1].

Cela a conduit à une hypothèse simple :

vieillissement → NAD+ ↓ → dysfonction cellulaire

puis :

restauration du NAD+ → fonction cellulaire ↑ → vieillissement ralenti

Mais la deuxième ligne n’est pas automatiquement la conséquence de la première.

Chez l’être humain, nous devons répondre séparément à plusieurs questions :

Le NAD+ diminue-t-il réellement ?

Dans quel tissu ?

Chez quelles personnes ?

De combien ?

Cette diminution est-elle une cause du vieillissement, une conséquence du vieillissement, ou les deux ?

Augmenter le NAD+ corrige-t-il une fonction biologique ?

Et surtout : cette correction produit-elle un bénéfice clinique mesurable ?

Ce sont des questions différentes.

Et la recherche humaine commence seulement à y répondre [3].

Peut-on augmenter le NAD+ chez l’être humain ?

Sur ce point, les données sont déjà plus solides.

Plusieurs essais cliniques montrent que certains précurseurs du NAD+, notamment le nicotinamide riboside, peuvent modifier le métabolisme du NAD+ chez l’être humain.

Dans un essai randomisé, en double aveugle, contrôlé contre placebo et en crossover publié dans Nature Communications en 2018, des adultes en bonne santé d’âge moyen ou plus âgés ont reçu du nicotinamide riboside pendant six semaines [8].

La supplémentation a été globalement bien tolérée et a augmenté plusieurs métabolites liés au NAD+ [8].

Les chercheurs ont ainsi apporté une démonstration importante :

il est possible, par voie orale, de modifier le métabolisme du NAD+ chez l’être humain.

D’autres études ont depuis obtenu des résultats comparables avec le NR et le NMN.

Mais une nouvelle distinction devient alors essentielle.

Augmenter le NAD+ signifie-t-il ralentir le vieillissement ?

Non.

Et c’est probablement le point le plus important de tout le sujet.

Montrer qu’une supplémentation augmente le NAD+ sanguin ou certains métabolites du NAD+ constitue une démonstration pharmacocinétique ou métabolique.

Cela ne démontre pas automatiquement :

  • une augmentation de l’énergie ressentie ;
  • une amélioration de la fonction mitochondriale ;
  • une amélioration de la cognition ;
  • une augmentation de la masse musculaire ;
  • une amélioration du métabolisme ;
  • une réduction du risque de maladie ;
  • un ralentissement du vieillissement ;
  • une augmentation de l’espérance de vie.

Pour démontrer chacun de ces effets, il faut mesurer spécifiquement chacun de ces critères dans des essais cliniques suffisamment rigoureux.

Or c’est précisément là que les résultats deviennent beaucoup plus hétérogènes.

La revue publiée dans Nature Metabolism en 2025 résume clairement la situation : les études précliniques soutiennent fortement l’intérêt potentiel des précurseurs du NAD+ dans le vieillissement, mais les essais cliniques réalisés chez l’être humain ont jusqu’à présent montré une efficacité limitée [3].

Cette différence entre augmentation du NAD+ et bénéfice clinique constitue probablement la clé pour comprendre toute la recherche actuelle.

Le NMN augmente-t-il le NAD+ ?

Plusieurs essais humains indiquent que le nicotinamide mononucleotide (NMN) peut lui aussi augmenter certains marqueurs du métabolisme du NAD+.

L’un des essais les plus connus a été publié dans Science en 2021 chez des femmes ménopausées en surpoids ou obèses présentant un prédiabète [9].

Pendant dix semaines, 13 femmes ont reçu 250 mg de NMN par jour, tandis que 12 recevaient un placebo.

Les chercheurs ont observé une amélioration de la sensibilité musculaire à l’insuline et de certains paramètres de signalisation insulinique dans le groupe NMN [9].

Ce résultat a beaucoup attiré l’attention car il s’agissait de l’une des premières démonstrations chez l’être humain d’un effet métabolique fonctionnel associé à une supplémentation en NMN.

Mais l’étude était petite.

Et elle a également fait l’objet d’un débat scientifique concernant une différence initiale importante de contenu lipidique hépatique entre les deux groupes [10].

Les auteurs ont répondu que la sensibilité musculaire à l’insuline — le critère central concerné — était comparable entre les groupes avant l’intervention et que cette différence hépatique ne remettait pas en cause l’effet observé sur le muscle [11].

Ce débat est intéressant car il montre exactement comment la science doit être interprétée :

un résultat positif ne devient pas immédiatement une vérité universelle. Il doit être reproduit, discuté et confirmé dans d’autres populations.

NR ou NMN : lequel est le meilleur pour augmenter le NAD+ ?

À ce stade, il n’existe pas de preuve clinique suffisamment robuste permettant d’affirmer de manière générale que le NMN est supérieur au NR, ou inversement, pour ralentir le vieillissement humain.

Les deux molécules peuvent servir de précurseurs au NAD+.

Les deux ont fait l’objet d’essais humains.

Les deux peuvent modifier certains marqueurs du métabolisme du NAD+.

Mais les études diffèrent considérablement en termes de :

  • dose ;
  • durée ;
  • âge des participants ;
  • état métabolique ;
  • tissus étudiés ;
  • critères d’évaluation ;
  • méthodes de mesure du NAD+.

Comparer deux molécules à partir d’essais réalisés dans des populations différentes ne permet pas d’établir leur supériorité respective.

La bonne question n’est donc pas encore :

« NMN ou NR : lequel choisir ? »

Elle est plutôt :

« Chez quelle population, à quelle dose, pendant combien de temps et pour quel objectif clinique chaque précurseur peut-il produire un effet mesurable ? »

Et c’est précisément sur cette question que les essais humains deviennent particulièrement instructifs.

Car lorsque l’on passe de « le NAD+ augmente-t-il ? » à « la santé s’améliore-t-elle ? », le tableau scientifique devient beaucoup plus contrasté.

Que montrent réellement les études humaines sur le NAD+, le NMN et le NR ?

Nous avons vu qu’il est possible de modifier le métabolisme du NAD+ chez l’être humain à l’aide de certains précurseurs, notamment le nicotinamide riboside (NR) et le nicotinamide mononucleotide (NMN).

Mais démontrer qu’un composé augmente le NAD+ sanguin n’est que la première étape.

La question véritablement importante est la suivante :

cette augmentation se traduit-elle par une amélioration mesurable de la santé humaine ?

C’est ici que le contraste entre recherche préclinique et recherche clinique devient particulièrement important.

Dans les modèles cellulaires et animaux, la restauration du NAD+ a produit de nombreux résultats encourageants concernant le métabolisme, la fonction mitochondriale, le vieillissement et certaines pathologies liées à l’âge [1,12].

Chez l’être humain, les résultats sont beaucoup plus hétérogènes.

Une revue publiée dans Nature Metabolism en 2025 conclut ainsi que, malgré des données précliniques très encourageantes, les essais cliniques de supplémentation en précurseurs du NAD+ ont jusqu’à présent montré une efficacité limitée sur les paramètres cliniques étudiés [3].

Cela ne signifie pas que le NAD+ n’a aucun intérêt.

Cela signifie que nous devons distinguer trois niveaux de preuve :

mécanisme biologique → modification d’un biomarqueur → bénéfice clinique.

Et ces trois niveaux ne sont pas interchangeables.

Le NR améliore-t-il le métabolisme ?

Le nicotinamide riboside (NR) est l’un des précurseurs du NAD+ les plus étudiés chez l’être humain.

Plusieurs essais ont confirmé qu’il pouvait être administré par voie orale et modifier le métabolisme du NAD+ [4,8].

Mais les effets sur la santé métabolique sont beaucoup moins évidents.

Dans un essai randomisé, en double aveugle et contrôlé contre placebo, 40 hommes sédentaires âgés de 40 à 70 ans, présentant une obésité et une insulinorésistance, ont reçu soit du NR, soit un placebo pendant 12 semaines [13].

La dose utilisée était importante : 1 000 mg deux fois par jour, soit 2 g de NR quotidiennement.

Les chercheurs ont utilisé une technique de référence pour évaluer la sensibilité à l’insuline : le clamp euglycémique hyperinsulinémique.

Malgré cette supplémentation, le NR n’a pas amélioré significativement :

  • la sensibilité à l’insuline ;
  • la production endogène de glucose ;
  • l’utilisation du glucose ;
  • l’oxydation du glucose ;
  • la composition corporelle.

Les chercheurs n’ont donc pas retrouvé l’amélioration métabolique spectaculaire que les résultats précliniques pouvaient laisser espérer [13].

Cette étude illustre parfaitement un point essentiel :

un précurseur du NAD+ peut modifier le métabolisme du NAD+ sans nécessairement améliorer le métabolisme général de l’organisme.

Le NMN améliore-t-il la glycémie et la sensibilité à l’insuline ?

Les données concernant le NMN sont également contrastées.

Comme nous l’avons vu dans la première partie, un petit essai publié dans Science en 2021 chez 25 femmes ménopausées en surpoids ou obèses présentant un prédiabète avait observé une amélioration de la sensibilité musculaire à l’insuline après dix semaines de supplémentation à 250 mg de NMN par jour [9].

Ce résultat constitue un signal clinique intéressant.

Mais lorsque l’on regroupe les essais disponibles, l’effet devient beaucoup moins évident.

Une revue systématique et méta-analyse publiée en 2024 a analysé huit essais randomisés, regroupant 342 adultes d’âge moyen ou plus âgés. Les doses de NMN allaient de 250 à 2 000 mg par jour, pendant des périodes allant de 14 jours à 12 semaines [14].

Les chercheurs n’ont retrouvé aucun bénéfice statistiquement significatif du NMN sur :

  • la glycémie à jeun ;
  • l’insuline à jeun ;
  • l’HbA1c ;
  • le HOMA-IR, marqueur utilisé pour estimer l’insulinorésistance ;
  • le profil lipidique [14].

Une autre méta-analyse ayant inclus 12 études et 513 participants a confirmé que le NMN pouvait augmenter significativement le NAD sanguin, sans mettre en évidence des améliorations métaboliques comparables sur la plupart des critères étudiés [15].

Nous retrouvons donc exactement la même distinction :

NAD+ sanguin ↑ ≠ santé métabolique automatiquement améliorée.

Pourquoi certaines études sont-elles positives et d’autres négatives ?

Plusieurs explications sont possibles.

Les études sur le NAD+ ne portent pas toutes sur les mêmes populations.

Certaines incluent :

  • des adultes jeunes et en bonne santé ;
  • des personnes âgées ;
  • des personnes en surpoids ou obèses ;
  • des patients présentant une insulinorésistance ;
  • des personnes prédiabétiques ;
  • des personnes présentant un trouble cognitif léger.

Les doses, les durées et les critères d’évaluation varient également considérablement.

Mais une autre hypothèse est particulièrement importante :

l’effet d’un précurseur du NAD+ pourrait dépendre de l’état biologique initial de la personne.

Si un tissu ne présente pas de déficit fonctionnel lié au NAD+, augmenter davantage certains métabolites du NAD+ ne produira pas nécessairement de bénéfice.

À l’inverse, certaines populations présentant des perturbations spécifiques pourraient potentiellement répondre davantage.

Cette hypothèse reste à démontrer, mais elle pourrait contribuer à expliquer l’hétérogénéité des résultats cliniques [3,16].

Le NAD+ améliore-t-il les mitochondries ?

C’est l’une des promesses les plus fréquentes autour du NAD+.

Le raisonnement biologique paraît cohérent : le NAD+/NADH joue un rôle central dans le métabolisme mitochondrial ; plusieurs sirtuines sont présentes dans les mitochondries ; le vieillissement est associé à des altérations de la fonction mitochondriale.

Mais les essais humains ne montrent pas qu’augmenter le NAD+ améliore automatiquement la fonction mitochondriale.

Chez des hommes âgés recevant 1 g de NR par jour pendant 21 jours, Elhassan et ses collaborateurs ont observé des modifications importantes du métabolome du NAD+ dans le muscle [4].

Pourtant, ils n’ont pas retrouvé d’amélioration de la bioénergétique mitochondriale musculaire [4].

De même, chez des hommes obèses et insulinorésistants supplémentés pendant 12 semaines, le NR n’a pas significativement amélioré la respiration mitochondriale, la quantité de mitochondries ou la morphologie du réseau mitochondrial musculaire [5].

Ainsi, la phrase :

« le NAD+ soutient le métabolisme mitochondrial »

repose sur une réalité biochimique.

Mais la phrase :

« prendre un booster de NAD+ améliore les mitochondries humaines »

n’est pas démontrée de manière générale.

Le NMN ou le NR peuvent-ils préserver la masse musculaire avec l’âge ?

Le vieillissement est fréquemment associé à une diminution progressive de la masse, de la force et de la fonction musculaires.

Parce que le muscle possède des besoins énergétiques importants et que le métabolisme mitochondrial y joue un rôle central, les précurseurs du NAD+ ont naturellement été étudiés comme stratégie potentielle contre certaines altérations musculaires liées à l’âge.

Les résultats restent cependant peu convaincants.

Une revue systématique et méta-analyse publiée en 2025 a étudié les effets du NMN et du NR sur la masse et la fonction musculaires chez des adultes dont l’âge moyen allait d’environ 61 à 83 ans [16].

Les chercheurs n’ont pas retrouvé d’amélioration significative avec le NMN sur :

  • l’indice de masse musculaire squelettique ;
  • la force de préhension ;
  • la vitesse de marche ;
  • le test de lever de chaise.

La synthèse des autres résultats ne montrait pas non plus d’amélioration claire de la force d’extension du genou, de la masse musculaire de la cuisse ou de plusieurs scores de performance physique [16].

Les auteurs concluent que les données actuelles ne permettent pas de recommander le NMN ou le NR pour préserver la masse et la fonction musculaires chez les adultes de plus de 60 ans [16].

Cela n’exclut pas qu’un effet puisse être identifié dans certaines populations ou avec d’autres protocoles.

Mais à ce jour, l’idée selon laquelle les précurseurs du NAD+ permettraient de « rajeunir les muscles » n’est pas soutenue par les données cliniques disponibles.

Le NMN améliore-t-il la marche ou les performances physiques ?

Certaines études individuelles ont néanmoins rapporté des signaux intéressants.

Dans un essai randomisé, en double aveugle et contrôlé contre placebo publié en 2024, 60 personnes âgées ont reçu soit 250 mg de NMN par jour, soit un placebo pendant 12 semaines [17].

Le critère principal portait sur une mesure de fonction motrice.

Sur ce critère principal, aucune différence significative n’a été observée entre les groupes après quatre ou douze semaines [17].

En revanche, certains critères secondaires étaient favorables au NMN.

Après 12 semaines, le groupe NMN présentait notamment un temps de marche sur quatre mètres plus court ainsi qu’une augmentation du NAD+ sanguin et de certains de ses métabolites [17].

Des améliorations de certains paramètres liés au sommeil ont également été rapportées.

Mais plusieurs éléments imposent de rester prudent.

Il s’agissait d’une étude relativement petite, les différences favorables concernaient principalement des critères secondaires, et plusieurs auteurs étaient employés par l’entreprise impliquée dans le développement du produit étudié [17].

Ce type de résultat doit donc être considéré comme un signal à confirmer, et non comme la démonstration que le NMN améliore la mobilité des personnes âgées.

Le NAD+ peut-il améliorer le cerveau et la mémoire ?

Le cerveau est un organe particulièrement énergivore.

Le métabolisme du NAD+, la fonction mitochondriale, le stress oxydatif, la neuroinflammation et les mécanismes de réparation cellulaire ont donc naturellement suscité un intérêt important dans la recherche sur le vieillissement cérébral et les maladies neurodégénératives [12,18].

Les résultats précliniques sont nombreux.

Chez l’être humain, les preuves restent encore limitées.

Un essai randomisé contrôlé contre placebo a étudié le NR chez 20 adultes âgés présentant un trouble cognitif léger [18].

La supplémentation a augmenté de manière importante les concentrations sanguines de NAD+.

Mais les scores cognitifs, notamment évalués à l’aide du Montreal Cognitive Assessment — MoCA, n’ont pas été améliorés par rapport au placebo [18].

Autrement dit :

le NAD+ sanguin a augmenté ; la cognition mesurée n’a pas suivi.

Certaines modifications exploratoires de biomarqueurs et de paramètres d’imagerie ont été observées, mais elles ne permettent pas de conclure à un bénéfice cognitif [18].

À ce jour, il n’est donc pas démontré qu’une supplémentation en NR ou NMN améliore la mémoire ou ralentisse le vieillissement cognitif chez l’être humain.

Le NAD+ peut-il prévenir Alzheimer ?

Les mécanismes du NAD+ sont étudiés dans le contexte des maladies neurodégénératives, notamment en raison de leurs liens avec le métabolisme énergétique, la fonction mitochondriale, la réponse au stress cellulaire et certains mécanismes de réparation de l’ADN [12].

Mais il existe une différence majeure entre :

identifier un mécanisme potentiellement impliqué dans une maladie

et

démontrer qu’une intervention sur ce mécanisme prévient ou traite cette maladie.

À ce jour, les données cliniques ne permettent pas d’affirmer que le NAD+, le NR ou le NMN préviennent la maladie d’Alzheimer ou les autres démences.

Les études humaines doivent encore déterminer si modifier le métabolisme du NAD+ peut produire des bénéfices neurologiques cliniquement significatifs [3,19].

Le NAD+ peut-il améliorer le sommeil ?

Quelques essais ont rapporté des signaux sur le sommeil, notamment avec le NMN.

L’étude menée chez 60 personnes âgées en 2024 a retrouvé certaines améliorations sur des critères secondaires liés à la qualité du sommeil [17].

D’autres essais ont également exploré l’influence du moment de prise du NMN sur la fatigue et certains paramètres du sommeil.

Ces résultats sont intéressants mais encore trop limités pour considérer le NMN comme un traitement du sommeil.

Le sommeil est régulé par des mécanismes circadiens, neurologiques, hormonaux et comportementaux extrêmement complexes.

Le métabolisme du NAD+ entretient bien des relations avec l’horloge circadienne dans les modèles expérimentaux [1].

Mais cela ne permet pas de conclure que :

NMN → NAD+ → meilleur sommeil

constitue une relation clinique établie chez l’être humain.

Le NAD+ donne-t-il plus d’énergie ?

Le terme « énergie » peut désigner deux choses très différentes.

En biochimie, il renvoie notamment au métabolisme énergétique cellulaire et à la production d’ATP.

Dans la vie quotidienne, « avoir plus d’énergie » désigne plutôt une sensation subjective : moins de fatigue, davantage de vitalité, meilleure capacité à accomplir des activités physiques ou intellectuelles.

Ces deux notions ne sont pas équivalentes.

Le NAD+ est incontestablement impliqué dans le métabolisme énergétique cellulaire.

Mais cela ne signifie pas qu’augmenter son NAD+ provoque automatiquement une sensation de regain d’énergie.

À ce jour, les essais cliniques ne démontrent pas de manière suffisamment cohérente qu’une supplémentation en NR ou NMN augmente la vitalité ou réduit la fatigue dans la population générale [3,19].

Peut-on parler d’un effet anti-âge du NAD+ ?

Le terme anti-âge est problématique lorsqu’il est utilisé comme une conclusion scientifique.

Chez l’animal, plusieurs interventions modifiant le métabolisme du NAD+ ont influencé des paramètres associés au vieillissement et, dans certains modèles, la santé au cours de la vie [1,12].

Chez l’être humain, aucun essai clinique n’a démontré que le NR, le NMN ou le NAD+ :

  • ralentissent globalement la vitesse du vieillissement biologique ;
  • prolongent l’espérance de vie ;
  • prolongent de manière démontrée l’espérance de vie en bonne santé ;
  • « rajeunissent » l’organisme.

Des études explorent différents biomarqueurs du vieillissement, mais un changement de biomarqueur ne peut pas être automatiquement interprété comme un ralentissement du vieillissement de l’organisme entier.

La formulation scientifiquement correcte est donc :

le métabolisme du NAD+ est impliqué dans plusieurs mécanismes associés au vieillissement et constitue une cible importante de la recherche sur la longévité.

Ce n’est pas la même chose que :

le NAD+ ralentit le vieillissement humain.

Quel dosage de NMN a été étudié chez l’être humain ?

Les essais cliniques ont utilisé des doses très variables.

Dans les essais inclus dans une méta-analyse récente consacrée au métabolisme du glucose et des lipides, les doses orales de NMN allaient de 250 mg à 2 000 mg par jour, sur des durées de 14 jours à 12 semaines [14].

Plusieurs études ont utilisé 250 mg par jour, notamment l’essai publié dans Science sur la sensibilité musculaire à l’insuline [9] et l’étude de 2024 chez des personnes âgées [17].

Cela ne signifie pas que 250 mg constitue une « dose anti-âge optimale ».

À ce jour, il n’existe pas de dose universelle de NMN dont il aurait été démontré qu’elle ralentit le vieillissement ou améliore la santé chez toutes les populations.

Quel dosage de NR a été étudié ?

Les doses de NR étudiées chez l’être humain varient également.

Certaines études ont utilisé quelques centaines de milligrammes par jour, d’autres 1 g par jour, et l’essai mené chez des hommes obèses et insulinorésistants a utilisé 2 g par jour pendant 12 semaines [13].

Là encore, une dose plus élevée ne signifie pas nécessairement une efficacité supérieure.

L’essai à 2 g par jour n’a justement pas retrouvé d’amélioration significative de la sensibilité à l’insuline ou de plusieurs autres paramètres métaboliques [13].

La recherche doit encore déterminer :

quelle molécule, quelle dose, quelle durée, quelle population et quel objectif biologique.

Faut-il prendre du NMN ou du NR à jeun ?

Les données disponibles ne permettent pas d’établir une règle universelle imposant la prise à jeun pour maximiser un bénéfice clinique.

Les études utilisent des protocoles différents et la pharmacocinétique de ces molécules ainsi que de leurs métabolites est complexe.

Il faut également distinguer :

maximiser une concentration sanguine

et

maximiser un bénéfice clinique.

Même si une condition de prise modifiait la pharmacocinétique d’un précurseur, cela ne démontrerait pas automatiquement qu’elle améliore davantage la santé ou le vieillissement.

À quel moment de la journée faut-il prendre le NMN ou le NR ?

La relation entre métabolisme du NAD+ et rythmes circadiens est biologiquement intéressante.

Le NAD+ et certaines enzymes NAD+-dépendantes participent à des boucles moléculaires liées à l’horloge circadienne [1].

Mais les données cliniques ne permettent pas encore de définir une heure universellement optimale pour la supplémentation chez l’être humain.

Les recommandations très précises que l’on rencontre parfois — par exemple « NMN impérativement le matin » — vont donc au-delà de ce que les données permettent actuellement d’affirmer.

Les compléments de NMN et NR sont-ils sûrs ?

Les essais cliniques disponibles suggèrent globalement une bonne tolérance à court terme du NR et du NMN aux doses étudiées [8,13–15].

Mais il faut replacer cette conclusion dans son contexte.

La plupart des essais ont duré quelques semaines ou quelques mois.

Les effectifs sont souvent relativement faibles.

Nous disposons donc de beaucoup moins d’informations sur :

  • une consommation pendant plusieurs années ;
  • les effets de doses élevées au long cours ;
  • certaines populations présentant des maladies chroniques ;
  • les interactions avec certains traitements ;
  • les conséquences potentielles d’une augmentation chronique du métabolisme du NAD+.

Une grande revue publiée dans Nature Aging en 2025 souligne précisément la nécessité de disposer d’essais de plus grande ampleur afin de déterminer les doses optimales, les voies et fréquences d’administration, la variabilité interindividuelle et la sécurité à long terme [19].

« Bien toléré pendant 8 ou 12 semaines » ne signifie donc pas « démontré sans risque pendant plusieurs années ».

Existe-t-il un risque à avoir « trop » de NAD+ ?

La question est plus complexe qu’elle n’en a l’air.

Le NAD+ est indispensable à la vie cellulaire.

Mais en biologie, une molécule essentielle n’est pas nécessairement meilleure lorsqu’elle est présente en quantité toujours plus importante.

Le métabolisme du NAD+ est finement régulé et connecté à de nombreuses voies cellulaires.

Nous ne savons pas encore quelles pourraient être les conséquences d’une augmentation chronique et importante de certains pools de NAD+ pendant des années chez des personnes ne présentant pas de déficit identifié.

C’est précisément pour cette raison que les études de sécurité à long terme sont importantes [19].

Le NAD+ pourrait-il aussi bénéficier aux cellules cancéreuses ?

Cette question apparaît régulièrement dans la littérature scientifique et mérite d’être traitée avec nuance.

Les cellules cancéreuses ont elles aussi besoin d’énergie et de systèmes de réparation et de survie cellulaire.

Le métabolisme du NAD+ est impliqué dans la biologie de nombreuses cellules, y compris tumorales.

Cela ne signifie pas que les compléments de NR ou de NMN « donnent le cancer ».

Les données humaines disponibles ne démontrent pas une telle relation.

Mais cela signifie qu’il serait scientifiquement imprudent de considérer l’augmentation chronique du NAD+ comme nécessairement bénéfique dans toutes les situations biologiques.

La sécurité de stratégies augmentant durablement le NAD+ doit donc continuer à être étudiée, notamment dans différentes populations et différents contextes pathologiques [12,19].

Peut-on prendre directement du NAD+ par voie orale ?

Le NAD+ lui-même existe sous forme de compléments alimentaires, mais la majorité de la recherche clinique sur l’augmentation orale du métabolisme du NAD+ s’est concentrée sur ses précurseurs, notamment NR et NMN.

La biodisponibilité orale et le devenir métabolique du NAD+ intact sont différents de ceux de ses précurseurs et restent moins bien caractérisés dans les essais cliniques destinés au vieillissement.

Il serait donc incorrect d’extrapoler automatiquement les résultats obtenus avec le NR ou le NMN à un complément contenant directement du NAD+.

Et les perfusions de NAD+ ?

Les perfusions intraveineuses de NAD+ sont devenues populaires dans certaines cliniques de longévité et de wellness.

Elles sont proposées pour des objectifs extrêmement variés :

énergie, récupération, concentration, « détox », dépendances, performance ou anti-âge.

Le niveau de preuve clinique est cependant très faible.

Une étude pilote publiée en 2019 a étudié le devenir du NAD+ au cours d’une perfusion intraveineuse de 750 mg administrés sur six heures [20].

L’étude comportait huit participants recevant le NAD+ et trois participants contrôles.

Les chercheurs ont observé le métabolome plasmatique et urinaire du NAD+ pendant et après la perfusion.

Cette étude apporte des informations intéressantes sur le devenir métabolique du NAD+ administré par voie intraveineuse.

Mais elle ne démontre absolument pas que les perfusions de NAD+ :

  • ralentissent le vieillissement ;
  • augmentent durablement l’énergie ;
  • améliorent la cognition ;
  • « détoxifient » l’organisme ;
  • prolongent la vie.

Une revue récente de la littérature clinique conclut que les données humaines sur le NAD+ IV restent préliminaires et insuffisantes pour établir son efficacité, la durabilité d’un éventuel bénéfice, la dose optimale ou sa sécurité à long terme [21].

Perfusions de NAD+ : avancée scientifique ou tendance wellness ?

À ce stade, les perfusions de NAD+ sont beaucoup plus avancées commercialement que scientifiquement.

Le rationnel biologique existe : le NAD+ est une molécule fondamentale et son métabolisme constitue une cible de recherche importante.

Mais un rationnel biologique n’est pas une preuve thérapeutique.

Les études humaines sur le NAD+ intraveineux sont encore peu nombreuses, généralement petites et souvent dépourvues des caractéristiques nécessaires pour établir un bénéfice clinique solide [20,21].

Des effets indésirables transitoires tels que nausées, crampes, bouffées vasomotrices ou inconfort thoracique ont également été rapportés dans la littérature récente sur les perfusions [21].

À l’heure actuelle, présenter une perfusion de NAD+ comme une thérapie anti-âge scientifiquement démontrée irait donc bien au-delà des données disponibles.

Pourquoi les résultats chez la souris sont-ils tellement plus spectaculaires ?

C’est une question fondamentale dans toute la recherche sur la longévité.

Les modèles animaux permettent d’étudier des mécanismes biologiques de manière impossible chez l’être humain.

Les chercheurs peuvent notamment :

  • modifier génétiquement certaines enzymes ;
  • provoquer des déficits précis ;
  • analyser directement différents organes ;
  • mesurer des paramètres moléculaires dans de nombreux tissus ;
  • contrôler étroitement l’alimentation et l’environnement ;
  • suivre toute la durée de vie de l’animal.

Chez l’être humain, la situation est radicalement différente.

Nous vivons plusieurs décennies.

Nos environnements, nos génomes, notre alimentation, nos maladies et nos traitements varient énormément.

Et il n’est évidemment pas possible de prélever régulièrement le cerveau, le foie ou le muscle de milliers de personnes en bonne santé pour mesurer directement tous leurs pools intracellulaires de NAD+.

Une intervention qui améliore la santé métabolique ou la longévité d’une souris n’est donc jamais une preuve qu’elle ralentira le vieillissement humain.

Pourquoi le NAD+ reste-t-il malgré tout une piste majeure de recherche ?

Parce que le rationnel biologique reste extrêmement solide.

Le NAD+ se situe à l’intersection de plusieurs systèmes fondamentaux :

métabolisme énergétique

fonction mitochondriale

réactions d’oxydoréduction

signalisation cellulaire

sirtuines

PARP

réponse aux dommages de l’ADN

CD38

inflammation

homéostasie cellulaire

Il existe également des preuves humaines montrant qu’il est possible de modifier pharmacologiquement ou nutritionnellement certains aspects du métabolisme du NAD+ [3,8,14,15].

La question scientifique n’est donc pas de savoir si le NAD+ est important.

Il l’est.

La question est de savoir si son augmentation artificielle peut produire des bénéfices cliniques suffisamment importants, reproductibles et durables pour devenir une véritable stratégie de prévention ou de traitement.

Et cette question reste ouverte.

NAD+, NMN et NR : ce que nous savons aujourd’hui

Après plusieurs décennies de recherche, il est possible de distinguer différents niveaux de certitude.

Ce que nous savons relativement bien :

  • le NAD+ est indispensable au métabolisme cellulaire et aux réactions d’oxydoréduction [1–3] ;
  • le couple NAD+/NADH joue un rôle central dans le métabolisme énergétique ;
  • le NAD+ est utilisé par plusieurs familles d’enzymes, notamment les sirtuines, PARP et CD38 [1,2] ;
  • le NR et le NMN sont des précurseurs du NAD+ ;
  • une supplémentation orale en NR ou NMN peut augmenter certains marqueurs du métabolisme du NAD+ chez l’être humain [8,14,15] ;
  • les doses étudiées semblent globalement bien tolérées à court terme [8,13–15].

Ce que nous savons avec moins de certitude :

  • dans quelle mesure le NAD+ diminue avec l’âge dans chaque tissu humain [3] ;
  • quelles personnes présentent réellement un métabolisme du NAD+ susceptible de bénéficier d’une intervention ;
  • quelle dose est optimale ;
  • quel précurseur est préférable selon le tissu ou l’objectif ;
  • si l’augmentation du NAD+ produit des bénéfices cliniquement importants chez certaines populations ;
  • quelles sont les conséquences d’une supplémentation pendant plusieurs années.

Ce que les données actuelles ne permettent pas d’affirmer :

  • que le NMN ou le NR ralentissent le vieillissement humain ;
  • qu’ils augmentent l’espérance de vie ;
  • qu’ils « rajeunissent » les mitochondries ;
  • qu’ils améliorent systématiquement l’énergie ;
  • qu’ils préviennent Alzheimer ;
  • qu’ils préservent systématiquement la masse musculaire ;
  • qu’une perfusion de NAD+ constitue une thérapie anti-âge démontrée.

La nouvelle frontière : augmenter le NAD+ ou restaurer un métabolisme du NAD+ perturbé ?

C’est probablement l’une des questions les plus intéressantes pour l’avenir.

La première génération de stratégies autour du NAD+ reposait essentiellement sur une logique simple :

le NAD+ diminue avec l’âge → il faut augmenter le NAD+.

Mais la recherche humaine conduit progressivement vers une approche beaucoup plus précise.

Le NAD+ n’est pas un réservoir unique.

Son métabolisme varie selon les tissus, les compartiments cellulaires, l’âge, l’état métabolique et probablement de nombreux autres facteurs [3].

La question pourrait donc devenir :

qui présente réellement une altération du métabolisme du NAD+, dans quel tissu, par quel mécanisme, et quelle intervention permet de la corriger ?

Une personne pourrait théoriquement présenter une consommation excessive de NAD+ liée à certaines enzymes.

Une autre pourrait présenter une altération d’une voie de biosynthèse.

Une troisième pourrait ne présenter aucune perturbation significative du NAD+.

Donner le même « booster de NAD+ » à ces trois personnes ne produirait pas nécessairement le même résultat.

Cette évolution correspond à une conception beaucoup plus moderne de la nutrition et de la médecine préventive :

ne pas simplement ajouter une molécule, mais comprendre le mécanisme cellulaire que l’on cherche à soutenir.

C’est précisément l’un des principes de la Cellular Nutrition®.

Conclusion

Le NAD+ occupe une place fascinante dans la biologie humaine.

Il participe au métabolisme énergétique, au fonctionnement mitochondrial, aux réactions d’oxydoréduction et à l’activité d’enzymes impliquées dans la signalisation cellulaire, la réponse au stress et certains mécanismes de réparation de l’ADN [1–3].

Son métabolisme se modifie au cours du vieillissement dans de nombreux modèles expérimentaux, et des diminutions ont été observées dans certains tissus et certaines populations humaines.

Mais l’idée selon laquelle le NAD+ diminuerait de manière universelle et massive chez tous les êtres humains avec l’âge est beaucoup moins solidement démontrée qu’on ne le lit souvent [3].

Nous savons également que des précurseurs comme le NR et le NMN peuvent augmenter certains marqueurs du métabolisme du NAD+ chez l’être humain [8,14,15].

C’est une donnée importante.

Mais elle ne répond pas à la question essentielle.

Augmenter le NAD+ améliore-t-il la santé ?

Pour l’instant, la réponse dépend du critère étudié.

Certains petits essais ont observé des signaux intéressants, notamment sur la sensibilité musculaire à l’insuline dans une population spécifique [9], ou sur certains paramètres secondaires de fonction physique et de sommeil [17].

Mais plusieurs essais contrôlés n’ont pas retrouvé d’amélioration de la sensibilité à l’insuline, de la fonction mitochondriale ou d’autres paramètres métaboliques [4,5,13].

Les méta-analyses récentes montrent également que le NMN augmente bien le NAD sanguin, mais ne produit pas d’amélioration significative et reproductible de nombreux marqueurs métaboliques [14,15].

Et concernant la longévité elle-même, aucune étude n’a démontré que le NR, le NMN ou les perfusions de NAD+ prolongent la vie humaine.

Le NAD+ ne doit donc être considéré ni comme une mode sans fondement scientifique, ni comme une molécule miracle capable de « recharger » le vieillissement.

La réalité est beaucoup plus intéressante.

Le NAD+ est une molécule fondamentale de la biologie cellulaire dont nous apprenons aujourd’hui à modifier le métabolisme chez l’être humain. Reste à déterminer quand, chez qui et dans quels tissus cette modification peut réellement devenir bénéfique.

C’est probablement là que se situe aujourd’hui la véritable frontière de la recherche sur le NAD+ et la longévité.

FAQ — NAD+, NMN, NR et longévité

Qu’est-ce que le NAD+ ?

Le NAD+, ou nicotinamide adénine dinucléotide, est un coenzyme indispensable à de nombreuses réactions cellulaires. Il intervient notamment dans le métabolisme énergétique et sert également de substrat à plusieurs enzymes telles que les sirtuines, les PARP et CD38 [1–3].

Quelle est la différence entre NAD+ et NADH ?

NAD+ est la forme oxydée du nicotinamide adénine dinucléotide et NADH sa forme réduite. Le passage réversible de l’une à l’autre permet notamment le transfert d’électrons au cours du métabolisme énergétique.

Quelle est la différence entre NAD+, NMN et NR ?

Le NAD+ est la molécule utilisée directement dans de nombreuses réactions cellulaires. Le NMN et le NR sont des précurseurs pouvant être utilisés par l’organisme pour synthétiser du NAD+.

Le NAD+ diminue-t-il avec l’âge ?

Des diminutions ont été observées dans plusieurs modèles animaux et certains tissus humains. Cependant, les données humaines restent limitées et ne démontrent pas une diminution universelle du NAD+ dans tous les tissus et chez toutes les personnes avec l’âge [3].

Peut-on augmenter naturellement son NAD+ ?

L’organisme fabrique et recycle constamment le NAD+ à partir de plusieurs précurseurs, notamment des composés liés à la vitamine B3 et au tryptophane. L’état nutritionnel, le métabolisme et différents processus cellulaires participent donc au maintien du pool de NAD+.

Le NMN augmente-t-il le NAD+ ?

Plusieurs essais humains montrent qu’une supplémentation en NMN peut augmenter le NAD+ sanguin ou certains métabolites associés [14,15]. Cela ne signifie cependant pas automatiquement qu’elle ralentit le vieillissement ou améliore la santé.

Le NR augmente-t-il le NAD+ ?

Oui. Plusieurs essais humains ont montré que le nicotinamide riboside peut modifier le métabolisme du NAD+ et augmenter certains de ses métabolites [4,8].

NMN ou NR : lequel est le meilleur ?

Les données actuelles ne permettent pas d’établir une supériorité clinique générale du NMN sur le NR ou inversement. Les doses, populations, durées et critères étudiés diffèrent trop entre les essais pour conclure.

Le NMN ralentit-il le vieillissement ?

Cela n’a pas été démontré chez l’être humain. Les études montrent que le NMN peut augmenter certains marqueurs du NAD+ et quelques essais ont rapporté des effets sur certains paramètres spécifiques, mais aucune preuve ne démontre qu’il ralentit globalement le vieillissement humain [3,14,15].

Le NAD+ augmente-t-il l’énergie ?

Le NAD+ joue un rôle fondamental dans le métabolisme énergétique cellulaire. Cependant, augmenter le NAD+ par supplémentation ne signifie pas automatiquement ressentir davantage d’énergie, et les données cliniques ne démontrent pas un effet systématique sur la vitalité.

Le NAD+ améliore-t-il les mitochondries ?

Le NAD+/NADH est indispensable au métabolisme mitochondrial. Mais plusieurs essais humains ayant augmenté le métabolisme du NAD+ n’ont pas observé d’amélioration correspondante de la fonction mitochondriale musculaire [4,5].

Le NAD+ répare-t-il l’ADN ?

Le NAD+ sert de substrat à certaines enzymes, notamment les PARP, impliquées dans les réponses aux dommages de l’ADN. Il est donc impliqué dans certains mécanismes de réparation, mais dire que « le NAD+ répare l’ADN » constitue une simplification excessive.

Le NMN aide-t-il à perdre du poids ?

Les données cliniques actuelles ne démontrent pas que le NMN constitue un traitement efficace pour la perte de poids. Les essais et méta-analyses n’ont pas mis en évidence de bénéfice métabolique suffisamment cohérent pour soutenir cette utilisation [14,15].

Le NAD+ améliore-t-il la mémoire ?

Ce n’est pas démontré. Dans un petit essai chez des personnes âgées présentant un trouble cognitif léger, le NR a augmenté le NAD+ sanguin sans améliorer les performances cognitives mesurées [18].

Les perfusions de NAD+ fonctionnent-elles ?

Les données humaines sont actuellement trop limitées pour démontrer que les perfusions de NAD+ améliorent la longévité, l’énergie, la cognition ou le vieillissement. Les études disponibles sont petites et principalement exploratoires [20,21].

Le NMN et le NR sont-ils sûrs ?

Ils semblent globalement bien tolérés à court terme aux doses utilisées dans les essais cliniques. En revanche, les données concernant une supplémentation chronique pendant plusieurs années restent insuffisantes [19].

Peut-on prendre du NAD+ tous les jours ?

Les données actuelles ne permettent pas d’établir qu’une augmentation chronique du NAD+ est nécessaire ou bénéfique pour toutes les personnes. La sécurité à long terme et les populations susceptibles d’en bénéficier restent des sujets de recherche [19].

Le NAD+ peut-il prolonger la vie ?

Cela n’a pas été démontré chez l’être humain. Certaines interventions sur le métabolisme du NAD+ ont produit des effets intéressants dans des modèles animaux, mais aucune étude clinique ne démontre actuellement une augmentation de l’espérance de vie humaine.

À propos du Dr. ESPINASSE

Docteur en pharmacie et experte en Médecine Prédictive & Préventive, le Dr. ESPINASSE développe depuis plus de vingt ans une approche intégrative de la nutrition, du métabolisme, du microbiote, du vieillissement et de la longévité.

Son expérience clinique auprès de plus de 20 000 patients, nourrie par plus de 15 000 bilans, l’a conduite à développer le concept de Cellular Nutrition® : une approche qui considère les nutriments et les bioactifs à travers les mécanismes physiologiques et cellulaires qu’ils sont destinés à soutenir.

À travers METHODE ESPINASSE, le Dr. ESPINASSE transpose plus de deux décennies d’expérience clinique dans des protocoles nutritionnels ciblés autour de la santé, de la beauté, de la longévité et du healthy aging from within.

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